
Entre modernité assumée, infrastructures de qualité, traditions préservées et hospitalité légendaire, dix (10) jours passés sur le sol marocain auront suffi pour découvrir un pays qui avance avec assurance, sans renier son identité africaine. De Casablanca à Rabat, jusqu’à Kénitra, ce voyage aura été une véritable leçon de développement et une invitation à regarder autrement les potentialités du continent.
Il est des voyages qui ne se limitent pas à la découverte de nouveaux horizons, mais qui changent durablement le regard que l’on porte sur son propre continent. Mes dix jours d’immersion au Maroc appartiennent incontestablement à cette catégorie. De Casablanca à Rabat, en passant par Kénitra, j’ai découvert une autre Afrique : une Afrique qui construit, qui innove, qui s’organise et qui rayonne, tout en restant profondément attachée à ses traditions et à son identité.
Au Royaume de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, le développement n’est pas qu’un discours. Il se donne à voir dans les infrastructures, les transports, l’organisation des villes, la qualité des services et, surtout, dans cette capacité à conjuguer modernité et héritage culturel. Un pays à majorité musulmane, profondément ancré dans ses convictions, mais résolument tourné vers l’avenir.
De Kinshasa à Casablanca : un voyage qui se mérite
Tout commence à l’aéroport international Mohammed V de Casablanca, où mon vol de Royal Air Maroc (RAM), opéré sous le pavillon de Qatar Airways et en provenance de Doha, atterrit dans la matinée du samedi 24 octobre.
Rejoindre le Maroc depuis Kinshasa n’aura pourtant pas été une mince affaire. En l’absence de desserte directe de la capitale congolaise par Royal Air Maroc, il m’a fallu emprunter un itinéraire détourné, via Doha, au Qatar. Près de quinze heures de voyage, escale comprise, avant de fouler enfin le sol marocain.
Mais les premières impressions effacent rapidement la fatigue du déplacement.
À l’arrivée, les ressortissants congolais de la RDC présents sur le même vol sont soumis au protocole sanitaire mis en place dans le contexte de l’épidémie de maladie à virus Ebola qui sévit alors dans l’Est du pays. Le personnel sanitaire de l’aéroport Mohammed V nous réserve un accueil courtois et professionnel. Pas de tracasseries inutiles, pas de traitement désobligeant. Le contrôle se déroule dans le respect des voyageurs.
Un premier contact rassurant avec un pays dont l’hospitalité constitue l’une des marques de fabrique.
Le train marocain, une autre idée de la mobilité
À peine sorti de l’aéroport, une autre découverte s’impose : le réseau ferroviaire de l’Office national des chemins de fer (ONCF).
Des trains modernes, électriques, confortables et ponctuels, qui donnent immédiatement une idée du niveau d’investissement consenti par le Royaume dans ses infrastructures de transport.
Direction Rabat, où j’avais établi mon quartier général sur l’avenue Diour Jamaa, au cœur de la ville. Pour rejoindre la capitale depuis Casablanca, il fallait toutefois effectuer un changement à la gare de Casa-Voyageurs.
À bord, le confort est au rendez-vous. Les installations sont soignées, le service appréciable et le déplacement particulièrement agréable. Le réseau ferroviaire marocain offre une expérience qui rappelle, à bien des égards, celle des grands réseaux européens.
On se croirait parfois en Europe. Pourtant, nous sommes bel et bien en Afrique, sur cette terre marocaine qui semble avoir compris que la mobilité constitue l’un des piliers essentiels du développement.
Sur ce terrain, le Maroc a incontestablement marqué des points.
De Rabat à Kénitra : quand la mobilité devient un plaisir

Durant mon séjour, mes déplacements se sont essentiellement partagés entre Rabat et Kénitra. Un trajet que j’effectuais régulièrement en train, pour une quarantaine de dirhams l’aller-retour.
Une expérience qui m’a particulièrement marqué.
Au-delà du confort des trains, c’est toute la philosophie de la mobilité qui interpelle. Se déplacer d’une ville à une autre ne relève ni du parcours du combattant ni d’une épreuve de patience. Les infrastructures facilitent la vie des citoyens et permettent aux voyageurs de gagner un temps précieux.
Et que dire du réseau routier ?
Le Maroc s’est doté d’un dispositif multimodal particulièrement développé, associant autoroutes, routes modernes et infrastructures ferroviaires. Les déplacements sont fluides et les conditions de circulation globalement appréciables.
