Américains et Chinois se battent pour la RDC : «Nous ne pouvons pas être dépendant d’un seul pays pour des minerais stratégiques» (Joe Biden au G7)

C’est loin de Kinshasa, plus précisément au Japon, que se joue la grande bataille sur le contrôle des minerais stratégiques du sous-sol de la République Démocratique du Congo. Si la Chine passe finalement pour le maître des filières cuivre et cobalt de la RDC, les Etats-Unis, avec le soutien de l’Union européenne, n’attendent pas la Chine prendre possession de tous les minerais stratégiques dont raffole l’Occident, à l’exemple du lithium. Devant le G7, le président américain, Joe Biden, n’a pas porté des gants, en entraînant l’Occident à contrer par tous les moyens possibles la percée économique de la Chine. Dans un premier temps, c’est sur le terrain des minerais stratégiques que l’Occident veut s’attaquer à la Chine. Joe Biden l’a dit sans ambiguïté : «Nous ne pouvons pas être dépendant d’un seul pays pour des minerais stratégiques». Voilà une déclaration qui place la RDC au cœur de la bataille entre l’Occident et la Chine. Quel sera finalement le sort de Kinshasa ? Suspense !
Au moment où l’Occident hésitait à investir dans les mines africaines, la Chine, plus ambitieuse, a engagé de gros investissements, si bien qu’à ce jour Pékin a la main mise sur une bonne partie du secteur minier africain. Le cas de la République Démocratique du Congo où des firmes chinoises dominent les filières cuivre et cobalt est très éloquent. Pour le moment, la Chine s’organise pour réussir le même coup avec le lithium dont la demande sur le marché mondial est en pleine effervescence avec la montée des véhicules électriques.
En Occident, la grande influence de la Chine sur la chaine de production de certains minerais stratégiques commence à gêner. A Hiroshima où vient de se clôturer le Sommet du G7, le président américain, Joe Biden, a posé le problème par un constat qui, sans le dire, vise directement la Chine de Xi Jinping. «Nous ne pouvons pas être dépendant d’un seul pays pour des minerais stratégiques », a lancé le chef de la Maison Blanche.
Les pays du G7 ont donc décidé de renforcer leur coalition contre la Chine dans le circuit de production et de commercialisation des minerais stratégiques parmi lesquels le cobalt et le lithium, présents en grande quantité sur le sous-sol de la RDC. C’est dire qu’en pointant du doigt la Chine dans son monopole de ces minerais, dits stratégiques, le G7 fait indirectement allusion à la RDC.
Est-ce qu’à Kinshasa on mesure à sa juste valeur la portée de cette déclaration de Joe Biden ? Difficile à dire.
Le plus évident est qu’au Sommet du G7, la création d’un «club des matières premières» est en bonne place dans les discussions. Ce «club» – qui pourrait regrouper les membres du G7 et les pays riches en matières premières – permettrait notamment d’éviter que toutes ces matières soient expédiées en Chine, plutôt que d’être transformées dans leurs pays d’origine pour y créer de la valeur ajoutée.

Virulente réaction de Pékin
Vive tension entre les pays du G7 et la Chine. Alors que les dirigeants des pays du G7 (Etats-Unis, Japon, Allemagne, France, Royaume-Uni, Italie, Canada) étaient réunis à Hiroshima (Japon) pour s’entretenir du renforcement des sanctions contre la Russie et des mesures de protection contre la «coercition économique» de la Chine, Pékin a exprimé son «vif mécontentement» vis-à-vis du communiqué du G7, lui adressant plusieurs reproches sur la mer de Chine méridionale, les droits de l’homme ou encore ses supposées ingérences.
«Le G7 s’obstine à manipuler les questions liées à la Chine, à discréditer et attaquer la Chine», a déploré un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, qui a exprimé la « ferme opposition » de Pékin.
«Le G7 claironne qu’il entend aller vers un monde pacifique, stable et prospère. Mais dans les faits, il entrave la paix dans le monde, nuit à la stabilité régionale et inhibe le développement d’autres pays », a indiqué le porte-parole chinois.
Le communiqué diffusé définit une stratégie commune dans leurs relations futures avec Pékin, alors qu’ils s’inquiètent du rôle prépondérant de la Chine dans les chaînes d’approvisionnement.
En effet, les pays du G7 sont particulièrement préoccupés par leur vulnérabilité dans des secteurs stratégiques tels que les minerais essentiels, les semi-conducteurs et les batteries électriques. Ces derniers mois, Washington a mené une intense campagne visant à restreindre l’accès de la Chine aux outils avancés de fabrication de semi-conducteurs, en invoquant des préoccupations de sécurité nationale et en poussant le Japon et les Pays-Bas à prendre des mesures similaires. Les pays européens, en particulier la France et l’Allemagne, tiennent néanmoins à s’assurer que l’élimination des risques ne signifie pas la rupture des liens avec la Chine, l’un des plus grands marchés du monde. Paris veut notamment faire entendre sa petite musique sur le positionnement à l’égard de Pékin, appelant les Européens à ne pas s’aligner sur une approche de confrontation caressée par Washington.

Econews