KIN

Pour cacher son incompétence et se soustraire des attaques directes du Chef de l’Etat, Daniel Bumba a trouvé un bouc émissaire, le VPM Daniel Mukoko

Épinglé publiquement par le Chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi, pour son incompétence dans la gestion de Kinshasa, le Gouverneur Daniel Bumba Lubaki tente une manœuvre de diversion inattendue. Pour se soustraire aux graves remontrances, il a choisi un bouc émissaire de taille : le Vice-Premier Ministre en charge de l’Économie nationale, son homonyme Daniel Mukoko Samba. Accusant le VPM d’avoir perturbé son plan de réhabilitation des routes par la levée de l’interdiction de circulation des poids lourds, Daniel Bumba opte pour une ligne de défense jugée incohérente et risible. Une stratégie qui fait s’interroger sur la capacité du Gouverneur à assumer seul ses échecs, alors que la population kinoise attend des solutions concrètes face aux limites de la gouvernance actuelle.

Le 8 décembre 2025, lors de son discours sur l’état de la nation devant le Parlement réuni en congrès, le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi n’a pas ménagé la gouvernance de la ville-province de Kinshasa. Les remontrances, retransmises en direct sur la télévision nationale, ont visé directement le Gouverneur Daniel Bumba, pointant les faiblesses de la gestion urbaine : insalubrité persistante, routes dégradées, anarchie administrative et retards structurels dans les réformes promises.

Cette interpellation publique a créé un véritable choc politique. Et, depuis, les réactions s’enchaînent.

Le Gouverneur Bumba change de cible

Dans les heures ayant suivi cette mise en cause présidentielle, l’équipe de communication du Gouverneur a déployé une stratégie inattendue : attribuer les difficultés de la ville… au Vice-Premier Ministre de l’Économie, Daniel Mukoko Samba.

Selon une communication, largement relayée par certains médias kinois, la décision du VPM Mukoko de lever l’interdiction de circulation des poids lourds dans la capitale aurait « compromis » le plan de réhabilitation des infrastructures routières de Kinshasa. Une explication qui intrigue autant qu’elle divise.

Plusieurs observateurs s’étonnent de l’argument avancé. Comment l’autorisation temporaire accordée aux véhicules de gros tonnage — justifiée par la nécessité de fluidifier le circuit national de distribution — aurait-elle pu bloquer un programme de réhabilitation censé être planifié, piloté et exécuté par le gouvernement provincial ?

Pour nombre d’analystes, l’explication ne tient pas. « La gestion de la ville relève avant tout du Gouverneur », rappellent des sources proches du dossier. « On ne peut faire du VPM Mukoko un bouc émissaire pour justifier les lacunes observées ».

La tentative de transférer la responsabilité de la crise urbaine n’a pas convaincu. Au contraire, elle a renforcé la perception d’un exécutif provincial en difficulté, cherchant à détourner l’attention après un rappel à l’ordre présidentiel particulièrement sévère.

Le message du Chef de l’État reste sans ambiguïté

Pour les Kinois, qui vivent quotidiennement dans une ville confrontée à l’insécurité routière, l’insalubrité et les embouteillages chroniques, le diagnostic paraît clair. Le problème, affirment-ils, ne réside pas dans un arrêté ministériel, mais dans une gouvernance locale dont les résultats peinent à se matérialiser.

Au-delà des agitations de Daniel Bumba, le signal politique envoyé par le Président Félix Tshisekedi demeure net : la capitale doit changer de gouvernance. Et les responsables en place doivent répondre, de manière transparente et cohérente, des résultats obtenus.

Les Kinois attendent des solutions, pas des querelles interinstitutionnelles.

Econews