Après la publication du calendrier électoral, la CENI en attente de la loi sur la répartition des sièges

Avec la publication du calendrier électoral, c’est un premier pas et non des moindres qui vient d’être franchi par la CENI (Commission électorale nationale indépendante). Denis Kadima, son président, s’en félicite, mais reste prudent quant à la poursuite du processus électoral. Car, il y a, selon lui, les quatre contraintes qui restent toujours à surmonter pour éviter tout glissement du cycle électoral. Toutefois, Denis Kadima exclut toute hypothèse de glissement. «Le glissement ne fait toujours pas partie de notre vocabulaire», rassure-t-il. Mais, avant de convoquer le corps électoral, le président de CENI reste en attente de la loi sur la répartition des sièges, sans laquelle la CENI ne saurait évoluer. Autrement dit, la balle est dans le camp du Parlement. Quant au Gouvernement,  son porte-parole, Patrick Muyaya, rappelle que l’exécutif central jouera jusqu’au bout sa partition en donnant à la CENI les moyens de sa politique. «20 décembre 2023, la date à retenir pour l’organisation des élections présidentielle, législatives et provinciales. Tenir le délai, consolider la démocratie, publication du calendrier électoral par la CENI. Le Gouvernement fait et fera sa part», a écrit le ministre sur son compte twitter.
Le calendrier électoral est là. La date de prochains scrutins – en tout cas les plus attendus – est désormais connue. C’est le 20 décembre 2023 que les Congolais seront appelés aux urnes pour la présidentielle, les législatives nationales et provinciaux ainsi que les élections des conseillers communaux. La date est crucial, mais pour y arriver la CENI (Commission électorale nationale indépendante) doit surmonter un certain nombre de contraintes.
En publiant samedi le calendrier électoral, Denis Kadima, le président de la CENI, l’a encore rappelé pour que nul n’en ignore.
S’il exclut déjà toute hypothèse de glissement du cycle électoral, Denis Kadima rappelle que la CENI doit surmonter quatre contraintes pour ne pas perturber son plan de vol.
D’emblée, Denis Kadima a tenu à alerter : «Tous les défis énumérés peuvent, s’ils ne sont pas surmontés, influer négativement sur l’exécution du calendrier électoral». Il pense dès lors les surmonter «avec l’aide de toutes les parties prenantes au processus».
Le premier défi est de nature financière avec d’une part la nécessité de garantir son autonomie financière et donc son indépendance, et d’autre part le respect des délais de décaissement des fonds des opérations. Les contraintes légales figuraient parmi les risques dégagés lors de la publication de la feuille de route.
Le troisième défi de taille est l’insécurité persistante dans certaines parties du territoire national et qui pourrait avoir une incidence sur le bon déroulement des opérations électorales, convaincu qu’«au-cune opération ne peut être réalisée à bon escient sans sécurité des électeurs, des compétiteurs, des agents électoraux, du matériel et des sites des opérations».
Dernier défi à relever par la CENI et non des moindres est celui lié à la logistique des opérations pour le déploiement de tous les matériels électoraux sur différents sites.
Certes le calendrier électoral est là, CENI note que «le dispositif juridique sera complet avec la loi portant répartition des sièges sans laquelle la CENI ne saura convoquer l’électorat de différents scrutins prévus dans le présent calendrier ». Une tâche dévolue aux deux chambres du Parlement.

Le 24 décembre 2022 : début de l’enrôlement des électeurs
C’est le 24 décembre 2022 que la CENI entame l’enrôlement des électeurs dans dix provinces opérationnelles, avant de l’étendre ailleurs, au fur et à mesure. La publication des statistiques des électeurs par circonscription électorale est prévue le 21 mai 2023.
«Dans un mois, nous allons démarrer l’inscription des électeurs dans la première aire opérationnelle. Elle va durer trente (30) jours. La CENI a développé des outils pour faciliter la tâche à la population de s’enrôler dans les temps. A l’instar d’autres pays africains qui le font en très peu de temps, nous allons nous défier collectivement pour réaliser cet exercice en 30 jours par aire opérationnelle. Et cela n’est pas du tout impossible», a annoncé Denis Kadima.
La CENI est prête à relever le défi : « La CENI veut changer de paradigme pour s’aligner sur les bonnes pratiques électorales internationales et continentales. Il est temps et il appartient donc à toutes les parties prenantes, de jouer leur rôle dès le mois prochain, dans la mobilisation des électeurs. Tout le monde est embarqué avec la CENI sous très fortes contraintes de délai, lesquels nous avons estimé de manière rigoureuse. Il n’y a donc pas d’un côté un acteur et de l’autre des spectateurs ».
Selon ce calendrier électoral, c’est le 20 janvier 2024 que le Président de la République élu prête serment devant la Cour constitutionnelle. L’installation des bureaux de l’Assemblée nationale et des assemblées provinciales est prévue le 20 février 2024. Les sénatoriales sont prévues le 24 février 2024, alors que l’organisation du scrutin des gouverneurs et vice-gouverneurs de province intervient le 12 mars 2024.
Lire Synthèse du calendrier électoral en page 4.

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