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Pour faute de gestion à la Sokimo, la Cour des comptes inflige une amende de 84.000 USD à l’ex-DG Pistis Bononge 

La justice financière congolaise a rendu un verdict significatif dans le dossier de gestion de la Société minière de Kilo-Moto. L’ancien directeur général de cette entreprise stratégique du secteur extractif, Pistis Bononge, a été reconnu coupable de faute de gestion et condamné au paiement d’une amende de 84.000 dollars américains, équivalant en monnaie nationale.

La décision émane de la chambre de discipline budgétaire et financière de la Cour des comptes, à l’issue d’une procédure ayant examiné plusieurs manquements imputés à l’ex-dirigeant. Au centre des griefs retenus figure le non-respect des délais légaux dans la transmission des états financiers de la Sokimo pour les exercices 2022 et 2023. Une obligation, pourtant fondamentale, qui garantit la transparence, la traçabilité des dépenses publiques et le bon fonctionnement des mécanismes de contrôle.

En dépit des explications avancées par le concerné, évoquant notamment des contraintes administratives internes, les juges ont estimé que ces arguments ne sauraient justifier une telle défaillance. Cette condamnation s’inscrit ainsi dans une volonté croissante des autorités de renforcer la rigueur dans la gestion des entreprises publiques et de sanctionner toute entorse aux règles de gouvernance financière.

Une défense qui n’a pas convaincu

Lors de son audition, Pistis Bononge a tenté de justifier ces retards en invoquant des difficultés administratives internes, notamment des changements intervenus au sein de la direction financière ainsi que certaines contraintes organisationnelles ayant, selon lui, perturbé la production des états financiers. Il a également laissé entendre que ces dysfonctionnements relevaient d’un contexte de gestion complexe, marqué par des ajustements structurels au sein de l’entreprise.

Toutefois, ces arguments n’ont pas suffi à emporter la conviction des juges de la Cour des comptes. La juridiction a estimé que de telles explications, bien que révélatrices de difficultés internes, ne sauraient exonérer un mandataire public de ses obligations légales. En particulier, elle a rappelé que la responsabilité d’un directeur général implique une obligation de résultat en matière de reddition des comptes, indépendamment des contingences administratives.

Dans leur analyse, les magistrats ont insisté sur le fait que la transmission régulière et dans les délais des documents comptables constitue une exigence fondamentale de bonne gouvernance. Ce processus permet non seulement d’assurer la transparence dans la gestion des ressources publiques, mais également de garantir la traçabilité des opérations financières et la fiabilité des informations mises à la disposition des organes de contrôle.

Ils ont en outre souligné que tout retard dans la production des états financiers est susceptible de compromettre l’efficacité du contrôle budgétaire, en entravant le bon déroulement des audits et en retardant l’identification d’éventuelles irrégularités. À ce titre, le respect strict des délais n’est pas perçu comme une simple formalité administrative, mais comme une condition essentielle au bon fonctionnement du système de surveillance des finances publiques.

Si la condamnation se traduit, dans l’immédiat, par une sanction financière de 84.000 dollars américains, ses implications pourraient s’étendre bien au-delà de cet aspect pécuniaire. En effet, une telle décision de justice est susceptible d’avoir des répercussions durables sur la carrière professionnelle et la crédibilité de Pistis Bononge, notamment dans un contexte où les fonctions de direction au sein des entreprises publiques exigent désormais un niveau élevé d’intégrité, de transparence et de redevabilité.

Tighana MASIALA