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Revoici Luanda !

L’histoire de la diplomatie est souvent faite de cercles qui se referment. Après les parenthèses de Washington et les espoirs, restés en suspens, de Doha, le curseur de la résolution du conflit dans l’Est de la République Démocratique du Congo semble revenir à son point d’ancrage naturel : Luanda. Les deux visites successives du Président Félix Tshisekedi en Angola, ce lundi et ce jeudi 8 janvier 2026, ne sont pas de simples actes de courtoisie. Elles marquent le retour en force de João Lourenço comme médiateur incontournable, dans un contexte où la situation sécuritaire ne cesse de se dégrader.

Pourquoi ce retour à la case départ ? L’analyse est simple mais amère : malgré le prestige des médiations transatlantiques ou qataries, la réalité du terrain n’a pas bougé. Les accords de Washington et de Doha, bien que crédibles sur le papier, peinent à se traduire par une désescalade concrète.

En se rendant deux fois en une semaine chez son homologue angolais, Félix Tshisekedi prend acte de l’impasse et semble redonner les clés du camion à João Lourenço. Ce dernier, fort de son double statut de médiateur désigné et de président en exercice de l’Union africaine, dispose d’un levier que les autres n’ont pas : la proximité géographique et une connaissance fine des dynamiques sécuritaires de la région des Grands Lacs.

Au cœur des échanges secrets de Luanda se dessine désormais l’ombre d’un « Dialogue national ». Si l’idée est acceptée sur le principe, c’est sur la forme que les positions divergent. Kinshasa, soucieux de sa souveraineté, souhaite un forum sous son contrôle total dans la capitale congolaise. Les parties belligérantes, elles, cherchent des garanties de neutralité que seul un terrain tiers pourrait offrir.

João Lourenço se retrouve donc dans son rôle favori : celui de l’équilibriste. Sa déclaration officielle de ce jeudi témoigne de son anxiété. En appelant à un cessez-le-feu immédiat et en interpellant directement la RDC, le Rwanda et l’AFC/M23, il place chacun devant ses responsabilités historiques.

Le message de Luanda est clair : il ne s’agit plus seulement de diplomatie de salon, mais d’une urgence humanitaire et sécuritaire qui menace de consumer les derniers efforts de paix. Lourenço promet d’activer ses réseaux pour « convaincre les uns et les autres ». Mais la question demeure : la volonté de paix de Luanda sera-t-elle plus forte que les velléités guerrières sur le terrain ?

Le chemin de la paix est peut-être redevenu angolais, mais il reste parsemé d’embûches que seul un courage politique sincère et une pression internationale coordonnée pourront lever.

Econews