Le crachat puant de Museveni

La situation d’instabilité de la partie Est de la République Démocratique du Congo cache bien des choses. Tout est parti de la guerre, dite de libération, menée par les troupes de l’AFDL (Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo), appuyées par une coalition formée par l’Ouganda, le Rwanda et le Burundi. Depuis la chute de Mobutu en mai 1997, l’Est de la RDC est devenue presqu’un no man’s land où pullulent divers groupes et milices armées.

Si le Burundi n’est pas trop visible dans l’Est, ce n’est pas le cas pour l’Ouganda et le Rwanda qui ont trouvé, dans la situation précaire de cette partie de la RDC, une aubaine pour entretenir l’économie de la guerre.

Avec la résurgence du groupe terroriste M23, Kinshasa s’est une fois tourné vers l’un de ses bourreaux, en l’occurrence Kampala.

Le président ougandais Yoweri Kaguta Museveni a craché sur le peuple congolais. En des termes peu courtois, Museveni a parlé avec légèreté de la guerre que Kampala et Kigali  imposent à la République démocratique du Congo.

D’abord, Museveni impose le ridicule à la délégation congolaise. L’audience d’une telle importance sécuritaire, parce que pouvant embraser durablement la région des Grands Lacs, est filmée et partagée dans les réseaux sociaux. On y voit le ministre congolais des Travaux publics supplier pratiquement le maître des lieux, porteur de la clé pour résoudre l’énigme de la résurgence surprise du M23, doté d’armes capables de faire peur aux Nations unies. 

Les Casques bleus ne font plus décoller leurs hélicoptères. Ils ont désormais peur d’ailleurs d’aller au contact du M23 qui est considéré comme une armée conventionnelle.

Aussi curieux que cela puisse paraître, plus personne ne parle des Casques bleus tués par ces armes sophistiquées du M23. Personne ne se pose encore la question de savoir comment cette rébellion a pu acquérir ces types d’armes alors que le pays est sous étroite surveillance de l’ONU.

Museveni a craché de manière désinvolte sur la peine ressentie par les Congolais. Il a ajouté l’injure à l’humiliation que les Congolais subissent. Porteur des revendications du M23, dont les troupes viennent en majorité de l’Ouganda où ils étaient cantonnés, Museveni a invité  les Congolais avec arrogance, à prendre acte de leur faiblesse sur le terrain militaire.

Bunagana ne sera pas libéré par le M23. Il faut simplement garder les positions actuelles et permettre l’interposition des troupes kenyannes. Puis le comble : il faut dialoguer avec le M23 déclaré pourtant force terroriste par les autorités congolaises.

Malheureusement, ce pyromane de Bunagana est sapeur-pompier dans les régions de Beni et de l’Ituri. L’humiliation a atteint des sommets insoupçonnés.

Econews