Dialogue et changement de Constitution : l’UDPS engage la bataille de la rue

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À travers une mobilisation nationale organisée, ce mardi 22 septembre, le parti présidentiel – l’UDPS – entend afficher son soutien au Chef de l’État, au Dialogue national et au processus référendaire. Une démonstration de force qui installe davantage le débat constitutionnel au cœur du rapport de forces politiques. Désormais, c’est dans la rue que le parti présidentiel entend imposer sa ligne politique.

Après des décennies de combat politique, l’UDPS/Tshisekedi renoue avec l’un de ses modes d’expression historiques : la mobilisation populaire dans la rue. Ce mardi 22 septembre 2026, le parti présidentiel a appelé ses structures à travers le pays à descendre dans la rue pour soutenir les institutions de la République, le Dialogue national annoncé par Félix-Antoine Tshisekedi et le processus de réforme constitutionnelle.

À Kinshasa comme dans plusieurs villes du pays, notamment à Lubumbashi, des manifestations ont été annoncées à l’initiative des fédérations de l’UDPS.

À Kinshasa, l’itinéraire retenu devait conduire les manifestants de la 11ème Rue, à Limete, jusqu’au terrain annexe du Stade des Martyrs, en passant notamment par Sendwe et Kasa-Vubu. Les autorités provinciales ont appelé au respect de cet itinéraire et au caractère pacifique de la marche.

Kabuya hausse le ton

À la manœuvre, Augustin Kabuya, secrétaire général et président intérimaire de l’UDPS, assume ouvertement cette offensive de terrain. Le dirigeant du parti présidentiel avait appelé les militants des 145 territoires ainsi que les alliés politiques, les organisations de la société civile, les confessions religieuses et les mouvements associatifs à participer à la mobilisation.

Son discours ne laisse guère de place à l’ambiguïté. Pour Augustin Kabuya, le temps n’est plus seulement au débat dans les salons politiques : il faut désormais démontrer dans la rue l’existence d’un soutien populaire au processus engagé par le pouvoir.

«Le moment est venu de changer cette Constitution. Référez-vous à l’article 5 de la Constitution, car tout ce que vous faites, c’est au nom de la population. Cette population ici veut voir le changement de la Constitution », a-t-il notamment déclaré, selon les propos rapportés sur la toile.

L’article 5 dispose effectivement que la souveraineté nationale appartient au peuple et que celui-ci l’exerce directement par voie de référendum ou d’élections, ou indirectement par ses représentants.

Du dialogue au référendum, le même front politique

Derrière la mobilisation du 22 septembre se dessine ainsi un double agenda politique : soutenir le Dialogue national voulu par le Chef de l’État et populariser parallèlement l’idée d’une évolution de la Constitution.

L’UDPS présente ces deux démarches comme complémentaires. La marche doit notamment apporter son soutien à la loi référendaire et au dialogue politique initié par Félix Tshisekedi.

Le parti présidentiel cherche par ailleurs à élargir le débat au-delà de ses propres militants. La veille de la marche, Augustin Kabuya a multiplié les consultations auprès de différentes composantes sociales, notamment des responsables religieux. Cette démarche illustre la volonté de l’UDPS de donner à sa mobilisation une dimension qui dépasse le seul cadre partisan.

Une réponse directe au camp opposé au changement

Cette démonstration de force intervient dans un contexte de polarisation croissante autour de la Constitution. Quelques jours auparavant, la coalition C64 avait organisé une manifestation contre le changement de la Constitution et pour la défense de l’ordre constitutionnel. L’UDPS avait alors qualifié cette mobilisation d’échec et décidé de lui opposer sa propre démonstration populaire.

Le face-à-face ne se joue donc plus uniquement dans les institutions ou dans les déclarations politiques. Il se déplace progressivement vers l’espace public, où chaque camp entend mesurer sa capacité de mobilisation.

C’est là tout l’enjeu de la journée du 22 septembre : au-delà du nombre de participants, la mobilisation de l’UDPS constitue un signal politique adressé à l’opinion nationale, à la classe politique et aux partenaires extérieurs.

La rue comme nouvelle arène

Pour l’UDPS, parti longtemps façonné par les luttes de rue avant son accession au pouvoir, le retour à la mobilisation populaire revêt une dimension particulière. Le parti présidentiel entend démontrer qu’il dispose toujours d’une capacité d’organisation et de mobilisation nationale autour de la ligne défendue par le pouvoir. Mais cette stratégie ouvre également une nouvelle séquence politique. Le débat sur la Constitution, déjà fortement polarisé, risque désormais de se jouer autant dans les institutions que dans la rue.

Entre ceux qui défendent le maintien de l’ordre constitutionnel actuel et ceux qui plaident pour sa transformation, le rapport de forces se construit progressivement sous les yeux d’une population appelée à devenir, en dernier ressort, l’arbitre du processus référendaire.

Toujours est-il qu’avec sa mobilisation du 22 septembre, l’UDPS ne se contente plus de défendre le changement constitutionnel dans les discours. Elle entend en faire une cause de terrain.

La bataille de la rue est bel et bien engagée.

Hugo Tamusa

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