En quête de solutions pour réformer un système pénitentiaire à bout de souffle, le Ministre d’État congolais, Ministre de la Justice Guillaume Ngefa Atondoko Andali, a effectué une visite inédite à la prison centrale de Pékin. Objectif affiché : s’inspirer de la gestion chinoise pour humaniser et sécuriser les centres de détention en République démocratique du Congo (RDC).
Accompagné d’une délégation comprenant l’ambassadeur de la RDC en Chine, François Balumuene, et le député national Albert Iwondo Ilonga, le Ministre de la Justice et Garde des Sceaux a franchi les portes de cet établissement de haute sécurité, une première dans les annales diplomatiques entre les deux pays.
L’accès à la prison centrale de Pékin est régi par des protocoles stricts : interdiction totale des téléphones et caméras, contrôles systématiques et surveillance de pointe. La délégation a notamment pu observer un robot intelligent conçu pour détecter et signaler toute présence étrangère ou non autorisée dans l’enceinte, qui abrite actuellement quelque 800 détenus.
Fondé en 1909, cet établissement historique se distingue par son organisation rigoureuse. Loin de l’image de vétusté, les bâtiments en briques grises offrent des espaces aérés : dortoirs de huit lits, centre hospitalier doté d’une dizaine de médecins, bibliothèque et ateliers de formation professionnelle.
Dans l’une des salles, des détenus participent à des séances de rééducation par la récitation de poèmes, illustrant une discipline de fer mêlée à un programme de réinsertion.
«Transformer le prisonnier en citoyen »
Pour Li Taosuo, directeur de l’établissement, la mission de la prison dépasse la simple privation de liberté. « L’établissement n’est pas seulement un lieu de rigueur, mais aussi un centre de rééducation par le travail. Nous garantissons à chaque détenu le droit à la santé et à la formation afin de préparer sa réinsertion. Notre but est de transformer chaque prisonnier en un citoyen respectueux de la loi », a-t-il déclaré, soulignant également l’importance des mécanismes de remise de peine.
Pour Guillaume Ngefa, ce modèle constitue un « cas d’école ». La RDC est en effet confrontée à des défis structurels majeurs : surpopulation carcérale chronique, infrastructures délabrées, accès difficile aux soins médicaux et à l’alimentation, ainsi que des failles sécuritaires récurrentes.
Le Ministre Guillaume Ngefa a particulièrement salué la transition numérique de l’administration pénitentiaire chinoise. Digitalisation des dossiers, surveillance électronique et interconnexion des services sont autant de pistes que Kinshasa souhaite explorer.
« Nous voulons lancer des pistes de collaboration pour moderniser, améliorer et organiser nos prisons », a affirmé Guillaume Ngefa.
À travers cette visite, le gouvernement congolais ambitionne de jeter les bases d’un mécanisme de coopération judiciaire et pénitentiaire durable avec Pékin, afin de transformer un système souvent décrié en un véritable outil de réhabilitation sociale.
Avec ACP

