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Droits humains et environnement : un lien indissoluble mis en lumière par les Pays-Bas et l’OCÉAN

Dans le cadre des célébrations de la Journée internationale des droits de l’homme, placée sous le thème « Droits humains, nos essentiels de tous les jours », le royaume des Pays-Bas, en collaboration avec l’Organisation des écologistes et amis de la nature (OCÉAN), ont organisé, ce mardi 9 décembre 2025, au musée national de Kinshasa, une projection du film Devi. Cette projection a été accompagnée d’une table ronde réunissant des défenseuses et défenseurs des droits humains évoluant en contexte de conflit, et axée sur les enjeux de justice et de droits humains dans des situations de crise. Le récit et percutant sur l’impact du conflit sur les filles et les femmes, mettant au jour les difficultés et les traumatismes vécus au quotidien. Il explore les mécanismes de violence et d’injustice auxquels ces victimes sont confrontées, ainsi que les efforts courageux déployés par les survivantes et les associations pour obtenir reconnaissance, réparation et justice dans les affaires historiques de viols et d’abus commis par les deux camps.

« Droits humains, nos essentiels de tous les jours » : c’est sous ce thème que le Royaume des Pays-Bas et l’Organisation Congolaise des Écologistes et Amis de la Nature (OCÉAN) ont commémoré la Journée internationale des droits de l’homme. L’événement phare, organisé ce mardi 9 décembre au Musée National de Kinshasa, a combiné la projection du film « DEVI » et une table ronde approfondie sur les enjeux de justice en contexte de crise.

Le film, un récit percutant, a servi de catalyseur aux échanges. Il explore l’impact brutal des conflits sur les femmes et les filles, exposant les mécanismes de violence et l’héroïsme des survivantes et des associations dans leur quête de réparation et de justice pour des crimes historiques.

Dignité, justice et coopération

Dans son allocution, l’Ambassadrice du Royaume des Pays-Bas, Angela Samura, a abordé avec une fermeté mesurée les défis sensibles des droits humains en RDC. Elle a rappelé le cadre international protecteur et réaffirmé les engagements des parties prenantes.

« Les droits de l’homme sont avant tout une question de dignité : le droit de vivre sans peur, d’être accueilli, d’avoir accès à la justice et à l’éducation », a-t-elle déclaré. Tout en saluant les progrès, elle a pointé les défis persistants : la protection des défenseurs, l’accès à la justice pour les victimes et la prévention des violations. Son plaidoyer a insisté sur une coopération renforcée, transparente et durable pour des améliorations concrètes sur le terrain.

Un droit fondamental

Kass Alidor Muteba, organisateur de l’événement au nom de l’OCÉAN, a pour sa part vigoureusement rappelé l’interdépendance entre un environnement sain et les libertés fondamentales.

« Le droit à l’environnement est également un droit. Tout homme doit vivre dans un milieu sain », a-t-il martelé, soulignant que ce principe est inscrit dans la constitution congolaise. Il a appelé à renforcer la sensibilisation et à mobiliser les moyens pour le rendre effectif.

Il a mis en lumière le rôle crucial et périlleux des défenseurs des droits environnementaux, « souvent exposés et menacés », qui protègent les terres, les forêts et les ressources vitales des communautés. Il a plaidé pour des cadres juridiques robustes, une transparence accrue dans la gestion des ressources et une coopération multisectorielle pour garantir justice et sécurité à tous.

Des pistes concrètes émergent des échanges

La table ronde, réunissant défenseurs et acteurs de terrain, a permis d’identifier des obstacles majeurs : l’impunité, l’accès limité à la justice, la stigmatisation des victimes et les menaces contre les défenseurs.

Des pistes d’action concrètes ont été proposées pour renforcer la protection des femmes et des communautés vulnérables, promouvoir l’État de droit et encourager une coopération internationale plus responsable. Les intervenants ont insisté sur la nécessité d’agir de manière proactive en renforçant les cadres juridiques, les capacités institutionnelles et les solidarités communautaires.

Cet événement a ainsi réussi à tisser un fil conducteur essentiel : la lutte pour la dignité humaine et la protection de la planète sont un seul et même combat. Un message fort envoyé à la veille de nouvelles mobilisations pour la justice sociale et environnementale en RDC et au-delà.

Benny Lutaladio