Chassé de l’ICCN, Olivier Mushiete paie le prix de sa mauvaise gestion

Olivier Mushiete n’a pas fait long feu à la tête de l’ICCN

Il parle bien. Il aligne un français impeccable qui ne laisse personne indifférent. Mais, en matière de gestion, il est encore loin d’aligner de bons chiffres. Placé à la tête de l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN), Olivier Mushiete n’a pas fait long feu. A la suite de nombreuses altercations avec son adjoint, Mme la vice-Premier ministre en charge de l’Environnement et Développement durable, Eve Bazaïba, a décidé de les mettre, tous deux, à la porte. Un nouveau comité tout aussi provisoire a été placé à l’ICCN.
Le directeur général par intérim de l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN), Olivier Mushiete, et son adjoint, désignés il y a une année, ont été révoqués par la ministre de l’Environnement pour «mauvaise gestion», a-t-on appris samedi auprès du ministère.
La ministre de l’Environnement Eve Bazaïba a aussi désigné Henry Mbale Kunzi et Bernard Mbath Nzekana «pour assurer l’intérim» du directeur général et directeur général adjoint de l’ICCN, selon le texte d’arrêté signé vendredi, authentifié par l’AFP auprès de son service de communication.
La nomination de MM. Mbale et Mbath vise à «mettre de l’ordre » dans cet établissement public qui a été «gangrené par la mauvaise gestion et les conflits permanents» entre les deux anciens dirigeants, a expliqué à l’AFP Michel Koyakpa, conseiller en charge de la communication de la ministre de l’Environnement.
L’ex-directeur général par intérim Olivier Mushiete et son adjoint Vincent Imbongo, avaient été promus à ces postes en août 2021, après la suspension de l’ancien directeur général Cosma Wilungula et de tous les membres du conseil d’administration de l’ICCN par Mme Bazaïba.
Interrogé par l’AFP, M. Mushiete a confirmé qu’il avait été mis fin à ses fonctions, sans faire de commentaire.
On se rappelle qu’en février dernier, devant les différentes parties prenantes de ce secteur vital de l’Environnement et Développement durable, réunis à Kinshasa, Olivier Mushiete, alors DG de l’ICCN, avait estimé qu’il était temps de mettre cette institution sur la piste de sa réinvention. Il s’engageait, tout au long de son mandat à l’ICCN, dans une nouvelle approche stratégique optant pour l’innovation technologique, tout en plaçant l’homme au centre de ses intérêts.
Cette réinvention, notait-il, consistait à articuler la nouvelle vision de la conservation de la nature sur quatre piliers stratégiques, à savoir la souveraineté, l’humanité, responsabilité et biodiversité. Et d’ajouter: «Nous lançons un processus extrêmement important. Il intervient dans un contexte très particulier que nous connaissons tous, qu’est la question de la lutte contre le changement climatique et la perte de la biodiversité qui sont devenus, par la force des choses, des sujets d’importance mondiale. Et ceci avec la préoccupation de maintenir en équilibre nos conditions de vie, les conditions de vie de l’humanité sur cette planète. Donc, notre responsabilité est énorme ».
Une vision qu’il n’a pas su traduire dans les faits jusqu’à ce que la VPM Eve Bazaïba décide de mettre fin à ses fonctions aux commandes de l’ICCN.
L’Institut congolais de conservation de la nature est l’organisme public qui gère les dizaines de parcs et réserves de la République démocratique du Congo, rappelle-t-on.

Francis M.

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