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Le navire USN tangue

Alors que la République Démocratique du Congo tente de naviguer sur des eaux intérieures et extérieures particulièrement agitées, son navire amiral, l’Union Sacrée de la Nation (USN), donne des signes inquiétants de fissure. Le constat est sans appel : la majorité présidentielle, engluée dans ses contradictions internes, peine à incarner l’unité et la détermination que le moment exige.

La formation du Gouvernement Suminwa II, loin d’avoir apaisé les esprits, a au contraire ravivé les vieux démons des luttes factionnelles et des ambitions personnelles.

Le congrès tant attendu de l’USN, présenté comme le remède miracle à tous les maux, tarde à s’organiser, laissant le champ libre aux rancœurs et aux manœuvres souterraines.

On assiste moins à une coalition gouvernante qu’à une cohabitation forcée de tendances qui se toisent plus qu’elles ne se concertent.

Cette paralysie interne serait déjà préoccupante en temps normal. Elle devient critique à l’heure où le pays engage des processus de paix délicats sur plusieurs fronts internationaux.

Le sujet est d’une importance stratégique vitale : l’avenir sécuritaire de l’Est du pays et, par extension, la stabilité de toute la région.

Pourtant, sur ce dossier majeur, les ténors de l’USN n’émettent décidément pas sur la même longueur d’ondes.

Cette cacophonie est plus qu’un simple signe de dysfonctionnement; c’est un grave message d’instabilité envoyé aux partenaires internationaux à Washington et à Doha. Comment les médiateurs peuvent-ils prendre au sérieux un Gouvernement dont la majorité soutenante affiche publiquement ses dissensions ? Comment négocier sereinement lorsque l’arriè-regarde est en pleine confusion ?

Le peuple congolais, lui, attend des actes. Il attend une classe politique unie face à l’urgence sécuritaire et économique.

Au lieu de cela, il est témoin de querelles byzantines et de calculs politiciens qui semblent ignorer la gravité de la situation.

Il est grand temps que l’USN se ressaisisse. Le pays a besoin d’une majorité cohérente, disciplinée et tournée vers l’intérêt général. La tenue immédiate de son congrès n’est plus une option, mais une nécessité absolue pour clarifier sa ligne, resserrer ses rangs et retrouver un cap commun.

Le navire amiral ne peut se permettre de prendre l’eau alors que la tempête gronde.

L’unité n’est pas une simple option politique; c’est un impératif national.

Econews