
De Madimba à Muanda, en passant par Mbanza-Ngungu, Matadi et Boma, le Garde des Sceaux et Ministre d’État en charge de la Justice, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, refuse la politique de salon pour mener une croisade sans concession sur le terrain. Confronté à l’urgence d’une justice asphyxiée par des infrastructures délabrées, la précarité des agents et l’opprobre de la spoliation des mangroves protégées de Muanda, le patron de la Justice impose sa méthode : un état des lieux sans complaisance, une intolérance zéro face aux dérives et une volonté fer de fer pour restaurer l’autorité de la Loi, assainir les prisons et rapprocher enfin une justice ferme, juste et intransigeante des citoyens.
La Justice congolaise ne peut plus fonctionner à distance. C’est le message que semble porter le Ministre d’État, Ministre de la Justice et Garde des sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, à travers sa tournée d’inspection dans le Kongo Central. De Madimba à Muanda, en passant par Mbanza-Ngungu, Matadi et Boma, le Ministre est allé lui-même constater l’état réel de l’appareil judiciaire et des conditions de détention.
Une démarche qui traduit une volonté manifeste : voir, constater, identifier et agir. Loin des rapports administratifs souvent éloignés des réalités quotidiennes, le Garde des sceaux entend confronter la Justice à ses propres insuffisances.
Du bureau au terrain : le changement de méthode
À Madimba comme dans les autres étapes de son périple, Guillaume Ngefa a choisi de se rendre au contact des services placés sous son autorité. Cette démarche n’a rien d’une simple tournée protocolaire. Elle vise à mesurer directement les difficultés auxquelles sont confrontés magistrats, greffiers, agents judiciaires, détenus et justiciables.
Le constat est loin d’être reluisant : infrastructures insuffisantes, conditions de travail difficiles, locaux inadaptés et problèmes liés à la détention. Autant de failles qui fragilisent l’efficacité de l’appareil judiciaire et éloignent la Justice de sa mission première : dire le droit et protéger les citoyens.

À Muanda, la réalité est particulièrement révélatrice. Le Parquet près le Tribunal de paix ne dispose pas de bâtiment propre. Les infrastructures de détention restent insuffisantes et aucun dispositif adapté à la prise en charge des mineurs n’est disponible.
Derrière ces déficiences matérielles se cachent des conséquences concrètes : difficultés d’accueil des justiciables, conservation des dossiers, suivi des procédures et prise en charge des personnes privées de liberté.
Pour le Garde des sceaux, ces situations ne peuvent manifestement plus être considérées comme une fatalité. Une Justice qui manque de moyens, d’espace et d’organisation est une Justice qui peine à rendre pleinement justice.
La tournée ministérielle met également en lumière l’urgence de la question carcérale. Les conditions de détention constituent l’un des thermomètres de l’état de droit.
En allant constater lui-même les réalités locales, Guillaume Ngefa envoie un signal : les prisons et autres lieux de détention ne doivent pas être les angles morts de la politique judiciaire.
L’efficacité de la Justice ne se mesure pas uniquement au nombre de dossiers traités ou de décisions rendues. Elle se mesure également à la manière dont l’État traite ceux qui sont placés sous sa responsabilité.
Justice et protection de l’environnement : même combat
À Muanda, l’inspection ministérielle s’est également étendue aux mangroves, où un litige foncier oppose différents intérêts autour de terrains attribués à des particuliers.
La présence du Garde des sceaux sur ce site est révélatrice de sa conception du rôle du ministère : le droit doit être appliqué partout où l’intérêt public est en jeu.
Une décision judiciaire ayant suspendu les travaux de remblayage et de construction sur une partie du site, Guillaume Ngefa s’est rendu sur place pour examiner la situation, le statut des terrains et les conditions dans lesquelles les travaux avaient été entrepris.
Ici encore, le principe est simple : une décision de justice doit être respectée et les espaces protégés doivent bénéficier de la protection que leur confère la loi.
Restaurer l’autorité de la Justice

De Madimba à Muanda, le message qui se dégage de cette tournée est celui d’une reprise en main. Guillaume Ngefa veut manifestement sortir la Justice de l’immobilisme et replacer l’autorité judiciaire au cœur de l’action de l’État. Il ne s’agit plus seulement de constater les dysfonctionnements. Il faut désormais corriger, réorganiser et responsabiliser.
Cette descente sur le terrain pourrait ainsi constituer le prélude à une action plus profonde sur l’ensemble de l’appareil judiciaire : améliorer les conditions de travail, renforcer le suivi des procédures, garantir le respect des décisions de justice et améliorer les conditions de détention.
Le Garde des sceaux a choisi de commencer par regarder la réalité en face. Reste maintenant à transformer les constats de terrain en décisions concrètes. Car remettre de l’ordre dans la Justice ne sera pas une affaire de discours : ce sera une épreuve d’autorité, de réforme et de résultats.
Econews


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