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Au cœur de la maffia foncière : après le cimetière de la Gombe, le terrain Golf dans le viseur

Après le cimetière de la Gombe, c’est au tour du prestigieux terrain de Golf de Kinshasa d’être visé par des réseaux mafieux bien organisés. Soutenus par des personnalités proches du pouvoir, des ministres, des banquiers et des hommes de l’ombre, ces prédateurs veulent transformer ce poumon centenaire de 55 hectares en un lotissement de prestige évalué à 2 milliards de dollars US.  Mais la Société civile se lève, et la population est en alerte. À ceux qui croient pouvoir impunément spolier le bien commun, cet article est une mise en garde solennelle. La justice veille – ou doit veiller. Et l’opinion publique n’oubliera pas. 

Au cœur de la commune de la Gombe, en plein centre-ville de Kinshasa, s’étend un espace unique : 55 hectares de verdure, un parcours de golf à dix-huit trous, le dernier grand poumon vert de la capitale congolaise. Un héritage centenaire, lieu de respiration pour des milliers d’habitants et symbole d’une certaine élégance urbaine.

Cet espace, convoité depuis longtemps, est aujourd’hui menacé. Selon des indiscrétions recueillies par notre rédaction, un vaste projet immobilier est en préparation. L’objectif : lotir le terrain, le transformer en un quartier de prestige, et reléguer le golf en banlieue Est, du côté de la N’Sele. Le montant de l’opération est vertigineux : deux milliards de dollars américains.

Les commanditaires ? Un réseau mafieux bien structuré, qui s’appuie sur une main noire politique et une bande organisée s’étendant jusqu’aux cours et tribunaux. Parmi eux : des personnalités proches du pouvoir, des ministres, des banquiers, des diplomates, des hommes de l’ombre. Dans les salons feutrés de la capitale, on chuchote, on échange des mémos, on fait circuler des plaquettes pour investisseurs. Chaque trou du parcours, évalué à deux hectares, représente une fortune. Et ces bonzes de la République auraient juré de se partager le pactole.

Une alerte ignorée, des précédents inquiétants

Le Garde des sceaux Guillaume Ngefa avait récemment tiré la sonnette d’alarme. Il dénonçait la détermination des réseaux mafieux qui rongent le secteur foncier congolais. Mais ses mises en garde n’ont visiblement pas suffi. Après la tentative de spoliation du cimetière de la Gombe, situé sur le boulevard du 30 juin, voilà que le terrain de Golf est à son tour dans la ligne de mire.

On pouvait croire que le scandale du cimetière – tentative de brader des sépultures familiales pour des intérêts privés – aurait servi d’électrochoc. Il n’en est rien. Les mêmes pratiques, avec les mêmes méthodes : opacité totale, absence de consultation publique, utilisation de relais politiques pour légitimer l’illégitime.

Les réseaux mafieux savent qu’ils peuvent compter sur une certaine complaisance institutionnelle. Des juges aux agents du cadastre, en passant par les responsables municipaux, la chaîne de la corruption est bien huilée. C’est ce qu’on appelle, en langage populaire, la « débrouille » ; en langage juridique, un détournement de biens publics à grande échelle.

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La peur bâillonne, mais la résistance s’organise

Dans la ville, les langues peinent à se délier. Qui oserait défier des personnalités installées au cœur du pouvoir ? Les menaces, les rétrogradations, les procès-bâillons sont monnaie courante. Beaucoup préfèrent se taire pour protéger leur carrière ou leur sécurité.

Pourtant, la résistance s’organise. Des voix au sein de la Société civile commencent à s’élever. Des collectifs d’avocats, d’urbanistes, d’écologistes et de simples citoyens refusent de laisser dépouiller la Gombe de l’un de ses derniers espaces verts. Ils savent que ce terrain n’est pas une simple étendue d’herbe : c’est un bien commun, un héritage pour les générations futures, un rempart contre la bétonisation sauvage et l’étouffement de la capitale.

Les réseaux sociaux, malgré la censure rampante, commencent à s’enflammer. Des pétitions circulent. Des associations de quartier se mobilisent. L’opinion internationale, qui suit de près la gouvernance foncière en RDC, pourrait elle aussi s’inviter dans le débat. Le temps de l’indifférence est révolu.

Appel aux autorités : osez dire non aux mafieux !

Cet article est un cri d’alarme, mais aussi un appel à la responsabilité. Monsieur le Président de la République, mesdames et messieurs les ministres, parlementaires, magistrats, vous avez le devoir de protéger le patrimoine national. Le terrain de Golf de la Gombe n’est pas à vendre. Il n’est non plus pas à lotir. Il appartient au peuple congolais.

Si vous laissez faire, vous cautionnez la mafia. Si vous fermez les yeux, vous devenez complices. Au contraire, si vous ordonnez une enquête transparente, si vous suspendez tout projet suspect, si vous poursuivez les prédateurs, vous entrerez dans l’histoire comme les sauveurs de l’intégrité foncière de la RDC.

La balle est dans votre camp. Les mafieux, eux, ont déjà commencé à jouer.

Econews