Après sa libéralisation de 2014, le marché des assurances en République Démocratique du Congo affiche une santé robuste. Lors d’une présentation chiffrée, samedi au Pullman Grand Hôtel Kinshasa, le Directeur général de l’Autorité de régulation et de contrôle des assurances (ARCA), Alain Kaninda Ngalula, a dévoilé une croissance cumulative de +314% depuis 2015, portée par des performances annuelles à deux chiffres. Si le segment « non-vie » progresse régulièrement, c’est l’« assurance vie » qui connaît une envolée spectaculaire, avec des croissances supérieures à 65% ces trois dernières années. Cette expansion, synonyme d’une contribution fiscale multipliée par plus de 100 depuis 2018, cache cependant un défi de taille : une activité encore concentrée à près de 90% dans la capitale, Kinshasa, laissant le potentiel des provinces largement inexploité. Quoi que confiant, Alain Kaninda estime qu’il y a encore du chemin à parcourir pour capitaliser le potentiel du marché congolais des assurances.
Onze ans après l’ouverture à la concurrence, le secteur des assurances en RDC confirme sa montée en puissance. Ce samedi 27 décembre 2025, au Pullman Grand Hôtel de Kinshasa, le directeur général de l’Autorité de régulation et de contrôle des assurances (ARCA), Alain Kaninda Ngalula, a présenté un tableau chiffré particulièrement éloquent de l’évolution du marché entre 2023 et 2024.
Selon les données officielles de l’ARCA, le secteur affiche une croissance cumulée de +314 % depuis 2015, année marquant l’entrée en vigueur effective de la libéralisation. Une dynamique qui positionne désormais les assurances comme un levier crédible de mobilisation des recettes publiques et de financement de l’économie nationale.
Un marché à fort potentiel budgétaire
Au regard de cette trajectoire ascendante, l’ARCA estime que le marché congolais des assurances pourrait générer entre 1 et 5 milliards de dollars américains d’ici 2030, faisant du secteur un pilier potentiel de l’élargissement de l’assiette budgétaire de l’État.
Les chiffres confirment cette tendance. En assurance non-vie, la croissance a atteint 10 % en 2023 puis 13 % en 2024, tandis que l’assurance vie connaît une expansion spectaculaire avec +74 % en 2022, +67 % en 2023 et +67 % en 2024.
Pour Alain Kaninda, ces performances traduisent un véritable changement d’échelle d’un secteur longtemps resté marginal. La taille du marché est ainsi passée de 66 millions USD en 2018 à près de 377 millions USD en 2024, soit une multiplication par plus de cinq en six ans. Dans le même temps, la contribution fiscale du secteur a été multipliée par plus de cent depuis 2018.
Une croissance encore trop concentrée
Malgré ces avancées, un défi structurel demeure : la forte concentration géographique du marché. Kinshasa capte à elle seule près de 90 % des recettes, loin devant le Haut-Katanga et le Lualaba, tandis que la contribution des autres provinces reste marginale. Une réalité qui pose la question de l’inclusion assurantielle à l’échelle nationale.
Dans le segment non-vie, la progression régulière observée en 2023 et 2024 confirme l’entrée du secteur dans une phase de maturité relative. La répartition du marché place RawSur en tête avec 35 % des parts, devant SFA (22 %) et Sonas (18 %), le quart restant se partageant entre les autres opérateurs.

Assurance vie : la transformation la plus spectaculaire
C’est toutefois du côté de l’assurance vie que la mutation est la plus frappante. La croissance soutenue repositionne ce segment comme un instrument financier central. RawSur Life domine largement avec 62 % des parts de marché, suivie d’Activa Vie (26 %) et d’Afrissur (12 %).
Là encore, la concentration géographique est marquée : Kinshasa concentre 90% des primes vie, loin devant le Nord-Kivu (3 %) et le Haut-Katanga (2 %).
Sinistres et placements : une montée en puissance maîtrisée
La croissance du secteur s’accompagne logiquement d’une hausse des charges de sinistres. En non-vie, celles-ci ont progressé de 36 % en 2022, 23 % en 2023 et 11 % en 2024. En assurance vie, la hausse est encore plus marquée, dépassant les 100 % en 2022 et 2023, avant de ralentir à 72 % en 2024, signe d’un portefeuille en pleine expansion.
Côté placements, les assureurs congolais privilégient une approche prudente. En 2024, les placements bancaires représentent 72 % des actifs en non-vie et 76 % en vie, contre une part encore limitée investie en valeurs d’État. Les volumes de placements ont néanmoins progressé de 23 % en non-vie et de 36 % en vie, illustrant le renforcement de la capacité financière du secteur.
Un secteur désormais stratégique
En définitive, le marché des assurances en RDC s’impose comme l’un des secteurs économiques les plus dynamiques du pays. Avec des recettes fiscales en hausse de plus de 10.000 % depuis 2018, il est désormais appelé à rejoindre le cercle des grandes régies contributrices au budget de l’État.
À l’échelle continentale, le secteur reste encore dominé par l’Afrique du Sud et le Maroc. Mais au vu des tendances actuelles, la RDC semble engagée sur une trajectoire qui pourrait, à moyen terme, rebattre les cartes du marché africain des assurances.
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