Les autorités municipales de Kinshasa semblent à court d’idées pour résoudre le problème chronique des embouteillages, qui paralyse la capitale congolaise au quotidien. Après l’échec d’une précédente mesure de circulation alternée (plaques paires et impaires), le ministre provincial des Transports tente une nouvelle approche : interdire la circulation des camions lourds et des véhicules de distribution de boissons en journée.
Dès ce mercredi 21 mai 2025, les poids lourds et camions de livraison de boissons ne pourront circuler qu’entre 22h et 5h du matin. Objectif affiché : désengorger les artères principales aux heures de pointe. Mais le communiqué officiel reste silencieux sur les mesures d’accompagnement, comme les itinéraires de déviation ou les contrôles pour faire respecter cette décision.
Cette absence de précisions laisse penser que les autorités improvisent, alors que la situation devient ingérable. Les Kinois, déjà excédés par des trajets interminables, s’interrogent sur l’efficacité d’une telle mesure, prise sans concertation avec les transporteurs ni plan global de mobilité.
Depuis des années, la croissance anarchique du parc automobile, l’état délabré des routes et le manque de transports en commun dignes de ce nom ont transformé chaque déplacement en parcours du combattant. Les précédentes tentatives de régulation, comme les interdictions de circulation pour les vieux véhicules ou les motos-taxis, ont échoué, faute d’alternatives viables.
Pire, certaines décisions, comme la restriction des camions de marchandises la nuit, pourraient aggraver les difficultés des entreprises, obligées de réorganiser leurs chaînes logistiques dans l’urgence. Les livreurs et transporteurs, déjà confrontés à l’insécurité et aux mauvaises routes, dénoncent une mesure prise sans consultation.
Alors que Kinshasa continue de s’étendre, les embouteillages ne sont plus seulement une question de confort, mais un frein économique majeur. Les experts réclament depuis longtemps un plan global de mobilité urbaine, incluant la réhabilitation des routes, le développement des transports en commun et une meilleure régulation du trafic.
Mais pour l’instant, l’Hôtel de Ville semble se contenter de mesures ponctuelles et peu réfléchies, alimentant le scepticisme des habitants. Sans une véritable stratégie, Kinshasa risque de rester prisonnière de ses propres rues, au grand dam de ses millions d’habitants.

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