Le monde politique congolais est secoué par une onde de choc. Alors qu’une pétition pour sa destitution gagne du terrain, Vital Kamerhe, président de l’Assemblée nationale, ne pourra pas compter sur le soutien de son principal allié de 2018. L’UDPS, le parti présidentiel, a décidé de le laisser seul face à son destin politique, marquant un tournant décisif dans les jeux de pouvoir à Kinshasa.
La scène politique de la République Démocratique du Congo est en pleine ébullition. La cible des turbulences : Vital Kamerhe, figure de proue de la coalition au pouvoir et président de l’Assemblée nationale. Une pétition demandant sa destitution circule parmi les députés, et le nombre de signatures a déjà dépassé le seuil requis pour lancer la procédure. Mais la véritable surprise ne vient pas de la pétition elle-même, mais de la réaction du parti au pouvoir, l’UDPS.
À la surprise générale, l’UDPS a choisi de ne pas venir en aide à celui qui fut son allié crucial lors des élections de 2018. Augustin Kabuya, secrétaire général et président par intérim du parti présidentiel, a été on ne peut plus clair.
Interrogé sur la situation, il a laissé entendre que Vital Kamerhe ne bénéficierait d’aucun gilet de sauvetage de la part de l’UDPS. C’est à lui et à lui seul de se battre dès ce lundi 15 septembre, jour de la rentrée parlementaire, pour sauver sa peau. Ce silence assourdissant de l’UDPS s’apparente à un abandon en rase campagne, laissant un allié historique face à une tempête politique sans précédent.
Les députés signataires de la pétition, dont le chef de file est l’ex-UNC Crispin Mbidule, ne perdent pas de temps. Réunis ce dimanche à l’Hôtel Béatrice, ils ont poursuivi leur travail de collecte de signatures. Le seuil de 240 signatures a été franchi dès le samedi 13 septembre, ouvrant ainsi la voie à une procédure de déchéance en bonne et due forme. La pétition vise non seulement Vital Kamerhe, mais également d’autres membres du Bureau, dont Chimène Polipoli (Questeur), Jacques Djoli (Rapporteur), Dominique Munongo (Rapporteur adjoint) et Grâce Neema. Le dépôt de la pétition est attendu dans les heures qui suivent, et la pression monte sur le président de l’Assemblée nationale.
Qui tire les ficelles en coulisse ?
La crise qui secoue Vital Kamerhe fait le bonheur du doyen Christophe Mboso Nkodia N’Kodia Mpuanga, deuxième vice-président de l’Assemblée nationale. Mboso n’a jamais digéré sa défaite face à Kamerhe lors des primaires de l’Union sacrée de la nation, primaires qui visaient à désigner un candidat unique pour le perchoir. Pour lui, la foudre qui s’abat sur Vital Kamerhe n’est pas une simple péripétie politique, mais une revanche inespérée.
Face à ce séisme, l’UDPS, le parti présidentiel, campe sur ses positions. Loin de s’immiscer dans la vague qui secoue certains membres du bureau de l’Assemblée nationale, le parti présidentiel se concentre sur sa propre survie.
L’UDPS est déjà assuré de sauver son propre délégué au Bureau, le 1er vice-président Tshilumbayi.
En se retirant du jeu, l’UDPS envoie un signal fort: il n’y a plus de place pour les alliances de circonstance, et chacun est désormais responsable de son propre destin politique. L’avenir de Vital Kamerhe, qui a si souvent su se relever de situations délicates, est plus incertain que jamais.
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