Guerre en Ukraine : nouveaux pourparlers entre Russes et Ukrainiens

Alors que des combats s’intensifient sur le terrain des opérations, Russes et Ukrainiens ont décidé de continuer les négociations en Bélarus. Un premier round de négociations entre la Russie et l’Ukraine s’était tenu lundi, mais n’avait pas abouti. Entre-temps, entre la Russie et l’Occident, on assiste désormais à une inquiétante escalade verbale.

Alors que la Russie poursuit son avancée militaire en Ukraine, de nouveaux pourparlers ont été annoncés jeudi dans un lieu au Bélarus situé «non loin de la frontière avec la Pologne», a précisé le négociateur russe Vladimir Medinski, cité par AFP.

Un premier round de pourparlers s’était déjà tenu lundi, également au Bélarus. Mais les discussions n’avaient donné aucun résultat tangible. Kiev appelait à «un cessez-le-feu immédiat» avec le retrait des forces russes sur son territoire. De son côté, Moscou envisageait plutôt «un accord», qui selon le négociateur russe Vladimir Medinski, «doit être dans l’intérêt des deux parties».

À la fin des premiers pourparlers, «les parties ont établi une série de priorités et thèmes qui demandent certaines décisions», avait laissé entendre Mikhaïlo Podoliak, l’un des négociateurs ukrainiens. Ces thèmes prioritaires pourraient donc être discutés ce jour.

Les États-Unis vont «soutenir des efforts diplomatiques» de l’Ukraine pour obtenir un cessez-le-feu avec la Russie, même si «c’est beaucoup plus difficile d’y parvenir quand les tirs résonnent et les chars avancent», a réagi mercredi le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken.

Le secrétaire d’État a aussi alerté sur un «coût humain» d’ores et déjà «ahurissant». «Des centaines sinon des milliers de civils ont été tués et blessés», a déploré Antony Blinken lors d’une conférence de presse, et «le nombre de civils tués et blessés, les conséquences humanitaires, ne feront que s’aggraver dans les jours qui viennent».

Le président français Emmanuel Macron a quant à lui affiché sa volonté de «rester en contact» avec son homologue russe Vladimir Poutine afin de «le convaincre de renoncer aux armes», lançant dans une allocution télévisée un vibrant «nous ne sommes pas en guerre contre la Russie».

Jeu de dupes, guerre d’informations, propagande ou réelles menaces ? En tout cas les tensions entre l’Occident et la Russie, au sujet de l’invasion de l’Ukraine, restent très fortes. Et les propos font froid dans le dos. Le chef de la diplomatie du Kremlin a estimé ce jeudi que les dirigeants occidentaux pensait à une guerre nucléaire dans leur conflit avec la Russie. Des déclarations qui interviennent alors que les combats en Ukraine s’intensifient, que les mesures occidentales de rétorsions contre la Russie sont de plus en plus sévères, que les livraisons d’armes des Européens se renforcent et que des pourparlers entre Ukrainiens et Russes devraient se tenir ce jour.

«Tout le monde sait qu’une troisième guerre mondiale ne peut être que nucléaire, mais j’attire votre attention sur le fait que c’est dans l’esprit des politiques occidentaux, pas dans celui des Russes», a dit le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov, lors d’une conférence de presse en ligne, avant d’estimer que des plans «d’une guerre réelle» contre Moscou sont en train d’être élaborés.

Vladimir Poutine a ordonné dimanche la mise en alerte des «forces de dissuasion» russes, qui comprennent un volet nucléaire. Les forces de dissuasion russes sont un ensemble d’unités dont le but est de décourager une attaque contre la Russie, «y compris en cas de guerre impliquant l’utilisation d’armes nucléaires», selon le ministère de la Défense russe.

Les propos du gouvernement français visés

La déclaration du jour portée par le chef de la diplomatie russe vise notamment des propos de ses homologues français et britannique Jean-Yves Le Drian et Elizabeth Truss évoquant la dissuasion nucléaire et le risque de guerre avec la Russie. «Si certains élaborent un plan de guerre réelle contre nous, et je pense qu’ils les élaborent, ils doivent bien réfléchir», a-t-il dit, assurant que «nous ne laisserons personne nous déstabiliser».

