Réduction du train de vie de l’Etat

La bombe Fayulu sur les «21.000 USD » des députés par mois : tous rejoignent finalement Delly Sesanga
C’est un Martin Fayulu très remonté qui s’attaque aux députés nationaux qu’il considère comme « les mieux rémunérés du monde » avec un salaire mensuel avoisinant les 21.000 USD. C’est trop, tonne le président de l’ECIDé, son parti politique. Sans surprise, les déclarations de Martin Fayulu, arrivée deuxième à la présidentielle de décembre 2018, a eu l’effet d’une bombe dans la classe politique. A l’Assemblée nationale, l’onde de choc a obligé le Collectif de députés nationaux de 26 provinces (C26) à rompre le silence par son coordonnateur, Iracan Gratien de Saint-Nicolas, qui, sans révéler le montant réel que touche un élu national, a juste rappelé que « l’émolument du député national est resté inchangé depuis 2021. Quoi qu’il en soit, les déclarations de Martin Fayulu ont l’avantage d’embrayer le combat que continue à mener Delly Sesanga, élu national de Luiza, sur la réduction du train de vie de l’Etat. Vivement un débat national sur les salaires réels que touchent tous les animateurs des institutions qui émargent au budget de l’Etat. C’est la seule manière de clore définitivement la polémique.
La révélation contenue dans un communiqué de Martin Fayulu, publié lundi, a fait l’effet d’une bombe. Selon le président du parti politique Engagement citoyen pour le développement (ECIDé), les députés nationaux percevraient depuis le mois de janvier de cette année une rémunération mensuelle de 21.000 dollars américains ! Soit, selon lui, 15 fois plus qu’un professeur d’université, 30 fois plus qu’un médecin et 200 fois plus qu’un huissier de la Fonction publique.
Pour illustration, au Maghreb, l’indemnité de base de celles et ceux qui siègent au Parlement avoisine 1.900 USD par mois. En Tunisie, cependant, il n’est que de 780 USD. En Afrique Centrale où les élus nationaux peuvent gagner jusqu’à 120 fois plus que leurs administrés, comme c’est le cas en RDC. En Afrique subsaharienne, le record est détenu par les élus nigérians qui touchent pas moins de 9,3 millions de nairas par mois, soit plus de 22.000 USD. C’est plus du double du salaire d’un député européen qui perçoit 8.995 euros. Comme de grands écarts avec d’autres salariés qui relèvent du budget de l’Etat, Fayulu considère les gros émoluments alloués aux députés nationaux comme une forme masquée de corruption à grande échelle.
Comme il fallait s’y attendre, la communication du candidat président de la République a aussitôt soulevé un tollé dans les milieux des parlementaires. Dans un pays où la rémunération du Chef de l’Etat, des députés nationaux, des sénateurs, des ministres et des mandataires publics relève du secret d’Etat, il va de soi qu’évoquer la question suscite des réactions passionnées.
A l’Assemblée nationale, le Collectif de députés nationaux de 26 provinces s’est vu dans l’obligation de rompre le silence. Dans une déclaration signée par son coordonnateur, Iracan Gratien de Saint-Nicolas, le C26 rappelle, sans toutefois révélé ce que touche réellement un député national par mois, que «l’émolument du député national est resté inchangé depuis 2021». Le C26 va plus loin, promettant de «se réunir dès la rentrée de la session de septembre pour éclairer davantage l’opinion par rapport à la réalité des faits ».

Le combat de Sesanga commence à porter ses fruits
Après le Chef de l’Etat, Félix Tshisekedi, qui a relancé, lors d’un Conseil des ministres, le débat autour de la réduction du train de vie de l’Etat, c’est au tour de son plus farouche opposant, Martin Fayulu, d’emboucher ce discours. En réalité, tous les deux rejoignent le combat qu’a toujours mené Delly Sesanga, député national, élu de Luiza.
Depuis toujours, Delly Sesanga a fait de la réduction du train de vie de l’Etat son cheval de bataille. Et, en cette législature, il multiplie des actes de bonne volonté pour légitimer son discours.
Aujourd’hui que Martin Fayulu s’indigne du traitement princier réservé aux députés nationaux dans un pays présenté comme « pauvre et très endetté », il y a lieu de soutenir la démarche de Sesanga en engageant un débat véritablement national autour de la réduction du train de vie de l’Etat.
Depuis quatre ans, Delly Sesenga a proposé le plafonnement des rémunérations dans les institutions politiques, à commencer par l’Assemblée nationale (le 20 mars 2019). Il a fait de la réduction du train de vie de l’Etat son cheval de bataille en prêchant par l’exemple. Les faits sont bien réels.
Pour donner un sens à son combat, Delly Sesanga a renoncé pendant une année à ses émoluments pour la lutte contre la pandémie du Covid-19 (le 31 mars 2020), fonds versés à la Commission nationale de la riposte. Ne s’inscrivant pas dans la gabegie financière, l’élu de Luiza a rejeté le don des jeeps «PALISSADE» offertes aux députés nationaux (le 23 juin 2021).
Pour matérialiser son combat, il a initié, le 22 novembre 2021, une proposition d’un plan global de réduction du train de vie des institutions et des organes publiques.
Après avoir été traité de populiste, on enregistre avec satisfaction de progrès de cette revendication auprès de la classe politique. Tous ont fini par le réjoindre, notamment le Chef de l’Etat, Félix Tshisekedi, suivi de Jean-Marc Kabund et, enfin, Martin Fayulu, l’élu de Luiza.
A ce titre, l’élu de Luiza demande, une fois de plus, à l’ensemble de la classe politique et à la population de s’approprier et de se mobiliser sur ce thème majeur de la politique nationale, en exigeant la réduction du train de vie de l’Etat, conformément au plan global qu’il a proposé à cet effet.
Il faut battre le fer quand il est chaud, dit-on. La session budgétaire de septembre 2022 offre l’opportunité à un grand débat responsable sur la gestion de l’Etat et l’utilisation de l’argent public. A Delly Sesanga de rappeler : « Il n’y a pas un Etat fort sans finances publiques saines et fortes ! » 
Voici la déclaration choc de Martin Fayulu et la réplique de C26.

Francis M.

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