La République Démocratique du Congo est une fois de plus sur le pied de guerre face à Ebola. Une nouvelle flambée épidémique vient d’être confirmée dans le territoire de Mweka, au Kasaï, où 28 cas ont déjà été recensés, dont 15 mortels. Si le ministre de la Santé publique, Roger Bamba, se veut rassurant et rappelle que vaccins et traitements sont disponibles, la logistique et la vigilance restent critiques pour contenir la souche Zaïre du virus. Alors que le pays sort à peine d’autres crises sanitaires, la course contre la montre est engagée.
La République Démocratique du Congo (RDC) fait face à une nouvelle résurgence du virus Ebola.
Le ministre de la Santé publique a confirmé, jeudi 4 septembre 2025, l’apparition de plusieurs cas dans le territoire de Mweka, province du Kasaï. D’après les analyses effectuées par les laboratoires spécialisés, il s’agit de la souche Zaïre du virus, déjà connue du pays.
L’alerte est partie d’un cas signalé le week-end dernier : une femme enceinte de 34 ans, admise à l’hôpital général de Bulape, présentait de graves symptômes de fièvre hémorragique.
Décédée quelques heures plus tard, elle aurait contaminé une infirmière et un laborantin, également morts après avoir développé les mêmes signes cliniques.
Au total, 28 cas ont été recensés, dont 15 décès : 14 dans la zone de santé de Bulape et un dans celle de Mweka. Le ministre de la Santé publique et Hygiène, Roger Bamba, qui faisait l’annonce devant la presse réunie dans le cadre de l’habituel briefing, rappelle qu’il s’agit de la 16ème épidémie d’Ebola en RDC depuis 1976.
UNE TRANSMISSION PAR CONTACT
Selon le ministre de la Santé publique, la contamination a été d’origine animale, ce qui exclut pour l’instant une propagation initiale interhumaine. Toutefois, la transmission du virus se fait par contact direct avec les liquides biologiques (sang, vomissures, sueur, salive, urine).
«Toute personne présentant une fièvre accompagnée de diarrhées ou de vomissements avec du sang ne doit en aucun cas être touchée. La seule réaction responsable est d’alerter immédiatement les équipes médicales », a averti le ministre.
Les populations sont appelées à renforcer les mesures d’hygiène de base, notamment le lavage régulier des mains et l’évitement de tout contact physique avec les malades.
VACCINS ET TRAITEMENTS DISPONIBLES
Bonne nouvelle, la RDC dispose déjà de moyens de riposte adaptés à la souche identifiée. Le ministre a rappelé que des vaccins et un traitement efficace existent grâce aux recherches menées avec le professeur Jean-Jacques Muyembe et ses partenaires internationaux.
La stratégie adoptée est celle de la vaccination en ceinture : seules les personnes en contact direct avec les cas confirmés, ainsi que les contacts de ces derniers, recevront le vaccin afin de contenir rapidement la propagation.
Cependant, le ministre a précisé que la conservation du vaccin exige des températures très basses, nécessitant une logistique complexe pour son transport vers les zones affectées.
DES EQUIPES DE RIPOSTE DEJA SUR PLACE
Dès l’alerte confirmée, le Gouvernement a mobilisé ses moyens logistiques. Malgré des difficultés météorologiques, une équipe d’intervention est arrivée dès mardi à Tshikapa, avant d’atteindre Mweka et Boulapé. Elle travaille en coordination avec les autorités locales et les organisations partenaires afin d’assurer la prise en charge des malades, la surveillance des contacts et la sensibilisation communautaire.
«Il n’y a aucune raison de paniquer.
La RDC a déjà vaincu Ebola à plusieurs reprises. Nous avons l’expertise, les outils et l’expérience nécessaires pour contenir cette nouvelle flambée», a insisté le ministre de la Santé publique.
UN CONTEXTE EPIDEMIOLOGIQUE DEJA FRAGILE
Cette résurgence survient alors que le pays luttait encore contre d’autres épidémies, notamment le choléra et la variole du singe (Mpox).
Toutefois, les dernières données indiquent
une tendance à la baisse : à Kinshasa, les cas de choléra sont passés de plus de 200 à seulement 6, tandis que les infections de Mpox ont chuté de plus de 2.000 cas à environ 500 au niveau national.
Le Gouvernement souligne que la réapparition d’Ebola rappelle la vulnérabilité de l’écosystème congolais, particulièrement dans les zones forestières.
Mais il assure que les capacités nationales de riposte ont été renforcées au fil des épidémies précédentes.
APPEL AU CALME ET A LA VIGILANCE
Le ministère de la Santé publique appelle la population à la vigilance, mais surtout au calme. Les citoyens sont invités à signaler rapidement tout cas suspect, à éviter les rumeurs et à suivre scrupuleusement les directives des équipes sanitaires.
«La transparence sera totale.
Chaque étape de la riposte sera communiquée à la population », a promis le ministre, qui a également remercié les personnels de santé engagés en première ligne.
Avec cette nouvelle mobilisation, les autorités espèrent endiguer rapidement cette 16ème flambée d’Ebola en RDC et protéger les communautés exposées.
ECONEWS

