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Loi référendaire validée par les deux chambres : Premier test réussi, cap vers le changement de la Constitution

L’adoption définitive de la loi référendaire par le Parlement marque un tournant décisif vers la révision ou changement de la Constitution de 2006 – c’est selon – ouvrant la voie à une zone de fortes turbulences politiques en République Démocratique du Congo. Alors que le pouvoir accélère sa marche forcée, l’opposition s’organise pour investir la rue, laissant présager une période de vives tensions dans la perspective des élections générales de 2028, de plus en plus incertaines.

La scène politique de la République Démocratique du Congo est entrée cette semaine dans une phase de turbulences accrues. L’adoption définitive, lundi, de la loi portant organisation du référendum par les deux chambres du Parlement a été perçue par la majorité au pouvoir comme un « premier test réussi » vers un éventuel changement de la Constitution, tandis que l’opposition y voit une menace existentielle pour l’ordre constitutionnel et l’avenir démocratique du pays, préfigurant des mois agités dans la perspective des élections générales de 2028.

Ce vote, salué dans le camp de l’Union sacrée de la nation (USN) comme une avancée majeure vers la souveraineté populaire, a en effet ravivé les tensions entre le pouvoir et une opposition, désormais unie contre ce qu’elle qualifie de « dérive autoritaire ». La loi, qui doit encore être promulguée par le Chef de l’État, est vue par les détracteurs comme la première pierre d’un édifice visant à permettre un renouvellement tacite du mandat de Félix Tshisekedi, une perspective qui cristallise l’opposition.

La bataille du Parlement à la rue

Le président du parti au pouvoir, Augustin Kabuya, a vivement réagi aux critiques, dénonçant les «coups de théâtre » de l’opposition et rejetant les accusations de répression lors du sit-in du 12 juin, qu’il a attribuées à une tentative de déstabilisation du Palais du Peuple. Le camp présidentiel affirme que la contestation était orchestrée avec des éléments violents, une version que l’opposition dément fermement.

En réponse à ce qu’elle considère comme un passage en force, la coalition de l’opposition Article 64 (C64), qui regroupe des figures majeures comme Martin Fayulu, Jean-Marc Kabund et Delly Sessanga, a franchi un nouveau palier dans la contestation. Après le succès relatif de la « ville morte » du 3 juin et la dispersion de son sit-in du 12 juin, la C64 a annoncé mardi l’organisation d’une marche de protestation d’envergure nationale le 8 juillet prochain.

Cette marche, dont le point de convergence à Kinshasa sera le Palais de la Nation, siège de la Présidence de la République, ne se limite plus à une simple protestation contre la loi référendaire. L’objectif affiché est désormais sans équivoque : pousser le Président Félix Tshisekedi à renoncer à son projet de changement de la Constitution. Les leaders de la coalition l’accusent de « trahison », de « rébellion contre la Constitution » et de vouloir « balkaniser » le pays, des allégations rejetées par le pouvoir.

Une période d’incertitude pour 2028

Le passage de la contestation du Parlement à la rue marque un tournant décisif. «La bataille quitte le Palais du peuple pour se transporter dans la rue », confirme un observateur indépendant, soulignant que la confrontation directe entre les partisans d’un statu quo constitutionnel et les partisans d’une réforme est désormais inévitable.

Pour les analystes, cette escalade verbale et cette planification de manifestations massives laissent présager une période politique particulièrement agitée.

Contacté par notre rédaction, un politologue estime que « le pouvoir a peut-être sous-estimé la capacité de l’opposition à se constituer en un bloc solide, ce qui l’oblige à revoir sa stratégie ». L’opposition, galvanisée par la perspective de la présidentielle de 2028, semble déterminée à faire de la défense de la Constitution de 2006 son cheval de bataille principal.

La marche du 8 juillet s’annonce ainsi comme un test crucial de la capacité de mobilisation de l’opposition et de la fermeté du pouvoir. Dans un climat déjà marqué par les défis sécuritaires à l’Est et les difficultés économiques, cette nouvelle crise politique ajoute une couche d’incertitude sur l’avenir du pays.

Alors que la majorité avance « advienne que pourra », l’opposition jure de ne pas laisser passer ces « manœuvres », promettant que le pays « restera un et indivisible ». Les prochains mois s’annoncent comme un véritable bras de fer, plongeant la RDC dans une zone de fortes turbulences.

Econews

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