C’est avec la fierté d’un capitaine ramenant son navire sain et sauf au port que le patron de l’Inspection générale des finances (IGF), Christophe Bitasimwa, a clos, ce samedi 13 juin 2026 au Chapiteau 19, un séminaire historique de renforcement des capacités destiné aux médias et à la Société civile. Pendant six jours, ces deux piliers de la gouvernance citoyenne ont été outillés pour s’approprier le Plan stratégique triennal 2026-2028 de l’IGF, dont la pierre angulaire est le « contrôle systémique ». Une approche ambitieuse, proactive et digitalisée qui transforme en profondeur la mission de la « patrouille financière » : anticiper les risques, analyser l’État comme un système complexe et passer d’un contrôle réactif à une prévention intelligente. En ouvrant grand les portes de l’institution et en nouant une alliance durable avec ses partenaires sociaux, Christophe Bitasimwa ne se contente pas de vulgariser une feuille de route : il jette les bases d’une nouvelle philosophie de gouvernance, où la transparence, la redevabilité et la lutte contre la corruption deviennent l’affaire de tous. Au-delà du séminaire, c’est un signal fort envoyé à la nation : l’IGF se modernise, se digitalise et entend bien devenir, sous l’impulsion du Chef de l’Etat, le bouclier systémique des finances publiques congolaises.
Econews
Discours de clôture de l’Inspecteur général des finances-Chef de service
Honorables, Excellences, Messieurs les professeurs ;
Mesdames et Messieurs les professionnels des médias,
Mesdames et Messieurs les représentants des organisations de la société civile,
Distingués invités à vos titres, qualités et rangs respectifs,
Mesdames et Messieurs ;
Chers participants,
C’est un sentiment de grande satisfaction qui m’anime tel un capitaine qui, après avoir passé plusieurs jours en mer, ramène confortablement et en toute sécurité un navire à quai. En effet, ouvert le lundi 08 juin dans ce cadre magnifique du Chapiteau 19, le séminaire de renforcement des capacités consacré à la vulgarisation du Plan Stratégique Triennal 2026-2028 de l’Inspection Générale des Finances, IGF en sigle, auprès des Médias et la Société civile clôt ses travaux ce samedi 13 juin. Dans un instant.
Le rapport final, dont le Comité d’organisation vient de faire lecture, reflète, à juste titre, le travail de titan abattu au cours de ce symposium, ainsi que la rigueur, le sérieux et la perspicacité qui ont caractérisé le déroulement des travaux. Les recommandations utiles et constructives, qui en ont découlé au terme des débats fructueux et fort enrichissants, le témoignent à suffisance.
Il ne pouvait en être autrement avec la qualité des intervenants et des participants, le choix et la pertinence des quatre thématiques abordées et développées, à savoir : 1. L’historique de l’IGF ; 2. La projection de l’IGF dans l’avenir à travers le Plan Stratégique Triennal ; 3. La place de l’IGF dans l’ordre institutionnel de notre pays et ses interactions avec d’autres institutions ; 4. La communication sur l’IGF et ses activités ; non sans compter la chaleur et la convivialité observées tout au long des travaux.
J’exprime ainsi à toutes et à tous ma forte reconnaissance pour ce dévouement qui a accouché d’un travail d’une si haute facture.
Honorables, Excellences,
Mesdames et Messieurs ;
Mesdames et Messieurs ;
Distingués invités ;
Chers participants,
En ce moment où les rideaux se referment sur ces assises du Chapiteau 19, je ne doute pas donc un seul instant que le double objectif fixé dès le départ a été atteint. En effet, il était question :
– primo : de donner aux participants la philosophie, les objectifs, les méthodes et les résultats attendus du Programme Stratégique Triennal 2026-2028 avec à la clé le «contrôle systémique» afin de s’en approprier et d’être aussi capables de donner leur part de contribution dans le processus de contrôle citoyen responsable et constructif des finances publiques ;
– secundo : de renforcer la capacité des participants à relayer une information fiable, objective et pédagogique auprès de la population et amener celle-ci à s’imprégner de ce programme ambitieux.
Je peux donc affirmer haut et fort, au sortir de ce séminaire qui raffermit une fois de plus le partenariat entre les Médias, la Société civile et l’IGF, que cette dernière vient de se faire découvrir davantage en ouvrant grandement ses portes. Sa genèse, sa mission, son fonctionnement et sa philosophie d’approche des problématiques ont été déroulées de manière intelligente, précise et concise afin d’en faciliter l’appréhension et de réaliser le rôle de cet organe supérieur de contrôle financier et administratif dans l’ordre institutionnel de notre pays.
D’autre part, les partenaires à l’honneur au cours de ce séminaire, à savoir les Médias et la Société civile, ont été, sur fond des brillants exposés et des échanges fructueux qui s’en sont suivis, davantage armés, outillés dans la quête de la bonne gouvernance, la transparence dans la gestion des ressources publiques, la lutte contre la corruption et les détournements des fonds publics, ainsi que la promotion de la redevabilité en République Démocratique du Congo qui constituent le leitmotiv de l’IGF.
