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IGF : Bitasimwa officialise le virage du contrôle systémique et de la digitalisation pour une « intelligence financière souveraine »

Nommé le 7 mai par ordonnance présidentielle et entré en fonction le 15 mai 2025, le nouveau patron de l’Inspection générale des finances (IGF), Christophe Bitasimwan Bahii, a livré, mercredi 20 mai, son premier grand oral devant la presse. Sans dresser de bilan à mi-parcours, il a plaidé pour une rupture méthodologique assumée : dépasser le modèle de la « patrouille financière » hérité de l’ère Jules Alingete au profit d’un contrôle systémique, adossé à la digitalisation. Objectif affiché – faire de l’IGF une institution d’intelligence financière au service de la transformation de l’État.

Devant les journalistes, Christophe Bitasimwa a reconnu les succès de la patrouille financière, mais pointé ses « limites structurelles et opérationnelles ». Selon lui, le contrôle a posteriori et réactif ne suffit plus face à la complexité des circuits de la dépense et de la recette publiques. La réponse proposée est un contrôle systémique, intégré dès la conception des processus, qui s’attaque aux causes profondes des dysfonctionnements plutôt qu’à leurs seuls symptômes.

Nouveau virage

À peine installé à la tête de l’Inspection générale des finances, Christophe Bitasimwa imprime déjà sa marque. Nommé par ordonnance présidentielle le 7 mai 2025 et entré officiellement en fonctions le 15 mai, le nouveau chef de l’IGF a choisi son premier face-à-face avec la presse, mercredi 20 mai, pour annoncer un tournant stratégique majeur : le passage d’une logique de « patrouille financière » à un contrôle systémique fondé sur la digitalisation des méthodes de contrôle public.

L’annonce n’est pas anodine. Elle marque une rupture dans la manière de concevoir la surveillance des finances publiques en République démocratique du Congo. Pendant plusieurs années, sous l’impulsion de Jules Alingete, l’IGF s’était illustrée par des opérations de contrôle spectaculaires, souvent menées dans l’urgence, afin de traquer les détournements et imposer une discipline budgétaire dans les administrations publiques. Une méthode qui avait valu à l’institution une forte visibilité dans l’opinion.

Mais pour Christophe Bitasimwa, cette approche, aussi efficace soit-elle à court terme, ne suffit plus à elle seule à transformer durablement la gouvernance financière de l’État.

Dépasser la logique punitive

Le nouveau patron de l’IGF reconnaît sans détour les résultats obtenus par la patrouille financière. Toutefois, il estime que cette stratégie a révélé ses propres limites structurelles et opérationnelles. « Si la patrouille a été un succès, le diagnostic a révélé des limites structurelles et opérationnelles », a-t-il expliqué devant les journalistes.

Derrière cette déclaration se cache une lecture beaucoup plus profonde des dysfonctionnements de l’administration publique congolaise. En réalité, la patrouille financière permettait souvent d’intervenir après les irrégularités, une fois les fonds déjà compromis ou les mécanismes de fraude déjà installés. Le contrôle systémique, lui, vise à agir en amont, directement sur les mécanismes qui rendent possibles les dérives.

L’objectif n’est donc plus uniquement de sanctionner les auteurs des malversations, mais de bâtir un système capable de prévenir automatiquement les irrégularités grâce à l’interconnexion des données, à la traçabilité numérique et à l’automatisation des contrôles.

La digitalisation comme colonne vertébrale de la réforme

Le cœur de cette nouvelle vision repose sur la digitalisation des méthodes de travail de l’IGF. Christophe Bitasimwa veut transformer l’institution en véritable centre d’intelligence financière publique. « Par la digitalisation de ses méthodes, faire de l’IGF une institution d’intelligence pour transformer l’intelligence financière de notre pays », ambitionne-t-il.

Concrètement, cette réforme prévoit la mise en place d’un vaste parc informatique reliant l’IGF aux différents services partenaires de l’État. Cette interconnexion permettra un accès rapide aux données financières, aux chaînes de dépenses publiques, aux mouvements de trésorerie et aux procédures administratives.

