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Procès Tshiwewe : la défense invoque les «secrets militaires» pour réclamer sa libération

Devant la Haute Cour militaire, les conseils de l’ancien chef d’état-major général des FARDC contestent la détention de leur client à la prison de Ndolo. Entre vices de procédure et arguments de sécurité nationale, la défense tente d’obtenir une remise en liberté dans ce dossier politico-militaire explosif.

L’audience de ce mardi à Kinshasa-Gombe a pris une tournure éminemment stratégique. Le collectif d’avocats du général d’armée Christian Tshiwewe a formellement sollicité sa liberté provisoire — ou, à défaut, sous contrôle judiciaire —, arguant que le maintien en prison de l’ancien patron des armées représente un risque pour le pays.

«En tant qu’ancien chef d’état-major général, Christian Tshiwewe demeure un dépositaire de secrets de la défense nationale », a souligné son avocat conseil, Me Parfait Kanyanga, estimant que l’incarcération à la prison militaire de Ndolo est inappropriée.

Mettant en avant un domicile fixe et connu dans la commune de la Gombe, la défense écarte tout risque de fuite. Elle a simultanément attaqué la régularité de la procédure menée en amont par l’auditorat militaire, soulevant plusieurs exceptions formelles qui seront débattues lors des prochaines audiences.

Un arsenal saisi et des accusations de complot d’État

Ancien chef des FARDC (octobre 2022 – janvier 2025) reconverti en conseiller militaire du Chef de l’État, le général Tshiwewe fait face à huit lourdes charges : trahison, complot et incitation de militaires à la indiscipline; apologie du terrorisme et propagation de faux bruits; désertion à l’étranger, violation des consignes et détention illégale d’armes de guerre.

L’accusation s’appuie notamment sur la découverte, le 9 juillet 2025 à son domicile, d’un impressionnant arsenal comprenant 92 fusils Kalachnikov, 12 lance-roquettes RPG-7 et des milliers de munitions. Le ministère public lui impute la conduite d’un projet de coup d’État militaire mûri entre 2020 et juillet 2025.

Ce dossier tentaculaire implique une dizaine d’autres personnalités de premier plan, parmi lesquelles : le Général d’armée John Numbi (ancien inspecteur général des FARDC, en fuite depuis 2021); le Général-major Maurice Nyembo et les Généraux de brigade Chinyabuuma, Ngoy wa Kabila et Sangwa ; trois officiers rang colonels et l’ex-directeur général du CEEC, le civil Pascal Nyembo Muyumba.

Alors que trois prévenus en cavale seront jugés par contumace, l’arbitrage imminent de la Haute Cour sur la mise en liberté de Christian Tshiwewe constituera un premier signal fort quant à la tournure de ce procès hyper-sensible.

Econews

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