Clôture du premier atelier sur le leadership, Matata : « Nous sommes en train de créer une masse critique de leaders qui va se diffuser sur toute l’Afrique »

Le premier atelier de l’Ecole du leadership de Kinshasa, organisé du 28 mars au 1er avril 2022 dans l’enceinte de l’Université protestante au Congo (UPC), sous le thème «Qualités et caractéristiques d’un leader», a veçu. Les travaux étaient animés par le professeur Matata Ponyo Mapon.

Pour cette première expérience en République Démocratique du Congo en vue de l’émergence d’une race de jeunes leaders, engagés dans le grand combat du progrès et du changement, Matata Ponyo n’a pas caché sa joie, samedi 2 avril, à l’issue des travaux de cet atelier, sanctionné par la remise des certificats aux apprenants.

« D’abord, c’est un sentiment de joie. Comme tous les livres le disent, le leadership est à la base de tout progrès et de tout changement. Et le déficit du leadership est à la base du sous-développement », a dit Matata, répondant aux questions de la presse. Il a estimé que « ça fait toujours plaisir de partager ses découvertes scientifiques avec les jeunes qui sont des futurs dirigeants du pays ».

Ce premier atelier sur le leadership ouvre de nouvelles perspectives. « C’était une expérience très passionnante pour cette première semaine. Les jeunes sont très emballés et très convaincus », note le professeur Matata.

Jusqu’où va s’étendre sa vision ? Matata Ponyo ne cache pas son ambition : « Nous sommes en train de créer une masse critique de leaders qui va se diffuser non seulement en RDC, mais aussi sur le continent africain ».

Voici ci-dessous l’intégralité de son adresse prononcée à la clôture des travaux de ce premier atelier de l’Ecole du leadership de Kinshasa.

Econews

Adresse du prof Matata Ponyo Mapon, initiateur de l’Ecole du leadership de Kinshasa

Chers étudiantes et étudiants, chers séminaristes,

Distingués invités,

Mesdames et messieurs,

En créant cette école de leadership, j’ai eu deux rêves.

Le premier, est celui de faire reculer les murs de la science au profit de l’humanité afin de répondre à l’appel de Dieu, celui d’assujettir le monde.

Comme vous le savez, c’est la connaissance qui permet à l’homme de transformer le monde et de le dominer, et ce, dans tous les secteurs possibles.

Par cette école de leadership, je voudrais travailler avec des Congolais brillants à améliorer le modèle économique du développement. Au-delà des facteurs connus qui expliquent le progrès des nations comme le capital, le travail, la technologie, la qualité des institutions, je voudrais que l’équipe de cette école de leadership y ajoute un autre et non de moindre, à savoir le leadership.

En ce qui me concerne, après avoir passé près de sept ans comme Directeur général du BCeCo, plus de deux ans comme Ministre des finances et près de cinq ans comme Premier ministre, je suis convaincu que la variable « leadership » est déterminante dans le développement des nations.

Et la malédiction du leadership explique en grande partie le sous-développement de la quasi-totalité des nations du Tiers-monde.

L’école de leadership a pour mission fondamentale de démontrer quelle est la part de la variable explicative « leadership » dans la fonction du développement des nations. Partant de l’hypothèse selon laquelle le sous-développement est expliqué notamment par le déficit du leadership, il faudra démontrer scientifiquement comment améliorer l’offre de leadership pour pouvoir impacter le progrès des nations, particulièrement ceux du Tiers-monde.

Les résultats des études de cette école devront à terme permettre de modifier le modèle explicatif du développement. En un mot, ces études devront démontrer comment un dollar investi dans l’amélioration de l’offre de leadership a un effet multiplicateur supérieur à celui d’un dollar investi directement dans la construction d’une école, d’un hôpital, d’une route, etc. Parce qu’en définitive, le dollar investi dans l’offre de leadership permet de générer plus de dollars et de bien-être que celui immobilisé directement dans les infrastructures.

Ce type d’analyses à haute portée scientifique fondé sur l’économie politique du leadership devra permettre notamment aux institutions financières internationales telles le Fonds monétaire international, la Banque mondiale et la Banque africaine de développement, de repenser leur modèle de développement axé essentiellement sur le dollar investi directement dans les infrastructures. Il devra aussi aider les pays développés à repenser leurs politiques d’aide au développement.

Le deuxième rêve, est une grande aventure qui consiste à participer à la création d’une masse critique de leaders congolais capables de s’investir dans la transformation de leur pays, la RDC. Des leaders capables d’en créer d’autres pour mettre fin à la malédiction de leadership qui emprisonne notre pays dans le sous-développement.

C’est un rêve grand, mais à la portée de chacun d’entre nous, parce tout le monde est né leader et tout le monde peut le devenir. C’est une question de décision, d’engagement, de détermination et de volonté de vouloir travailler pour le progrès de l’humanité, c’est-à-dire au profit des autres.

Comme le disait Gérard Papus, ce n’est qu’en agissant au profit des autres que nous agissons en mode d’évolution, d’éclaircissement; tandis qu’en agissant à son seul profit, nous agissons en mode d’involution et d’obscurcissement.

Ce premier séminaire d’une semaine qui se termine aujourd’hui a eu pour mission de contribuer à ces rêves grandioses, car aujourd’hui, nous avons devant nous des jeunes étudiantes et étudiants, des diplômés et professionnels qui ont choisi d’arpenter le chemin difficile de leadership.

Et ils ont appris que tout progrès et toute réussite procèdent du leadership. Que tout est possible à un leader. Qu’on peut devenir leader si on le veut.

Que vous pouvez devenir qui vous voulez dans votre pays dans n’importe quel domaine, quelles que soient vos origines sociales. Que votre pays peut devenir développé si vous le décidez.

Ce n’est nullement une question de chance, ce n’est nullement une question d’un miracle. C’est plutôt une question de leadership. Je suis heureux d’avoir réalisé, ensemble avec les séminaristes, le premier pas de cette aventure passionnante.

Je voudrais profiter de cette occasion pour remercier les autorités académiques de l’UPC pour tout le soutien qu’elles apportent à cette école, particulièrement, le Recteur et Secrétaire général académique.

Merci aussi à la professeure Esther N’landu pour tout son dévouement et son accompagnement dans ce projet d’avenir.

Merci à tous les séminaristes pour leur attention et assiduité.

Puisse Dieu bénir l’Université et ses responsables, puisse Dieu bénir tous les séminaristes, et puisse Dieu bénir cette école et lui donner longue vie.

Merci pour votre meilleure attention.