
L’épidémie d’Ebola qui sévit en République Démocratique du Congo provoque une mobilisation internationale à la hauteur de l’urgence sanitaire. Réunie à New York autour de la situation épidémique, la communauté internationale a annoncé près de 2,6 milliards de dollars US d’engagements pour soutenir la riposte, selon Jean Kaseya, Directeur général de l’Africa CDC.
Très attendu, ce financement doit permettre de renforcer les capacités de prise en charge, la surveillance épidémiologique, la vaccination, le contrôle aux frontières ainsi que les dispositifs d’enterrements dignes et sécurisés.
Les États-Unis ont annoncé une enveloppe supplémentaire de 267 millions de dollars, portant leur contribution directe à 887 millions de dollars. Le Japon a, pour sa part, annoncé 5 millions de dollars supplémentaires en faveur de la RDC et de l’Ouganda.
Le Nord-Kivu, nouveau foyer d’inquiétude
Cette mobilisation intervient alors que la situation reste particulièrement préoccupante dans l’Est de la RDC.
Si l’Ituri, épicentre initial de l’épidémie, connaît une baisse des cas, le Nord-Kivu enregistre une progression de 73 % sur la même période. Dans plusieurs zones, les capacités hospitalières sont déjà sous pression.
À Mabalako, l’un des principaux centres de prise en charge, les équipes font état d’une saturation des structures. L’objectif désormais affiché est de rapprocher les capacités d’isolement et de traitement des communautés, notamment dans les zones rurales où les cas se multiplient.
Des milliards face à des besoins encore criants
Au-delà des annonces financières, les acteurs de la riposte alertent sur les besoins immédiats du terrain : manque de lits, déficit de moyens dans certaines structures et retard dans le financement de plusieurs opérations liées à la vaccination et à la recherche.
Jean Kaseya insiste ainsi sur la nécessité de faire parvenir rapidement les financements aux équipes opérationnelles et d’assurer une traçabilité rigoureuse de leur utilisation.
Avec 7.773 cas et 3.759 décès selon le dernier bilan cité de l’Institut national de santé publique, la RDC fait face à une crise sanitaire majeure.
L’enjeu de cette nouvelle mobilisation internationale est désormais de transformer les promesses financières en moyens concrets sur le terrain. Car dans l’Est congolais, où l’épidémie continue de gagner du terrain dans certaines zones, la course contre Ebola se joue autant dans les centres de traitement que dans la capacité de la communauté internationale à agir vite.
Hugo Tamusa


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