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Marché financier et Bourse de Kinshasa : la RDC se dote enfin d’un levier financier moderne

Jeudi 11 juin, sous les voûtes solennelles du Sénat congolais, l’histoire économique de la République Démocratique du Congo a changé de cap. Le Ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, a présenté, avec une détermination qui n’a échappé à aucun observateur, le projet de loi relatif aux marchés financiers et à la création de la Bourse de Kinshasa. Après 55 longues années d’attente, le pays s’apprête à entrer dans le cercle, jusqu’ici restreint, des nations dotées d’un marché financier structuré et moderne.

Ce texte, bien plus qu’un simple document législatif, est la traduction concrète de la vision du Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo : faire de la RDC non plus une simple victime des fluctuations des matières premières, mais un acteur souverain de la finance productive. Et le gouvernement, par la voix de son ministre des Finances, a choisi l’offensive.

«Nous ne créons pas une bourse pour copier les autres. Nous la créons pour que les capitaux congolais financent les entreprises congolaises». C’est en substance la ligne rouge portée par Doudou Fwamba devant les sénateurs. Le projet de loi prévoit l’organisation complète du marché boursier, la régulation des actions, obligations et contrats financiers, mais surtout – et c’est la nouveauté stratégique – la création d’une Autorité des marchés boursiers indépendante, chargée de garantir la transparence, la crédibilité et la sécurité des opérations.

Autrement dit : fini l’improvisation. Fini les circuits opaques où les gros prédateurs étrangers dictaient leur loi. La Bourse de Kinshasa sera un sanctuaire de règles claires.

Un signal fort aux investisseurs : la RDC choisit la crédibilité

En déclarant ce projet de loi recevable à l’unanimité, les sénateurs ont envoyé un message double : d’abord, une cohésion politique rare sur un sujet aussi technique ; ensuite, une invitation pressante aux investisseurs institutionnels africains et internationaux. La RDC ne demande plus seulement des aides au développement. Elle offre désormais un cadre pour lever des capitaux, émettre des obligations d’État, et valoriser ses champions nationaux.

Pour Doudou Fwamba, l’enjeu dépasse la finance : «C’est une question de transformation économique. Sans marché financier, nos entreprises resteront dépendantes des taux usuraires des banques commerciales. Avec la Bourse de Kinshasa, elles pourront grandir, embaucher, exporter».

Le gouvernement, sous l’impulsion du ministère des Finances, a déjà engagé des réformes parallèles : digitalisation des procédures fiscales, modernisation de la gestion de la dette, et désormais, architecture financière moderne. Ce n’est pas une déclaration d’intention. C’est une trajectoire législative validée par la représentation nationale.

La phase la plus délicate reste la mise en œuvre technique, la formation des acteurs locaux, et la lutte contre les réticences de ceux qui profitent de l’opacité actuelle. Mais le message du gouvernement est limpide : l’économie de la prédation recule; celle de la transparence avance.

À 55 ans, la Bourse de Kinshasa naît tardive, mais non immature. Elle porte avec elle l’ambition d’un État qui refuse désormais de financer son développement par l’endettement aveugle ou l’informel. Le ministre Doudou Fwamba n’a pas seulement présenté une loi : il a posé la première pierre d’un Kinshasa Financial Center.

Le Sénat a dit oui. Les opérateurs économiques attendent. Et le gouvernement, lui, ne lâchera rien. Parce que créer un marché financier moderne, en RDC, ce n’est pas une option technique : c’est une question de volonté politique. Et cette volonté, aujourd’hui, a un nom : Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi.

Francis N.

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