Santé : les médecins sollicitent l’implication personnelle du chef de l’Etat pour une solution durable à leurs revendications

3 août 2021-3 août 2022, il y a exactement un an depuis que le gouvernement et les corporations syndicales des médecins ont signé l’accord relatif à l’amélioration des conditions socio-professionnelles des blouses blanches. Se sentant lésés par le non-respect des engagements pris par l’Etat-employeur, les médecins de Kinshasa, affiliés au Synamed, observent, depuis le 6 juillet dernier, un arrêt de travail. Mouvement qu’ils viennent de radicaliser, le 1er août 2022, en décrétant une opération dénommée «hôpitaux sans médecins». Que de morts enregistrés à la suite de cette décision !
Profitant de la commémoration de l’an 1 de l’accord conclu le 3 août 2021 entre le gouvernement et le banc syndical des médecins comprenant le Synamed (Syndicat national des médecins), le Symeco (Syndicat des médecins du Congo) et le Sylimed (Syndicat libre des médecins), le bureau exécutif provincial du Synamed a, à travers sa déclaration faite, le mercredi 3 août 2022, sollicité du gouvernement le respect des engagements signés par les deux parties.
En dépit de la grève sèche qu’ils ont décrétée le 1er aout 2022, les médecins membres du Synamed rejettent la demande à une trêve sollicitée par le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévention, Dr Jean-Jacques Mbungani.
«S’agissant de cette trêve de trente jours sollicitée par le ministre, le conseil l’a rejetée en bloc et l’a qualifiée de manœuvres dilatoires », a déclaré le secrétaire exécutif provincial du Synamed, Dr Patrick Boloko. Et d’ajouter : «Les médecins membres de ma juridiction en appellent d’ailleurs à l’implication personnelle du chef de l’Etat, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, afin qu’une solution rapide et durable soit trouvée à cette situation».
Par ailleurs, le Synamed déplore l’insensibilité, l’ignorance et le mépris de la corporation médicale du gouvernement congolais et dénonce les menaces dont sont victimes les syndicalistes.
Tout en appelant au strict respect du mot d’ordre, le bureau exécutif provincial du Synamed met en garde trois médecins qui s’évertuent à contrecarrer ce mouvement de grève.
En rejetant les travaux de l’atelier qui se sont tenus le 25 juin 2022, les médecins du secteur public de Kinshasa exigent l’application stricte de l’accord du 3 août 2021 contenant la prise en compte de nouvelles unités et l’amélioration de leurs conditions socio-professionnelles.
L’urgent s’impose
La situation qui prévaut actuellement dans les hôpitaux publics de la ville de Kinshasa nécessite une intervention rapide de la part du gouvernement. Un tour effectué, mercredi 3 août 2022, dans un des établissements hospitaliers de la place, nous a permis de nous rendre compte de la gravité de la situation due à l’enregistrement inhabituel des morts, malgré la présence et la sagacité des médecins stagiaires.
Faut-il que la ville de Kinshasa enregistre un un tel désastre lorsque l’on sait que seuls les médecins en grève sont seulement ceux affiliés au Synamed? Que font alors leurs collègues affiliés au Symeco et au Sylimed ? En optant pour le dialogue, les deux derniers syndicats n’ont pas décidé d’arrêter le travail.
Face à cette préoccupante situation, la population invite le gouvernement à respecter ses engagements.

Véron Kongo

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