Face aux dysfonctionnements persistants qui grèvent la performance des entreprises publiques, l’Inspection Générale des Finances (IGF) a sonné la mobilisation générale. Lors d’une rencontre cruciale avec les mandataires publics ce mercredi, le Chef de service Christophe Bitasimwa a martelé la nécessité d’une gestion efficiente, transparente et redevable. Si la nouvelle stratégie de contrôle préventif, dite «patrouille financière», porte déjà ses fruits, l’IGF et l’ANEP appellent à une réforme en profondeur pour transformer ces mastodontes budgétivores en véritables moteurs de développement pour la nation.
L’Inspection Générale des Finances (IGF) a déclaré la guerre aux dysfonctionnements qui paralysent les entreprises et établissements publics. Mercredi dernier, son patron, Christophe Bitasimwa Bahii, a mobilisé l’ensemble des mandataires publics lors d’une réunion de crise présidée par le Secrétaire général exécutif de l’ANEP (Association nationale des entreprises du Portefeuille de l’Etat).
Face au constat sévère des contrôles a posteriori, souvent intervenus trop tard, l’IGF a déployé sa nouvelle arme de dissuasion massive : la «patrouille financière». Il s’agit d’un mécanisme de contrôle préventif conçu pour anticiper les dérives plutôt que de constater les dégâts.
«Nos missions d’encadrement visent à conseiller les gestionnaires, garantir la régularité des actes de gestion et dissuader les pressions extérieures», a expliqué le chef de l’IGF. Des résultats tangibles sont déjà observables : amélioration des trésoreries, optimisation des dépenses et même réduction des tensions sociales dans certaines entités.
Mais le chemin reste semé d’embûches. M. Bitasimwa a pointé du doigt les conflits chroniques entre présidents et directeurs généraux, le non-respect persistant des règles des marchés publics et la priorité trop souvent accordée aux avantages des mandataires plutôt qu’aux investissements productifs.
«La bonne gouvernance est au cœur de la vision du Président Tshisekedi. Seul notre travail concerté permettra d’améliorer la qualité de vie de nos concitoyens», a-t-il martelé.

UN APPEL A LA REFORME EN PROFONDEUR
Patrick Ngulu, de l’ANEP, a enfoncé le clou : «Transparence et redevabilité sont les conditions sine qua non pour que ces entreprises cessent d’être un poids budgétaire et deviennent des moteurs de développement».
Les mandataires présents ont salué l’initiative, tout en rappelant l’urgence des réformes structurelles. «Sans redevabilité et sans réforme de la double tutelle, nos entreprises ne pourront remplir leur mission», a insisté Fabien Mutomb de la SNCC.
La rencontre s’est conclue sur des résolutions concrètes, dont l’élaboration de mémos conjoints pour préciser les axes de collaboration. Reste désormais à transformer ces engagements en actes, pour que les mastodontes budgétivores deviennent enfin les leviers de croissance attendus par la nation.
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