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Tshisekedi ce lundi devant le Congrès : moins de promesses, plus d’actions !

Ce lundi, le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, s’avance devant le Congrès pour un exercice devenu trop prévisible : un long discours, des déclarations d’intention, des promesses recyclées. Sauf que cette fois, le décor a changé. Le pays est épuisé, les attentes sont brûlantes, et la patience nationale s’est évaporée. Il ne lui reste qu’une option : dire la vérité, agir, ou se disqualifier. Depuis 2019, le Chef de l’État a habitué le pays à une avalanche d’engagements spectaculaires… rarement suivis d’effets. Dans les rues de Kinshasa comme dans les villages enclavés de l’Est, le constat est brutal : les mots ont dépassé les actes, et la réalité a trahi les discours. Les Congolais ne sont plus dupes. Ils ne veulent plus entendre : « Nous allons… » ; « Nous comptons… » ; « Nous envisageons… ». Ils veulent du concret. Des preuves. Des décisions mesurables, pas des slogans.

Ce lundi, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo se présente une nouvelle fois devant la Nation, via les deux chambres du Parlement réuni en Congrès au Palais du Peuple. Un rituel constitutionnel devenu, au fil des ans, une scène où les promesses abondent, mais où les réalisations peinent à suivre. Cette fois, pourtant, le contexte impose au Chef de l’État une obligation claire : finir avec l’ère des discours faciles et entrer enfin dans celle des actes concrets.

Un rituel devenu lassant

Depuis son accession au pouvoir, Félix Tshisekedi a multiplié les engagements solennels lors de ses adresses annuelles : lutte contre la corruption, sécurité à l’Est, amélioration des services sociaux, relance économique, gouvernance rigoureuse… Sur le papier, la vision était séduisante. Dans la réalité, les Congolais n’ont vu que des chantiers partiels et des réformes inachevées.

Car le peuple vit désormais dans une lassitude profonde, nourrie par des promesses répétées, souvent irréalisables, parfois contradictoires. Les Congolais attendent aujourd’hui moins une énième feuille de route qu’un bilan solide, concret, vérifiable — bref, autre chose que des mots.

Un test politique crucial après l’accord de Washington

Le discours de ce 8 décembre revêt une importance particulière : quatre jours seulement après la signature, à Washington, d’un accord de paix entre la RDC et le Rwanda, sous l’arbitrage spectaculaire de Donald Trump. Cet accord, inattendu et encore largement controversé, place Félix Tshisekedi dans une position délicate : il doit rassurer son peuple qu’il n’a pas capitulé, qu’il n’a pas sacrifié les intérêts nationaux au nom d’une paix imposée de l’extérieur.

Le Président doit démontrer que la paix signée n’est pas un marché forcé, ni un simple succès diplomatique destiné aux caméras américaines. Il doit expliquer, convaincre, justifier — en un mot : assumer. Et cela exige autre chose que les formules vagues et les engagements flous des années précédentes.

Un pays en apnée sociale

Le quotidien du Congolais est aujourd’hui une accumulation d’inquiétudes, marquée essentiellement par : l’insécurité persistante, la vie chère qui étrangle les ménages, le chômage massif, les infrastructures délabrées, l’administration défaillante et le désordre urbain devenu norme.

À cela s’ajoute une exaspération politique croissante. Les Congolais ne réclament plus seulement des solutions : ils réclament un changement de culture du pouvoir, une rupture réelle, pas un discours de rupture.

Tshisekedi n’a plus droit à l’erreur

Le Chef de l’État s’adresse aujourd’hui à une nation qui a perdu patience. Pour la première fois depuis longtemps, le pays semble être arrivé à un point bas où toute promesse non suivie d’effet pourrait devenir un boomerang politique.

Son discours doit donc être tout sauf une copie des précédents. De ce point de vue, il doit détailler des mesures immédiates, fixer des échéances précises, engager personnellement sa crédibilité, et surtout annoncer comment il entend transformer l’accord de Washington en paix réelle, pas en simple parchemin diplomatique.

Car le peuple n’accordera plus de crédit aux déclarations optimistes. Il attend des décisions, des ruptures, des preuves.

8 décembre : un rendez-vous avec l’histoire

Ce lundi, Félix Tshisekedi joue bien plus qu’un exercice institutionnel : il joue sa capacité à remobiliser une population fatiguée, à restaurer une confiance ébréchée, à relancer une présidence que beaucoup jugent essoufflée. Il joue – peut-être – la dernière chance d’un mandat qui a trop longtemps misé sur les promesses.

Le pays n’attend plus de belles paroles. Il attend des actes – des résultats. Et un Président enfin prêt à affronter la réalité.

Econews