
À deux ans des échéances électorales de 2028, la classe politique semble se démarquer progressivement de ce grand rendez-vous électoral. Tous les regards sont dorénavant braqués sur le projet d’une nouvelle loi fondamentale, reléguant le débat démocratique au second plan. Tout compte fait, le scrutin à venir paraît renvoyé aux calendes grecques, tant le changement de la Constitution s’impose désormais comme la priorité absolue du régime.
Comment ne pas en être convaincu lorsque le Chef de l’État, Félix Tshisekedi, répète qu’il « n’aime pas » la Constitution du 18 février 2006 ?
En affichant publiquement son désamour pour ce texte fondateur, le Président trace une ligne de fracture et jette une ombre d’incertitude sur les mois à venir. Pour la majorité au pouvoir, l’équation est devenue claire : la survie politique ne passe plus par la préparation des urnes, mais par la refonte totale des règles du jeu.
La récente adoption par les deux chambres du Parlement de la loi sur le référendum constitue la pièce maîtresse de cet engrenage. En balisant la voie à la naissance d’une IVI” République, le pouvoir s’apprête à tourner définitivement la page de l’Accord global et inclusif de Sun City, véritable soubassement du pacte républicain de 2006.
En substituant l’urgence constitutionnelle au calendrier électoral, le pays s’enfonce dans une période de turbulences où la quête d’un nouvel ordre institutionnel l’emporte sur l’échéance démocratique.
Ce basculement prioritaire pose pourtant une question fondamentale : à quel prix cette refonte institutionnelle se fera-t-elle ?
En braquant le projecteur sur la réécriture des textes plutôt que sur les engagements socio-économiques et le respect des échéances de 2028, le pouvoir prend le risque de paralyser l’action publique et d’exacerber les tensions sociales.
Tout compte fait, ce choix stratégique ouvre une séquence d’une extrême fragilité. En faisant du changement constitutionnel un préalable incontournable, le régime fait le pari risqué de redéfinir le contrat national sans assurance de parvenir à un consensus.
A deux ans de l’échéance électorale de 2028, la nation avance ainsi en terrain miné, suspendue à une refondation institutionnelle dont l’aboutissement réel et les conséquences électorales demeurent, plus que jamais, plongés dans le flou.
Econews


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