Dans une administration où l’opacité, la fragmentation des données et les lourdeurs bureaucratiques favorisent souvent la corruption, la digitalisation apparaît comme un levier stratégique majeur. Elle permettra notamment : d’améliorer la traçabilité des dépenses publiques ; de détecter rapidement les anomalies financières ; de limiter les interventions humaines propices à la corruption ; de renforcer la transparence dans l’exécution budgétaire ; d’installer un système d’alerte précoce contre les détournements.

À travers cette mutation, l’IGF cherche à passer d’une institution de réaction à une institution d’anticipation.

Une réforme à 39 millions USD assumée au nom de la souveraineté

Le chantier est colossal. Son coût est estimé à 39 millions de dollars américains pour la période 2026-2028. Une enveloppe destinée notamment aux infrastructures numériques, aux équipements informatiques et à l’intégration des services partenaires.

Mais au-delà des chiffres, Christophe Bitasimwa inscrit cette réforme dans une logique de souveraineté nationale. « Notre souhait est que l’IGF et l’État congolais prennent en charge cette réforme. C’est une question de souveraineté », insiste-t-il.

Cette précision est loin d’être anodine dans un contexte africain où plusieurs réformes numériques stratégiques dépendent encore largement des financements et expertises extérieurs. En revendiquant une prise en charge nationale, le patron de l’IGF veut manifestement éviter que le contrôle des données financières sensibles de l’État ne soit indirectement externalisé.

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Une IGF moins médiatique mais toujours active

Depuis son arrivée, certains observateurs reprochent à Christophe Bitasimwa une communication moins offensive que celle de son prédécesseur. Là encore, le nouveau chef de l’IGF assume pleinement son style. « Contrairement à ce qui se dit dans le grand public, l’IGF n’est pas aphone. Elle est toujours debout, mais a opté pour une communication modérée », a-t-il répondu.

Ce changement de ton traduit probablement une volonté de repositionner l’institution sur un registre davantage technique qu’événementiel. Car derrière les coups d’éclat médiatiques de la patrouille financière se posait aussi la question de la pérennité des résultats obtenus.

En privilégiant désormais la réforme systémique et la modernisation numérique, Christophe Bitasimwa semble vouloir inscrire l’action de l’IGF dans le temps long.

Vers une nouvelle culture de gouvernance publique

Au fond, le pari du contrôle systémique dépasse largement le seul cadre de l’IGF. Il s’agit d’une tentative de modernisation de l’État lui-même.

Dans un pays où les failles administratives ont longtemps servi de terreau aux détournements, à la fraude et aux réseaux de prédation financière, la numérisation des procédures peut constituer un tournant historique si elle est effectivement mise en œuvre avec rigueur.

Le défi reste cependant immense : infrastructures insuffisantes, résistance interne au changement, faible culture numérique dans certains services publics et risques de sabotage bureaucratique pourraient ralentir le processus.

Mais une chose paraît désormais claire : l’ère de la simple patrouille financière semble progressivement céder la place à une logique plus technologique, plus intégrée et potentiellement plus durable. Avec Christophe Bitasimwa, l’IGF veut désormais surveiller moins dans l’urgence et contrôler davantage par l’intelligence des systèmes.

Ci-dessous, le discours prononce pour la circonstance par Christophe Bitasimwa Bahii, patron de l’IGF.

Econews

« Mot de circonstance de l’Inspecteur Général des Finances–Chef de service, Christophe Bitasimwa Bahii »

Mesdames et Messieurs les professionnels des médias ;

Mesdames et Messieurs les Inspecteurs des finances, Agents et Cadres de l’Inspection Générale des Finances ;
Distingués invités ;

Mesdames et Messieurs,

Permettez-moi tout d’abord de rendre Gloire à notre Dieu, créateur de l’univers et de tout ce qu’il regorge, qui nous a renouvelé le souffle de vie ce matin, pour que nous puissions nous rencontrer ce jour. Je voudrais ensuite, exprimer ma profonde gratitude à vous tous réunis ici, pour avoir honoré notre invitation par votre présence, en sacrifiant d’innombrables autres occupations quotidiennes. Soyez donc les bienvenus dans ce beau cadre de l’Amphithéâtre Felix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, de l’Inspection Générale des Finances.

D’aucuns peuvent questionner légitimement sur la pertinence et l’opportunité de cette rencontre.

