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Amnesty International accuse le M23 de crimes atroces dans l’Est de la RDC : tortures, exécutions et disparitions forcées

Dans un rapport accablant publié ce lundi, Amnesty International lève le voile sur une série de violations graves des droits humains perpétrées par le groupe armé AFC/M23 dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). L’ONG internationale documente des cas systématiques de torture, d’exécutions extrajudiciaires et de disparitions forcées dans les zones sous contrôle rebelle, notamment à Goma et Bukavu.

Un bilan macabre : des détenus torturés à mort

Les enquêteurs d’Amnesty ont recueilli des témoignages accablants sur les méthodes brutales employées par les combattants du M23 – un mouvement soutenu selon l’ONU par le Rwanda – contre les civils et prisonniers. « Nous avons confirmé au moins quatre cas de décès consécutifs à des actes de torture dans des centres de détention tenus par le M23 », révèle Christian Rumu, responsable des campagnes d’Amnesty pour la région des Grands Lacs.

Parmi les victimes figurent des personnes accusées sans preuve de collaborer avec les autorités congolaises ou des organisations locales. « Ces morts ne sont probablement que la partie émergée de l’iceberg, car l’accès aux prisons du M23 est strictement interdit », déplore-t-il.

Le rapport s’appuie sur les récits de 18 anciens détenus, survivants d’une détention cauchemardesque. Certains décrivent des cellules surpeuplées où les prisonniers sont privés de nourriture pendant des jours, contraints de boire de l’eau croupie et laissés dans leurs excréments. «On nous traitait pire que des animaux. Beaucoup sont tombés malades, mais personne ne venait les soigner», témoigne l’un d’eux sous couvert d’anonymat.

D’autres rapportent des simulacres d’exécution, des passages à tabac quotidiens et des menaces de mort contre leurs familles en cas de fuite. « Ces pratiques relèvent de la torture psychologique et physique, clairement destinées à briser toute résistance», analyse Rumu.

Crimes de guerre et responsabilité rwandaise

Amnesty souligne que ces exactions violent les conventions de Genève et pourraient constituer des crimes de guerre devant la Cour pénale internationale (CPI). L’ONG rappelle également que le M23 agit avec le soutien logistique et militaire du Rwanda – un pays voisin déjà condamné à plusieurs reprises par l’ONU pour son ingérence en RDC.

«Kigali ne peut plus feindre l’ignorance. Les preuves de son implication dans ces atrocités s’accumulent », insiste un diplomate occidental en poste à Kinshasa.

Un appel urgent à la communauté internationale

Face à ce drame humanitaire, Amnesty exige : un accès immédiat aux centres de détention du M23 pour les observateurs indépendants ; des sanctions ciblées contre les commandants du mouvement et leurs soutiens étrangers ; une enquête internationale pour traduire en justice les responsables de ces crimes.

« La communauté internationale ne peut rester silencieuse alors que des Congolais meurent chaque jour dans l’indifférence générale », conclut Christian Rumu.

Alors que la région des Grands Lacs sombre un peu plus dans la violence, ce rapport met une nouvelle fois en lumière l’urgence d’une action ferme pour protéger les civils et mettre fin à l’impunité des groupes armés.

Econews