Attaque de l’Iran contre Israël : la communauté internationale partagée entre condamnation et inquiétude

L’Iran a estimé que son attaque de drones contre Israël était une riposte justifiée à la frappe ayant détruit son consulat à Damas. «L’affaire peut être considérée comme close», a déclaré dimanche la mission iranienne à l’ONU. La majorité de la communauté internationale a dénoncé une grave escalade.

L’Iran a appelé dimanche Israël à ne pas réagir militairement à son attaque inédite lancée dans la nuit, estimant que l’affaire était «close» après sa «riposte». Cette attaque a été «menée sur la base de l’article 51 de la Charte des Nations unies relatif à la légitime défense», selon la mission iranienne à l’ONU, prévenant que «si le régime israélien commettait une nouvelle erreur, la réponse de l’Iran serait considérablement plus sévère».

Téhéran a aussi mis en garde les Etats-Unis, les exhortant à «rester à l’écart» de son conflit avec Israël. Washington a aidé Israël à abattre les plus de 200 drones et missiles lancés par l’Iran. La plupart d’entre eux ont été interceptés.

Réactions en chaîne

De la Chine aux Etats-Unis, les réactions des principales puissances ne sont pas fait attendre après l’attaque aérienne de grande ampleur lancée par l’Iran contre l’Etat hébreu dans la nuit de samedi à dimanche.

Dénoncer l’hostilité tout en jouant la prudence. C’est l’attitude adoptée par de nombreux pays dimanche 14 avril, après les tirs de drones et de missiles effectués par l’Iran contre Israël dans la nuit de samedi à dimanche. D’un côté, un bloc de pays occidentaux, dont les Etats-Unis, ont fermement dénoncé l’opération militaire du régime islamique et assuré Israël de leur soutien. D’autres nations ont préféré ne pas pointer l’Iran du doigt, au nom des efforts de paix dans la région.

Pour les Etats-Unis, qui ont aidé Israël à abattre «presque tous» les engins lancés par l’Iran, Téhéran a franchi une ligne rouge et doit être mis en garde.

«Je condamne ces attaques avec la plus grande fermeté», a déclaré le président américain, Joe Biden. Ce dernier a réitéré son soutien «inébranlable» à Israël et son Premier ministre, Benyamin Nétanyahou. «Je lui ai dit qu’Israël avait fait preuve d’une capacité remarquable à se défendre contre des attaques sans précédent et à les déjouer, envoyant ainsi un message clair à ses ennemis : ils ne peuvent pas menacer efficacement la sécurité d’Israël», a-t-il ajouté selon le communiqué.

Le danger d’une escalade «dévastatrice»

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a fermement condamné dimanche «la grave escalade» que représente l’attaque de l’Iran contre Israël, et appelé à «une cessation immédiate de ces hostilités».

Antonio Guterres a affirmé être «profondément alarmé par le danger très réel d’une escalade dévastatrice à l’échelle de la région», disant «exhorter toutes les parties à faire preuve de la plus grande retenue afin d’éviter toute action qui pourrait conduire à des confrontations militaires majeures sur plusieurs fronts au Moyen-Orient».

L’Otan de son côté «condamne l’escalade de l’Iran» qui a mené une attaque sans précédent samedi contre Israël et «appelle à la retenue», afin que «le conflit au Moyen-Orient ne devienne pas incontrôlable», a indiqué dimanche une porte-parole de l’Alliance.

L’Union européenne a condamné «fermement» une attaque «inacceptable». Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell a dénoncé «une escalade sans précédent et une menace grave à la sécurité régionale».

Condamnant cette attaque, la France a estimé que l’Iran avait franchi «un nouveau palier dans ses actions de déstabilisation» et prenait «le risque d’une escalade militaire». Le président Emmanuel Macron a «condamné avec la plus grande fermeté l’attaque sans précédent lancée par l’Iran contre Israël» et appelé «à la retenue» les parties prenantes, dans un message publié dimanche sur X.

Londres a condamné une attaque «dangereuse». «Aux côtés de nos alliés, nous travaillons en urgence à stabiliser la situation et empêcher une escalade. Personne ne veut voir de nouveau bain de sang», a déclaré le Premier ministre britannique Rishi Sunak.

L’Allemagne a prévenu dimanche que l’attaque de l’Iran contre Israël pourrait «plonger toute la région dans le chaos», selon la ministre des Affaires étrangères, Annalena Baerbock, sur X, exhortant l’»Iran et ses mandataires à cesser immédiatement» et ajoutant que Berlin se tient «fermement aux côtés d’Israël».

L’Italie suit «avec attention et préoccupation» la situation après le lancement de drones iraniens contre Israël, a annoncé samedi soir le ministre des Affaires étrangères Antonio Tajani sur X. La cheffe du gouvernement Giorgia Meloni, dont le pays préside le G7 convoqué en urgence ce dimanche, a «condamné» l’attaque iranienne contre Israël, exprimant sa «forte inquiétude face à une déstabilisation ultérieur de la région».

L’Egypte a mis en garde contre un «risque d’expansion régionale du conflit». L’Arabie saoudite a elle appelé le Conseil de sécurité de l’ONU à «assumer ses responsabilités en matière de maintien de la paix et de la sécurité internationales».

La Chine a exprimé «sa profonde préoccupation concernant l’aggravation actuelle (de la situation)» et a appellé les parties concernées «à faire preuve de calme et de retenue afin d’éviter une nouvelle escalade» des tensions.

Econews