Mardi, le ministre français de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire, avait déclaré que les puissances occidentales allaient «livrer une guerre économique et financière totale à la Russie» et «provoquer l’effondrement de l’économie russe».

L’ancien président russe Dmitri Medvedev, désormais membre du conseil de sécurité russe auprès du président Vladimir Poutine, a mis en garde la France, en déclarant qu’il ne fallait pas «oublier que dans l’histoire de l’humanité, les guerres économiques se transforment assez souvent en vraies guerres». Quelques heures plus tard, le ministre de l’Économie Bruno Le Maire, a corrigé le tir et a jugé «inappropriée» sa mention de «guerre économique» évoquée plus tôt.

Une mesure justifiée aux yeux du président russe par les déclarations agressives de grands pays membres de l’Otan et par les sanctions financières sévères que les Occidentaux ont décidé d’imposer à la Russie. Une escalade «inacceptable» et «irresponsable» pour les Etats-Unis et l’OTAN.

Les responsables occidentaux avaient notamment accusé Vladimir Poutine de «fabriquer des menaces qui n’existent pas» alors que les Etats-Unis ont dénoncé une escalade «inacceptable» par Moscou. «Il s’agit d’un schéma répété que nous avons observé de la part du président Poutine durant ce conflit, qui est de fabriquer des menaces qui n’existent pas afin de justifier la poursuite d’une agression. «A aucun moment la Russie n’a été menacée par l’Otan ou l’Ukraine (…) Nous allons résister à cela. Nous avons la capacité de nous défendre», avait expliqué dimanche la porte-parole de la Maison Blanche Jen Psaki, interrogée sur la question sur ABC.

Dès l’annonce de l’intervention militaire russe en Ukraine, le maître du Kremlin avait laissé entendre qu’il pourrait utiliser l’arme nucléaire. «Quiconque tentera de nous gêner, a fortiori de créer une menace pour notre pays, pour notre peuple, doit savoir que la réponse de la Russie sera immédiate et infligera des conséquences telles que vous n’en avez jamais connu dans votre histoire», avait-il dit.

Dimanche, le Kremlin a ordonné la mise en alerte des «forces de dissuasion» russes, qui comprennent un volet nucléaire. Une décision condamnée par les pays occidentaux, accusant alors la Russie de «fabriquer des menaces qui n’existent pas». Ces nouvelles déclarations interviennent alors que les combats en Ukraine s’intensifient, que les mesures occidentales de rétorsions contre la Russie sont de plus en plus sévères et que des pourparlers entre Ukrainiens et Russes doivent se tenir ce jour.

Econews

Emmanuel Macron pense que «le pire est à venir» après son échange avec Poutine

551 102 1

Les présidents français et russes ont échangé, jeudi matin, pendant près d’une heure et demie par téléphone. Vladimir Poutine campe sur ses positions et refuse tout «compromis».

Emmanuel Macron «pessimiste» après son échange avec son homologue russe. Le Président français pense que «le pire est à venir» en Ukraine après s’être entretenu par téléphone avec Vladimir Poutine : ce dernier a fait part de «sa très grande détermination» à poursuivre son offensive, dont le but est «de prendre le contrôle» de tout le pays, rapporte l’Elysée.

Lors de cette discussion téléphonique de 1 heure 30 à sa demande, le président russe a affirmé à son homologue français que l’opération de l’armée russe se développait «selon le plan» prévu par Moscou et qu’elle allait «s’aggraver» si les Ukrainiens n’acceptaient pas ses conditions, a indiqué la présidence.

Vladimir Poutine a également confirmé qu’il comptait procéder à une «dénazification» de l’Ukraine, comme il l’annonçait depuis le début de la guerre.

«L’intuition du président (Macron) est que le pire est à venir compte tenu de ce que lui a dit le président Poutine», selon l’Elysée. «L’ambition russe est de prendre toute l’Ukraine. Les buts de guerre de Vladimir Poutine n’ont pas changé», a précisé cette même source.

Econews avec Bfmtv.fr