Écoutez la voix de l’Église !

Les Églises catholique et protestante ont, depuis l’accession de la RDC à sa souveraineté nationale et internationale, joué un rôle non négligeable aussi bien sur le plan de l’enseignement que sur celui de la politique. Et ce rôle n’est plus à démontrer. L’implication de l’Église catholique, surtout en politique, a toujours été pour l’intérêt supérieur de la Nation, pour le bien du peuple congolais.

Pas plus tard qu’à l’avènement de l’actuel régime, l’Eglise catholique s’est illustrée par des pressions de divers ordres pour l’alternance politique au pays. Elle s’est ainsi opposée au troisième mandat que tentait d’exercer le Président de la République honoraire.

La pression était telle que toutes les tentatives et astuces mijotées ont connu des échecs cuisants.

Entre autres hauts faits qu’on ne peut passer sous silence, c’est la fameuse et mémorable marche des chrétiens organisée par les Catholiques un certain 16 février 1992. Sous le régime dictatorial de Mobutu. La confession religieuse, pilotée alors par le Cardinal Frédéric Etsou aujourd’hui décédé, a mobilisé le peuple chrétien catholique pour réclamer la réouverture du Haut Conseil de la République-Parlement de transition (HCR-PT), fermé ‘‘avec force’’ par Nguz-a-Karl I Bond, alors Premier ministre. Une marche dispersée dans un bain de sang, l’Eglise ayant comptabilisé ses morts. Au finish, le pouvoir dictatorial a dû céder. Tout cela au bénéfice des Catholiques.

Actuellement, les violons sont loin de s’accorder entre les Catholiques et Protestants d’un côté et de l’autre, les six autres confessions religieuses, à savoir l’Eglise kimbanguiste, la Communauté islamique au Congo, l’Eglise orthodoxe, l’Eglise de Réveil du Congo, l’Union des Eglises indépendantes du Congo et l’Armée du Salut. Leurs représentants sont divisés sur la désignation du candidat-président de la Commission électorale nationale indépendante (Céni), Denis Kadima, choix du groupe de six. Pour ces dernières, c’est lui ou rien. De leur côté, les Catholiques et Protestants trouvent que cette désignation a été entachée d’irrégularités et continuent à le récuser.

Aussi devant le refus du groupe de six d’opérer un autre choix, l’Eglise catholique et l’ECC invitent le Président de la République à jouer son rôle de garant du bon fonctionnement des Institutions et de la cohésion nationale afin d’assurer à la Nation des élections crédibles, inclusives et apaisées en 2023.

En tout cas, ne pas reconnaître l’apport appréciable de l’Eglise catholique avec son immixtion en politique, c’est faire fausse route. C’est de la mauvaise foi, doublée d’une cécité politique délibérée.

Econews