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Panorama des pays qui contrôlent la production mondiale de cuivre

Avec la croissance attendue de la demande portée par la transition énergétique et l’intelligence artificielle, l’accès au cuivre devient un enjeu stratégique. Selon l’AIE (Agence internationale de l’énergie), un déficit d’approvisionnement pourrait atteindre 30 % à l’horizon 2035.

Réseaux électriques, centres de données, véhicules électriques, éoliennes, panneaux solaires ou encore équipements électroniques… Tous ces secteurs ont, à des degrés divers, recours au cuivre. Placé au cœur des dynamiques d’électrification à l’échelle mondiale, le métal rouge confère également un poids stratégique croissant aux quelques pays qui concentrent l’essentiel de son offre.

De la RDC à la Chine, des pôles établis…

D’après les données de l’U.S. Geological Survey (USGS), la production mondiale de cuivre primaire s’est établie à 23 millions de tonnes en 2025. Le Chili, la République démocratique du Congo, le Pérou, la Chine et la Russie occupent respectivement les cinq premières places du classement mondial. Ensemble, ils ont fourni 14,3 millions de tonnes de cuivre, soit environ 62 % de l’offre mondiale. Les États-Unis, la Zambie, l’Australie et l’Indonésie figurent notamment parmi les autres producteurs de premier plan.

Cette concentration apparaît encore plus marquée lorsqu’on s’intéresse au cuivre raffiné, la forme généralement utilisée par l’industrie. Obtenu à partir du cuivre primaire grâce à des opérations de fusion et de raffinage, il est le plus souvent commercialisé sous forme de cathodes. Dans ce segment, la Chine domine largement le marché, avec une production d’environ 14 millions de tonnes de cuivre raffiné l’an dernier, sur un total mondial de 29 millions de tonnes. Cette position illustre la place centrale qu’elle occupe dans la chaîne de valeur mondiale du cuivre.

Bien que seulement quatrième producteur mondial, le géant asiatique dispose des plus importantes capacités de raffinage et importe massivement du cuivre non raffiné pour alimenter son industrie. Selon la CNUCED, la Chine importe en moyenne 60 % du minerai de cuivre produit à l’échelle mondiale. La RDC se distingue aussi parmi les grands producteurs miniers grâce à un appareil de transformation relativement développé. Avec une production estimée à 2,8 millions de tonnes de cuivre raffiné, le pays occupe le deuxième rang mondial. Le Chili et le Japon complètent ce groupe de tête.

Un facteur de risque à considérer

Au-delà des enjeux de leadership industriel, cette concentration de l’offre mondiale soulève également des questions de sécurité d’approvisionnement. Les perturbations opérationnelles, les restrictions commerciales ou encore les défis propres à chaque grand bassin de production peuvent affecter une part significative des flux mondiaux de cuivre.

Les prévisions publiées en avril par l’International Copper Study Group (ICSG) illustrent déjà ses potentielles tensions. D’un taux initial de 2,3 %, l’organisation a en effet revu à la baisse sa cible de croissance de la production mondiale autour de 1,6 % en 2026. Elle explique cette révision par les ajustements à la baisse faits concernant les prévisions de croissance en RDC et au Chili. En particulier, les mines Grasberg en Indonésie et Kamoa-Kakula en RDC, récemment affectées par des incidents opérationnels et où des volumes plus faibles sont annoncés par leurs opérateurs, sont mises en évidence.

Des épisodes qui relancent ainsi la piste d’une diversification accrue des sources d’approvisionnement. Un enjeu d’autant plus important que les besoins en cuivre devraient continuer à progresser sous l’effet de la transition énergétique et de l’essor de l’IA. Dans ce contexte, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) estime que le déficit d’approvisionnement pourrait atteindre 30 % d’ici 2035. L’Afrique apparaît déjà comme l’une des régions susceptibles d’apporter de nouveaux volumes au marché. Entre les ambitions de croissance de la Zambie et les projets attendus en Angola ou en Namibie, le continent pourrait renforcer son rôle dans l’équilibre futur de l’offre.

D’autre part, la course engagée par les grandes puissances pour sécuriser l’accès aux minerais critiques reste un facteur à suivre de près. Si les terres rares, le lithium ou le graphite sont souvent évoqués, le cuivre devrait lui aussi conserver une place de choix au regard de son importance dans de nombreux usages industriels et des enjeux stratégiques qui l’entourent.

Avec Agence Ecofin

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