Alors que la demande énergétique explose dans le Grand Katanga, cœur minier de la RDC, Eric Monga, patron de Kipay Energy, lance un pavé dans la mare : il propose d’élever le ministère des Ressources hydrauliques et Électricité au rang de Vice-Primature pour lui donner plus de poids. Une proposition choc formulée lors du Katanga Business Meeting (KBM), où experts et investisseurs ont tiré la sonnette d’alarme : sans réforme urgente du secteur – allègement fiscal, simplification administrative et meilleure implication du privé – la RDC risque de rater le train de son industrialisation. Un diagnostic partagé par l’ANSER, qui mise justement sur des partenariats public-privé robustes pour électrifier le pays.
L’énergie, pilier incontournable de l’industrialisation et de la compétitivité économique, a été au cœur des débats lors de la 6ème édition du Katanga Business Meeting. Lors du panel «Bâtir un marché énergétique ouvert et attractif pour un développement industriel durable », Eric Monga, CEO de Kipay Energy et Vice-Président national de la FEC, a lancé un plaidoyer choc : élever le ministère des Ressources hydrauliques et Électricité (RHE) au rang de Vice-Primature pour lui donner plus de poids dans les décisions stratégiques nationales.
Un secteur énergétique sous tension
La demande en électricité dans le Katanga, cœur minier de la RDC, explose, mais l’offre peine à suivre. Malgré la libéralisation du secteur et l’entrée en jeu des privés aux côtés de la SNEL, le déficit énergétique reste criant. L’Agence Nationale de l’Électrification et des Services Énergétiques (ANSER) reconnaît d’ailleurs que le secteur privé est indispensable pour accélérer la transition énergétique, notamment en milieu rural et périurbain.
Cependant, les investisseurs se heurtent à des obstacles majeurs : une fiscalité étouffante, des procédures administratives kafkaïennes et un manque de soutien aux entreprises locales. «Beaucoup de privés sont découragés par ces barrières », déplore Eric Monga, qui propose une défiscalisation totale du secteur et un allègement des démarches bureaucratiques.
Un appel à l’action des autorités et des miniers
Pour Eric Monga, les sociétés minières doivent soutenir les énergéticiens locaux afin de construire une filière robuste. Il exhorte également les pouvoirs publics à simplifier les mécanismes d’investissement et à renforcer la collaboration public-privé.
Ce panel, modéré par le Pr Jean-Marie Kanda, conseiller principal du Chef de l’État, a réuni des poids lourds du secteur, dont Damien Twambilangana (ANSER), Nafal Hassani (Afreximbank), Isabel Ramirez (ERG Africa) et Fabrice Lusinde (SNEL). Un signal fort qui montre que la RDC prend peu à peu conscience de l’urgence énergétique.
A tout prendre, si la RDC veut réellement tirer profit de ses ressources minières et industrielles, la réforme du secteur électrique n’est plus une option, mais une nécessité. La balle est désormais dans le camp du gouvernement.
F.K.