En effet, le bienfondé de cette rencontre est double, d’une part, répondre à notre devoir de redevabilité vis-à-vis de l’opinion qui ne cesse d’exprimer sa soif d’avoir des nouvelles de l’IGF, et d’autre part, de dévoiler le cap que nous fixons à ce Service, après une année d’exercice de nos fonctions.

Mesdames et Messieurs,

Ce fut un certain 07 mai 2025, qu’il avait plu à son Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat, à qui je rends mes hommages les plus déférents, de nous promouvoir à la tête de l’Inspection Générale des Finances, et s’en était suivi la cérémonie de remise et reprise qui avait eu lieu le 15 mai 2025.

Ça fait donc, jour pour jour, une année que nous avons pris la direction de ce prestigieux Service, dans un contexte marqué par des attentes particulièrement fortes en matière de gouvernance publique, de discipline budgétaire et de sécurisation des finances et biens de l’État.

A notre prise de fonction avec mon Adjoint, l’Inspecteur Général des Finances-Chef de Service Adjoint, Monsieur Emmanuel Tshibingu Nsenga, nous avons mesuré l’ampleur du double défi qui nous attendait, celui d’une part de maintenir haut l’étendard de l’IGF et d’autre part, celui de donner une nouvelle impulsion à ce Service.

Mesdames et Messieurs ;

Sans vouloir faire un bilan, qui normalement intervient en fin mandat,  je voudrais vous rassurer que depuis notre avènement, le travail de l’IGF s’est poursuivi sans désemparer et a produit des résultats palpables dont  je vous donne les grandes lignes ci-dessous.

En effet, sur le chapitre des recettes de l’Etat, l’IGF a mené des missions d’encadrement et de contrevérification qui ont globalement permis :

  • L’assainissement et la maîtrise du répertoire des assujettis qui a enregistré l’ajout d’environ 3000 assujettis fiscalisés, jadis considérés comme introuvables ou inactifs ;
  • L’accélération de la clôture des dossiers de vérification et l’augmentation de 52,9% des prises en charges correspondant à une hausse de 140 à 178 milliards CDF ;
  • L’augmentation des Avis de Mise en Recouvrement (AMR) émis et recouvrés à raison respectivement de 30% et de 26% pour des recettes de l’ordre de 432 milliards CDF ;
  • La mise en recouvrement des dividendes de 191,399 milliards CDF sur base des données obtenues de la DGE/DGI ;
  • L’établissement des 62 procès-verbaux d’infractions douanières pour un montant total de 196,522 milliards CDF et 1,939 milliard USD ;
  • Des redressements fiscaux, douaniers et des recettes non fiscales de l’ordre de 2, 294 mille milliards CDF et 5,099 milliards USD.

Au chapitre du contrôle des dépenses publiques, il y a lieu de signaler les résultats suivants :

  • La réalisation d’une économie des dépenses en faveur de l’Etat de l’ordre de 690,848 millions USD sur le remboursement des crédits TVA ;
  • L’audit du fichier de paie de 50 services administratifs sur 72 programmés, a permis de détecter 38.597 agents fictifs (fantômes et inconnus) et 1.007 doublons pour un impact financier de l’ordre de 15,786 milliards CDF/mois ;

Au chapitre de l’encadrement des Entreprises et des Etablissements publics, l’analyse des résultats globaux, fait ressortir des taux d’irrégularités des dépenses qui auraient pu aboutir à un détournement de fonds, sans la présence des Inspecteurs des Finances, de l’ordre de :

  • 12,38%, soit un montant de 33,403 millions USD pour les dépenses en USD ;
  • 25,6%, soit un montant de 1,582 million EUROS pour les dépenses en Euros ;
  • 72, 56%, soit un montant de 9,336 milles milliards CDF pour les dépenses en CDF.

De façon générale, les constats dans les Entreprises et Etablissements publics, traduisent une gouvernance encore fragile caractérisée par la faiblesse du contrôle interne, des outils de gestion incomplets, l’insuffisance de planification budgétaire, le non-respect des dispositions légales sur la passation des marchés publics.

Mesdames et Messieurs ;

En même temps que nous menons toutes ces actions, nous nous préoccupons également de l’avenir à long terme de l’IGF.