Mesdames et Messieurs, Distingués invités,
La gestion publique en général, et les méthodes de contrôle de cette gestion en particulier, accusent un énorme retard dans notre pays par rapport à l’évolution du monde, caractérisé par la mondialisation des économies, l’intégration mondiale des systèmes financiers et l’utilisation des nouvelles technologies du numérique et de l’Intelligence Artificielle (IA). Il va donc sans dire que la transformation de l’IGF s’impose ou s’imposait d’elle-même. Elle vise à répondre aux défis actuels et futurs de la gouvernance financière publique, dans un contexte caractérisé par une mutation rapide et permanente du mode de gestion publique impulsée par le mouvement de la Nouvelle Gestion Publique (NGP). C’est le grand défi que se propose de gagner le Plan ambitieux en six piliers qui a été déroulé au cours de ce séminaire. Mais, cela requiert des réformes courageuses, à la fois efficaces et efficientes.
C’est ici donc l’occasion pour ma part d’exprimer avec respect une profonde gratitude au Président de la République, Chef de l’Etat, Son Excellence Monsieur Félix Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO, qui, depuis son avènement à la tête de la République Démocratique du Congo, ne ménage aucun effort pour engager résolument le pays sur la voie des réformes dans le but d’améliorer la gestion des finances publiques, de garantir une utilisation efficace et efficiente des ressources publiques, de lutter contre la corruption et autres anti-valeurs assimilées, en vue de renforcer la confiance des citoyens dans les institutions de l’Etat.
Mesdames et Messieurs, Distingués invités,
C’est quoi le «Contrôle systémique», pierre angulaire du Plan Stratégique Triennal 2026-2028 de l’IGF ? De manière très succincte, c’est une vision portant positionnement de cette institution supérieure de contrôle de l’Etat comme organe d’intelligence et d’intervention pour la transformation de la gouvernance publique, basée sur la maîtrise de la donnée. Il se veut une approche intégrée et préventive qui vise à surveiller le fonctionnement global du système financier, budgétaire et administratif, plutôt que de se limiter aux contrôles d’actes isolés. Il s’appuie sur une approche fondée sur la maîtrise de la donnée, donc la digitalisation, et est orienté vers la performance plutôt que seulement sur la régularité des actes de gestion.
L’approche systémique vise finalement à comprendre l’État comme un système composé de sous-systèmes interconnectés et en relation avec d’autres systèmes extérieurs. Les finances publiques, au cœur de la mission de l’IGF, n’en sont qu’un des sous-systèmes.
Et en vue d’un contrôle efficace, il faut agir ainsi en amont et en aval des flux financiers. Cette perspective permet d’intervenir non seulement sur les conséquences (en aval), mais aussi sur les causes profondes (en amont), en analysant en amont les politiques, les processus et les mécanismes générateurs desdits flux.
Point donc de doute. En identifiant les points de vulnérabilité et les leviers d’action à chaque niveau, l’IGF passe d’un contrôle réactif à une prévention proactive, garantissant une intervention efficace et performante. Implicitement donc, la «Patrouille financière» va connaître une évolution, c’est-à-dire déboucher sur une méthode contrôle plus globale et globalisante qu’est le «Contrôle systémique». Ce qui va inscrire l’IGF dans l’évolution du monde.
Mesdames et Messieurs, Distingués invités,
Ainsi qu’il se dégage, l’IGF est un sous-système d’un grand Système appelé «Etat» avec au centre l’économique constitué, entre autres, des pôles financier et commercial et autour duquel gravitent d’autres sous-systèmes, notamment politique, social, sécurité, environnement, technique et judiciaire. Et les Médias, ainsi que la Société civile, se trouvent à la confluence de tous ces sous-systèmes qui sont un ensemble d’éléments en interaction organisés de manière à former un tout cohérent.
En effet, les Médias s’acquittent d’un grand nombre de fonctions : informer et former afin de permettre aux citoyens de prendre des décisions raisonnées et raisonnables en matière de politique publique. Ils jouent le rôle de «chien de garde» quant à l’action du gouvernement et aux agissements des grandes institutions de la société. Ils provoquent le débat et établissent des priorités en choisissant, entre autres, les questions dont ils décident de parler. Ils sont une courroie de transmission entre les gouvernants et les gouvernés, et vice versa. Bref, ils jouent un rôle prépondérant dans la diffusion de l’information, la sensibilisation du public et la promotion du débat citoyen autour des enjeux de gouvernance.
De même, la Société civile, en tant que l’ensemble des associations à caractère non gouvernemental et à but non lucratif qui agissent comme groupes de pression pour influencer les politiques gouvernementales dans un sens favorable aux intérêts de ceux qu’elles représentent, constitue un relais essentiel entre les institutions publiques et les populations. Elle contribue, de ce fait, à renforcer la participation citoyenne et à promouvoir les valeurs de transparence et de redevabilité.
Indéniablement, il y a imbrication entre les Médias et la Société civile dans la diffusion de l’information, la sensibilisation du public et la promotion du débat citoyen autour des enjeux de gouvernance. Voilà pourquoi dans le cadre de sa transformation, l’IGF s’est résolue de mettre ces deux partenaires précités au diapason de son Plan Stratégique Triennal 2026-2028 en renforçant leurs capacités.
J’ai donc la ferme conviction, ainsi que le traduisent les brevets remis aux participants, que nos partenaires, les Médias et la Société civile, ont ainsi amélioré leurs compétences, instincts, connaissances et ressources dont ils ont besoin pour parler avec maîtrise et autorité du rôle de l’IGF et de ce qu’elle préconise à travers son plan ambitieux.
Sur ce, je déclare clos le séminaire de renforcement des capacités des partenaires de l’IGF pour l’appropriation de son Plan stratégique triennal des partenaires de l’IGF pour l’appropriation de son Plan stratégique triennal 2026 – 2028.
Kinshasa, le 13 juin 2026
Christophe Bitasimwa Bahii
Inspecteur général des finances – Chef de service

