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Congo-Brazzaville : Denis Sassou Nguesso réélu dès le premier tour avec un score soviétique

Sans véritable surprise, Denis Sassou Nguesso a été largement reconduit à la tête du Congo-Brazzaville à l’issue de la présidentielle du 15 mars 2026, remportée dès le premier tour avec un score écrasant de 94,82 % des suffrages selon des résultats provisoires encore attendus à la validation de la Cour constitutionnelle. À 82 ans, le président sortant signe ainsi un cinquième mandat, reléguant une opposition fragmentée et aux moyens limités au second plan, dans un scrutin dont l’issue apparaissait largement jouée d’avance. Malgré un taux de participation officiellement élevé, des observations sur le terrain évoquent une affluence modérée dans plusieurs bureaux de vote, ravivant les interrogations sur la vitalité du processus démocratique dans le pays.

Au Congo-Brazzaville, le président sortant Denis Sassou Nguesso a remporté l’élection présidentielle du 15 mars 2026 dès le premier tour. Selon les résultats provisoires annoncés mardi soir par le ministre de l’Intérieur, il recueille 94,82 % des suffrages, un score qui évoque les scrutins des anciens régimes à parti unique. Ses six adversaires sont relégués à une part infinitésimale des voix.

Le ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation, Raymond-Zéphyrin Mboulou, a proclamé les résultats provisoires ce mardi 17 mars sur les antennes de la télévision nationale. Le président sortant, âgé de 82 ans, arrive donc largement en tête d’un scrutin dont l’issue ne faisait guère de doute pour les observateurs. Le taux de participation officiel a été annoncé à 84,65 % des inscrits.

Ce chiffre de participation contraste cependant avec les constatations faites sur le terrain par les journalistes de l’Agence France-Presse (AFP). Ceux-ci ont rapporté une faible affluence dans plusieurs bureaux de vote de la capitale, Brazzaville, tout au long de la journée de dimanche.

Un raz-de-marée électoral contesté par les faits

Le score obtenu par Denis Sassou Nguesso, qualifié de «soviétique » par certains commentateurs, relègue au rang de « menu fretin » ses six challengers. Ces candidats, issus d’une opposition divisée et disposant de moyens financiers et logistiques très limités, n’ont pas été en mesure de mener une campagne d’envergure nationale.

Cette élection se démarque par l’absence, pour la deuxième fois consécutive, du chef de file historique de l’opposition, Pascal Tsaty Mabiala, président de l’Union panafricaine pour la démocratie sociale (Upads). N’ayant pu concourir, il n’a pas non plus appelé ses partisans à boycotter le scrutin. Interrogé par Jeune Afrique avant le vote, il avait fait preuve d’un réalisme désabusé, préférant se projeter vers l’avenir et réfléchir à la manière dont son parti abordera l’échéance suivante, en 2031.

Une validation par la Cour constitutionnelle attendue

Ces résultats, qui consacrent un cinquième mandat pour Denis Sassou Nguesso, restent désormais soumis à la validation de la Cour constitutionnelle congolaise. C’est cette même institution qui avait, en amont du scrutin, validé les candidatures des six opposants, leur offrant ainsi la possibilité théorique de se présenter face au président sortant.

Ce nouveau mandat prolonge l’ère Sassou Nguesso, qui a commencé en 1979. Après une première défaite en 1992, il avait repris le pouvoir à l’issue de la guerre civile de 1997. Arrivé au terme d’un troisième mandat, il avait fait adopter par référendum une nouvelle constitution en 2015, lui permettant de briguer un nouveau bail. Réélu dès le premier tour en 2016, puis en 2021, il confirme aujourd’hui son emprise sur la vie politique congolaise, dans un contexte d’opposition fragmentée et de doutes sur la réalité de la participation électorale. La proclamation des résultats définitifs par la Cour constitutionnelle mettra un point final au processus électoral dans les prochains jours.

Econews