Après 39 ans d’existence depuis sa création en 1987 sous sa forme actuelle, nous avons résolu de faire un diagnostic approfondi des structures, du fonctionnement et des modes opératoires de l’Inspection Générale des Finances en vue d’identifier ses forces, ses faiblesses, les opportunités et les menaces que présente son environnement.

Ces dernières années, l’action de l’IGF a été marquée par la «patrouille financière», qui est un dispositif de contrôle a priori ou concomitant sur les chaînes de la dépense et de la recette ainsi que la gestion des entreprises publiques, des établissements publics, des provinces et ETD.

Cette stratégie a permis de restaurer l’autorité de la norme, d’assainir des circuits de dépenses et des recettes publiques, de faire de l’IGF un symbole national de lutte contre la corruption.

Toutefois, le diagnostic révèle des limites structurelles du modèle de la patrouille financière, notamment :

  • Lourdeur opérationnelle et exigence d’énormes ressources tant humaines que financières ;
  • Effets insuffisamment durables dès que la présence de l’IGF se retire, les malversations reprennent ;
  • Perception négative d’étouffement des gestionnaires et accusation de cogestion ;
  • Travail manuel non adapté à la complexification des flux financiers consécutive à l’évolution technologique à l’échelle mondiale avec l’explosion du numérique ;

Il ressort de ce diagnostic, la conclusion qu’il n’est plus viable, pour résoudre les problèmes structurels, de poursuivre à l’identique la stratégie centrée sur la patrouille financière qui traite ponctuellement les symptômes ou les conséquences des dysfonctionnements des systèmes de gestion publique.

Les réformes de gouvernance ne peuvent être pérennes que si l’État maîtrise les logiques systémiques qui produisent les défaillances, plutôt que de traiter ponctuellement les symptômes.

Bien plus, rien ne condamne la République Démocratique du Congo de demeurer toujours en retard face à l’évolution rapide des modes de gestion utilisant massivement les technologies du numérique et rendant inopérants et inefficaces les modes de contrôle traditionnel manuel usant des méthodes policières là où le contrôlé utilise l’intelligence artificielle.

D’où, la nécessité d’adopter un nouveau paradigme basé sur un contrôle systémique et intelligent, fondé sur la maîtrise de la donnée, la traçabilité et l’analyse intégrée de tous les circuits financiers (économiques, fiscaux, douaniers, budgétaires, parafiscaux, bancaires etc.).

Mesdames et Messieurs ;

Le contrôle systémique est un contrôle permanent, à temps réel, interconnecté et analytique, centré sur la traçabilité, la cohérence et la performance des systèmes de gestion publique.

De par ses caractéristiques, il est :

  • Préventif : permet de détecter les défaillances avant les pertes (fraude, évasion, gaspillages).
  • Numérique : s’appuie sur l’interconnexion des systèmes d’information (fiscaux, douaniers, paie, marchés publics, etc.).
  • Analytique : croise et traite des données sur les flux financiers pour repérer les incohérences, établir des cartographies des risques ;
  • Structurant : renforce la gouvernance, uniformise les procédures, corrige les failles systémiques.
  • Évolutif : ajuster en continu les méthodes de contrôle aux évolutions technologiques et institutionnelles.

La vision qui découle de ce nouveau paradigme est d’ériger l’GF en institution d’intelligence et d’intervention, au service de la transformation de la gouvernance financière de l’État.

Cette vision est pertinente dans la mesure où elle :

  • Transforme l’IGF en centre névralgique de régulation financière, capable d’anticiper les risques,
  • S’attaque à la cause systémique des dysfonctionnements plutôt qu’aux seuls effets,
  • Traduit la lutte contre la corruption en dispositifs durables de contrôle interne, de traçabilité et de pilotage par les données ;
  • Donne une finalité au travail de l’IGF qui transcende la routine administrative traditionnelle pour se projeter dans des horizons futuristes ;
  • S’inscrit dans la vision du Président de la République, Chef de l’État et le Plan Numérique national.

