Balkanisation en marche : Le franc congolais démonétisé à Bunagana

La cité de Bunagana, dans la province du Nord-Kivu, ne serait-elle plus dans le giron de la République Démocratique du Congo ? Voici plus de trois mois que cette cité frontalière entre la RDC et l’Ouganda est occupée par les terroristes du M23. A Kinshasa, on semble s’en accommoder déjà, avant, peut-être, que le destin en décide autrement. Pendant ce temps, sur place à Bunagana, tous les attributs de la souveraineté de la RDC volent en éclats. Pour preuve, dans les transactions courantes, la monnaie nationale, le franc congolais, a sérieusement perdu du terrain au profit du franc rwandais, du shilling ougandais et du dollar américain. A Bunagana, le projet macabre de la balkanisation de la RDC est passé à la vitesse supérieure et s’enracine au jour le jour.
Ceux qui doutaient encore ont la preuve que le M23
est un dangereux agent de la balkanisation de la République démocratique du Congo. On en veut pour preuve, la démonétisation de fait du franc congolais sur une partie du pays qu’ils administrent. A Bunagana et environ, la monnaie nationale n’est plus utilisée. Par la volonté de nouveaux maîtres, ce sont les monnaies des sponsors de cette guerre qui ont désormais cours légale. Les trois monnaies qui ont chassé le franc congolais sont le franc rwandais, le shilling ougandais et le dollar américain.
Aucune explication plausible ne justifie cette attitude du M23, cette rébellion qui est pilotée par le Rwanda. En décrétant la fin de la monnaie nationale, c’est clair que le M23 est dans une démarche qui ne vise pas l’unité du pays. Au-delà de cette symbolique de la démonétisation de la devise nationale, il y a le territoire que le M23 contrôle déjà. Le moment venu, le M23 cédera ce territoire de la République démocratique du Congo, à un projet qui se met point par point pour dépecer ce géant africain aux pieds d’argile.

Changer de fusil d’épaule
Même si, vendredi en Conseil des ministres, le Gouvernement a fait part du calme – relatif d’ailleurs – qui règne sur une bonne partie du territoire national, il ne faut jamais oublier que la cité de Bunagana est toujours sous occupation des terroristes du M23. Une situation désastreuse qui dure depuis plus de trois mois.
Sur place, la branche militaire du M23 a plutôt profité du temps mort pour renforcer ses positions et consolider sa présence sur le terrain.
Pendant ce temps, que fait-on à Kinshasa ? C’est le calme plat.
Dans la capitale congolaise, on continue à se plaindre d’une agression rwandaise qui n’est plus à démontrer. On attend, en même temps, que la communauté internationale qui continue à faire d’une hypocrisie sans commune mesure, contraigne le Rwanda de retirer ses troupes qui opèrent sous l’étiquette du M23. Kinshasa continue par nonchalance d’attendre une hypothétique solution diplomatique qui viendrait de Luanda ou de Nairobi. Il oublie une chose : la paix se gagne et ne se négocie.
Bunagana est certes sous l’emprise du M23, mais sa reconquête viendra. Tôt ou tard !
Malheureusement pour les acteurs de la balkanisation de la République Démocratique du Congo, il y a le peuple congolais, déterminé, qui ne laisse aucune possibilité de réaliser ce projet funeste. Les vrais Congolais, contrairement à ceux du M23 qui sont en réalité des mercenaires rwandais, feront échec à ce projet. Ils laissent faire maintenant, attendant de se réorganiser pour récupérer leurs terres par la force si c’est nécessaire. Il est temps pour le gouvernement congolais de redoubler d’efforts diplomatiques pour dénoncer ce processus diabolique de dépeçage de la RDC.

Econews