Sommet virtuel vendredi de la CEDEAO sur la crise au Burkina Faso

Après avoir condamné le coup d’Etat au Burkina Faso et rejeté la légalité de la démission du président renversé Roch Marc Christian Kaboré, la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) se réunit ce vendredi, en format virtuel. A l’ordre du jour : discuter du coup d’Etat militaire u Burkina Faso, le troisième dans la sous-région en quelques mois.

La Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) a annoncé la tenue d’un sommet virtuel vendredi pour évoquer la crise au Burkina Faso après le coup d’Etat militaire qui a renversé le président Roch Marc Christian Kaboré.

Ce sommet extraordinaire et virtuel débutera à 10H00 GMT vendredi, selon un communiqué de la Cédéao.

La Cédéao, dont est membre le Burkina Faso, a condamné lundi la prise de pouvoir des officiers de l’armée qui ont arrêté M. Kaboré.

Une source haut placée au sein du parti de M. Kaboré a déclaré mercredi que le président déchu du Burkina Faso «va bien physiquement» et qu’il est «toujours aux mains de l’armée» dans une villa.

Kaboré, 64 ans, a été élu en 2015 à la suite d’une révolte populaire qui a chassé l’ancien président Blaise Compaoré, puis a été réélu en 2020.

Mais depuis l’année dernière, M. Kaboré était confronté à une vague de mécontentement dans le pays d’Afrique de l’Ouest miné par d’incessantes attaques terroristes qui ont fait près de 2.000 morts et déplacé au moins 1,5 million de personnes.

Dimanche, des mutineries ont éclaté dans plusieurs casernes de l’armée, un jour après la dispersion par la police de manifestations interdites. Et lundi, le président a été renversé par des militaires avec à leur tête un lieutenant-colonel, Paul-Henri Sandaogo Damiba, président du Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration (MPSR).

Des nouvelles de l’ex-président Kaboré

Roch Marc Christian Kaboré, dont on était sans nouvelles depuis le coup d’État militaire du 24 janvier, est entre les mains de l’armée et en bonne santé, rapporte l’AFP.

Le sort exact du président Kaboré alimente depuis plusieurs jours toutes les incertitudes, alors qu’on ignorait sa localisation exacte, et s’il était prisonnier des mutins ou s’il restait sous protection de soldats loyalistes. Il est «toujours aux mains de l’armée», détenu «dans une villa présidentielle en résidence surveillée», a déclaré mercredi 26 janvier à l’Agence France-Presse une source haut placée au sein de son parti, le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP). Elle a donné des nouvelles rassurantes : selon elle, M. Kaboré «va bien physiquement» et a «un médecin à sa disposition».

Des propos qui confirment des déclarations du président français Emmanuel Macron, qui avait dit la veille avoir eu confirmation «qu’il était en bonne santé et qu’il n’était pas menacé ».

La Cédeao dans la tourmente

La réunion de l’instance régionale ouest-africaine aura donc pour but de définir la position du bloc vis-à-vis des militaires aujourd’hui au pouvoir au Burkina Faso, à savoir le Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration (MPSR), dirigé par Damiba, à son tour défini comme «président de la transition au Burkina Faso ».

Si la réaction de la Cédeao aux coups d’Etat au Mali et en Guinée ont montré quelque chose, c’est que l’instance régionale usera de tout ce qui est dans son pouvoir pour mettre la pression sur le MPSR, quitte à imposer un blocus. C’était le cas, récemment, du Mali, qui a vu les pays de la Cédeao rompre leurs relations diplomatiques, économiques et commerciales avec Bamako, en plus de fermer les frontières terrestres et aériennes.

Verra-t-on alors cette nouvelle réunion de la Cédeao aboutir à une nouvelle série de sanctions ? Une telle décision serait-elle judicieuse ? La Cédeao voit désormais sa liste d’Etats-membres toujours plus réduite.

Econews