Pour un visiteur venant de Kinshasa, habitué aux embouteillages interminables, aux longues heures perdues dans la circulation et aux tracasseries routières, le contraste est saisissant.
Dans la capitale congolaise, se déplacer peut parfois devenir une véritable épreuve. Au Maroc, j’ai redécouvert le plaisir de prendre la route sans avoir constamment les yeux rivés sur l’horloge.
Ce contraste invite forcément à la réflexion sur les défis de mobilité auxquels restent confrontées nos grandes villes africaines.
Rabat by night : une capitale qui vit et qui séduit
Mais le Maroc ne se résume pas à ses infrastructures. Il possède également cette vitalité urbaine qui donne à ses villes une âme particulière.
À Rabat, notamment sur l’avenue Diour Jamaa et jusqu’à sa jonction avec le boulevard Hassan II, j’ai découvert un véritable poumon commercial. Les boutiques se succèdent, proposant une grande diversité de produits et de marchandises, dans une ambiance animée et chaleureuse.
À la tombée de la nuit, la ville conserve son dynamisme. Les commerces restent accessibles, les rues continuent de vivre et les activités commerciales se prolongent jusque tard dans la soirée.
Le grand marché constitue, à cet égard, une autre fenêtre ouverte sur le quotidien marocain. On y découvre une multitude de produits, de couleurs et d’ambiances qui témoignent de la richesse du commerce local.
Rabat n’est donc pas seulement une capitale administrative et politique. C’est aussi une ville vivante, commerçante et accueillante, où modernité et traditions se côtoient naturellement.
La gastronomie, autre visage de l’hospitalité marocaine
Impossible de séjourner au Maroc sans s’intéresser à sa gastronomie, véritable patrimoine culturel.
Et dans ce registre, le vendredi occupe une place particulière avec le couscous, véritable institution de la table marocaine. Dans les restaurants comme dans les foyers, ce rendez-vous culinaire hebdomadaire rassemble et perpétue une tradition profondément ancrée dans les habitudes du royaume.
On le déguste avec plaisir, dans ses différentes déclinaisons, au milieu d’une cuisine généreuse où les saveurs, les épices et les produits locaux occupent une place de choix.
Au-delà des plats, c’est toute une culture du partage qui se révèle. La table marocaine devient un espace de convivialité, à l’image de cette hospitalité que j’ai pu apprécier tout au long de mon séjour.
Une Afrique qui inspire et qui interpelle
De Casablanca à Rabat, jusqu’à Kénitra, une conviction s’est progressivement imposée à moi : le Maroc est une expérience africaine qui mérite d’être observée de près.
Bien entendu, dix jours ne suffisent pas pour prétendre connaître un pays dans toute sa profondeur. Je n’ai malheureusement pas eu le temps de pousser mon exploration jusqu’à Marrakech, Tanger ou d’autres régions du royaume. Mais ce premier contact aura été suffisamment riche pour susciter l’envie d’y retourner.
Ce qui m’a le plus impressionné, au-delà des infrastructures et du confort urbain, c’est cette capacité à faire cohabiter les exigences de la modernité avec les valeurs culturelles, religieuses et historiques du pays.
Le Maroc donne à voir une Afrique qui avance, qui investit dans ses infrastructures, qui soigne son image et qui entend occuper une place de premier plan sur l’échiquier international.
Pour la RDC, immense pays aux potentialités naturelles et humaines considérables, cette expérience nourrit forcément quelques interrogations.
Comment transformer nos ressources en infrastructures utiles ? Comment faire de la mobilité un véritable service public ? Comment construire des villes où le temps des citoyens est respecté et où les déplacements ne constituent plus une source permanente de stress ?
Autant de questions que ce voyage remet au centre de la réflexion.
Je repars avec des souvenirs plein la tête, mais surtout avec une certitude : l’Afrique dispose de modèles de réussite à observer sur son propre sol. Le Maroc en est une illustration éloquente.
Dix jours auront suffi pour tomber sous le charme de cette autre Afrique qui rayonne.
Et déjà, une promesse : revenir, cette fois, avec davantage de temps pour explorer les profondeurs du Royaume de Sa Majesté Mohammed VI et découvrir d’autres merveilles de ce pays qui m’aura tant impressionné.
Faustin Kuediasala (De retour du Maroc)


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