Au cœur de Kinshasa, dans cette commune de la Gombe qui concentre à la fois pouvoir, histoire et symboles, un nouveau front s’ouvre contre la République. Après la tentative de spoliation du cimetière de la Gombe, c’est désormais le terrain du Golf qui se retrouve dans le viseur de réseaux mafieux dont l’appétit n’a d’égal que le mépris des lois et du bien commun.
Ce qui se joue ici dépasse de loin une simple querelle foncière. Le Golf de Kinshasa, avec ses 55 hectares, ses dix-huit trous et son statut de dernier grand poumon vert du centre-ville, n’est pas un terrain ordinaire. C’est un patrimoine centenaire, un espace d’équilibre écologique, un symbole urbain. Le transformer en lotissement de luxe au profit d’intérêts privés reviendrait à commettre un véritable crime contre la ville et ses habitants.
Les signaux d’alerte sont pourtant clairs. Le Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa, a récemment dénoncé avec fermeté l’ampleur de la mafia foncière qui gangrène le pays. Mais face à lui, les réseaux ne reculent pas. Ils avancent masqués, protégés par des complicités politiques, des relais dans les institutions et une chaîne d’influence qui s’étend jusque dans les Cours et Tribunaux. Ce système organisé, opaque et redoutablement efficace, agit dans l’ombre pour capter ce qui appartient à tous.
Le projet évoqué — évalué à près de deux milliards de dollars — n’a rien d’un simple investissement immobilier. Il s’apparente à un partage de butin. Derrière les discours enjolivés de modernisation et de développement urbain, se cache une opération de prédation méthodique : délocaliser le Golf vers la périphérie de la Nsele, fragmenter l’espace en parcelles de prestige, et redistribuer les gains entre initiés. Une mécanique bien rodée, où chaque hectare devient une monnaie d’échange, chaque silence une complicité.
Il est temps de dire non. Non à la confiscation des biens publics par une élite prédatrice ! Non à l’urbanisation anarchique qui étouffe Kinshasa et détruit ses rares espaces verts ! Non à cette culture de l’impunité qui encourage les plus audacieux à piétiner les lois sans conséquence !
L’État congolais est ici face à ses responsabilités. Protéger le terrain du Golf, c’est affirmer l’autorité de la loi sur les réseaux mafieux. C’est envoyer un message clair : la République n’est pas un marché, et ses terres ne sont pas des marchandises à brader dans des salons feutrés.
À ceux qui, tapis dans l’ombre, rêvent de transformer la Gombe en terrain de chasse privée, le message doit être sans équivoque : vous trouverez sur votre chemin une ville debout, une opinion vigilante et, espérons-le, un État enfin déterminé à défendre ce qui appartient à tous.
Econews