Ainsi, pour formaliser cette nouvelle vision un Plan stratégique triennal (2026-2028) a été élaboré et décliné en six axes suivants :

1° la transformation digitale et la maîtrise de l’information ;

2° la transition vers un contrôle systémique basé sur le risque ;

3° la protection et la valorisation du patrimoine public ;

4° le renforcement de la gouvernance économique et financière ;

5° l’amélioration de la qualité de la dépense publique ;

6° le renforcement institutionnel de l’IGF notamment par sa déconcentration.

Mesdames et Messieurs

La mise en œuvre de la nouvelle vision de l’IGF requiert un engagement des Inspecteurs des Finances, des cadres et agents ainsi que des partenaires de l’Inspection Générale des Finances.

Pour ce faire, nous avons opté pour la promotion de quatre valeurs socles coulées dans une Charte éthique et déontologique, à savoir : intégrité, professionnalisme, excellence et redevabilité.

  • Intégrité : résistance aux pressions politiques et économiques, refus de tout avantage indu, cohérence entre discours anticorruption et pratiques internes ; condition de la légitimité de l’IGF dans un contexte de forte exposition médiatique.
  • Professionnalisme : maîtrise des normes, capacité à comprendre des systèmes complexes (chaîne de dépense, régies, SI), produire des analyses juridiquement sécurisées, dialoguer avec les contrôlés sans complaisance ni brutalité.
  • Excellence : hausse du niveau technique, usage d’outils avancés (data analytics, audit des SI), adoption de bonnes pratiques internationales d’audit.
  • Redevabilité : l’IGF s’applique à elle‑même l’exigence de rendre compte, via un cadre de performance, des rapports d’activités et des tableaux de bord de suivi.

Un ensemble d’actions accompagne ces valeurs : nous avons élaboré des guides sectoriels de contrôle en vue de l’uniformisation des méthodes de travail, un plan de renforcement des capacités et de mise à niveau pluriannuel, un plan de vulgarisation et de sensibilisation, un programme de renforcement de la supervision pour un travail en équipes pluridisciplinaires, etc.

En plus, nous avons défini le chronogramme d’exécution des actions prévues dans les différents axes énumérés ci-dessus :

  • Au cours de l’année 2026, il est prévu la mise en place des organes de gouvernance du plan stratégique, la dématérialisation du travail administratif, la conception et l’acquisition de l’infrastructure numérique, l’identification et la cartographie des plateformes sources des données, début de la connexion à ces plateformes ;
  • Au cours de l’année 2027, il est prévu la poursuite de la connexion aux plateformes-sources des données et le début du contrôle systémique pilote ;
  • Au cours de l’année 2028, il est prévu la consolidation de l’infrastructure numérique, l’extension du contrôle systémique au fur et à mesure de la digitalisation des systèmes de gestion publique.

Le coût global de cette transformation est estimé à 39 millions de dollars américains, soit une moyenne annuelle de 13 millions USD.

À ce stade, les financements prévisibles couvrent 22 millions USD, représentant 56 % des besoins identifiés, laissant un besoin de financement complémentaire de 17 millions USD.

Mais ce coût doit être apprécié à l’aune des économies déjà générées par les mécanismes de contrôle. Car chaque fraude évitée, chaque dépense irrégulière rejetée et chaque recette sécurisée renforcent directement la capacité de l’État à financer ses priorités stratégiques.

Mesdames et Messieurs,

Avant de terminer, permettez-moi de rappeler deux choses :

1° La crédibilité d’un État ne se mesure pas uniquement à ses ambitions politiques.
Elle se mesure surtout à sa capacité de protéger les ressources publiques, de sanctionner les dérives et d’imposer une culture de responsabilité.

2° Aucun pays ne peut durablement se développer dans le désordre financier.
Aucune économie ne peut prospérer dans l’impunité budgétaire.
Aucune administration ne peut gagner la confiance du peuple sans discipline, sans traçabilité et sans reddition des comptes.

L’Inspection Générale des Finances poursuivra donc, avec fermeté, méthode et responsabilité, sa mission de protection des finances et biens publics au service exclusif de la République.

Enfin, je voudrais, à cet instant, rendre un vibrant hommage à Son Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’État, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, pour sa volonté constante de promouvoir la transparence, la bonne gouvernance et la moralisation de la gestion publique.

Mesdames et Messieurs, je vous dis merci pour votre aimable attention

Kinshasa, le 20 mai 2026

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