Une administration à double vitesse ?

Les élections des gouverneurs et vice-gouverneurs dans les 14 provinces à problèmes ont vécu. Depuis le lundi 6 mai, ils-elles- sont connu-e-s, les animateurs-trices- des exécutifs provinciaux ayant nagé depuis plusieurs mois dans les eaux troubles d’un juridisme dont seule la classe politique RD Congolaise détient le secret.
Des élections dont les résultats restent entachées d’un fort relent de corruptions, à en croire des candidats malheureux qui, déjà, menacent de porter l’affaire en justice. Là aussi, rien de nouveau sous le ciel congolais.
C’est le contraire, fait de sérénité et d’une reconnaissance unanime de la régularité du scrutin qui aurait étonné.
En fait de 14 provinces, il en y en avait 15. Il n’est guère nécessaire d’être grand clerc pour se rendre compte qu’une des provinces a été «oubliée». Le Lua-laba en l’occurrence, devenue au gré de lourds investissements dans le domaine minier, le véritable poumon économique de la RDC, est dirigé par une gouverneure intérimaire. Fifi Masuka occupe, depuis le tsunami qui a renversé la majorité parlementaire au second semestre de 2020, le fauteuil de Richard Muyej Mangez Mans, haut cadre du PPRD et du FCC, peu manipulable, après son refus de faire allégeance à l’Union sacrée de la nation.
Des accusations de malversations financières, visiblement non étayées de preuves et peu tangibles, ont été portées contre lui, pendant que durant de longs mois, il avait été retenu dans la capitale, avant son départ à l’étranger « pour des soins médicaux ». Ses nombreux recours auprès des instances judiciaires sont restés sans effet. Depuis, et en gouverneure de fait, Fifi Masuka règne sans partage sur le Lualaba, la seule parmi les 26 provinces (Kinshasa non incluse), à avoir invité et installé à son chef-lieu, Kolwezi, un bureau de représentation de la Maison civile du chef de l’Etat.
Il est un fait que depuis l’avènement du nouveau régime, il s’observe une ruée aux carrés miniers dans le Lualaba. Des apparatchiks, très haut placés, jusqu’aux membres de leurs familles se sont lancés dans l’exploitation minière. Il leur fallait dès lors une Autorité protectrice, rôle que Richard Muyej n’aurait certainement pas accepté de jouer les yeux fermés.

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