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Chape de plomb aux élections 2028 : jamais sans les Nord et Sud-Kivu, tranche Tshisekedi !

À deux ans de l’échéance présidentielle, le Chef de l’État, Félix Tshisekedi, pose ses conditions. Mercredi, devant la presse réunie à la Cité de l’Union africaine, il a tracé une ligne claire : pas d’élections en 2028 sans libération préalable des provinces du Nord et du Sud-Kivu. Une déclaration qui, dans un contexte de guerre prolongée avec le Rwanda et les rebelles du M23, laisse planer la menace d’un report pur et simple du scrutin. Mais l’incertitude ne s’arrête pas là. Interrogé sur un éventuel troisième mandat – une hypothèse que la Constitution actuelle ne permet pas –, le Président de la République n’a pas fermé la porte. « Si le peuple congolais le souhaite, j’accepterai », a-t-il glissé, renvoyant à une possible révision de la loi fondamentale.

L’horizon politique de la République Démocratique du Congo s’assombrit davantage. À deux ans de la prochaine présidentielle, l’incertitude plane désormais ouvertement sur l’organisation des élections générales de 2028. Face à la persistance de la guerre dans l’Est du pays, le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, laisse entendre que le retour de la paix dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu constitue désormais une condition incontournable avant toute tenue des scrutins.

Mercredi, lors de son échange avec la presse à la Cité de l’Union africaine à Kinshasa, le Chef de l’État a donné le ton avec une fermeté inhabituelle : il n’est plus question, selon lui, d’organiser des élections amputées d’une partie du territoire national comme ce fut le cas en décembre 2023 dans certaines zones de Rutshuru, au Nord-Kivu.

Pour Félix Tshisekedi, la priorité absolue reste la reconquête de l’intégrité territoriale de la RDC avant toute considération électorale. Une position qui jette une lourde chape de plomb sur les échéances de 2028.

« Si nous ne pouvons pas mettre fin à cette guerre, nous ne pourrons pas organiser les élections en 2028 », a déclaré le président congolais, estimant que les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, parmi les plus peuplées et stratégiques du pays, ne peuvent être exclues du processus électoral.

Par cette déclaration, le Chef de l’État ouvre clairement la voie à un possible report des élections si la situation sécuritaire dans l’Est demeure inchangée. Une perspective qui alimente déjà les interrogations et les inquiétudes au sein de l’opinion publique et de la classe politique congolaise.

Le spectre du troisième mandat refait surface

Mais au-delà de la question sécuritaire, une autre interrogation majeure continue d’agiter le débat politique : celle d’un éventuel troisième mandat présidentiel.

Submergé de questions sur ses intentions politiques après 2028, Félix Tshisekedi n’a pas fermé la porte à cette hypothèse. Sans annoncer explicitement une candidature future, il a toutefois laissé planer le doute en renvoyant la décision à la volonté populaire.

« Je n’ai pas sollicité de troisième mandat, mais si le peuple congolais le souhaite, j’accepterai », a-t-il affirmé.

Une déclaration qui relance immédiatement les débats autour de l’article 220 de la Constitution congolaise, lequel verrouille la limitation du nombre de mandats présidentiels. Car envisager un troisième mandat suppose inévitablement une révision constitutionnelle, voire un changement profond de l’architecture institutionnelle actuelle.

Sur cette question sensible, Félix Tshisekedi ne s’est d’ailleurs montré opposé à aucune option. Il dit ne voir aucun inconvénient à revisiter la Constitution si cela s’avérait nécessaire.

Face aux critiques, le Chef de l’État tente néanmoins de se présenter comme un dirigeant animé par une mission nationale plutôt qu’une ambition personnelle de conservation du pouvoir.

« Je ne veux pas m’accrocher au pouvoir, mais servir mon pays », a-t-il assuré, adoptant une posture d’«homme d’État» préoccupé par l’avenir des générations futures.

Cependant, malgré ce discours conciliant, les zones d’ombre demeurent nombreuses. Entre l’éventualité d’un report des élections lié à la guerre dans l’Est et les ouvertures faites autour d’une éventuelle révision constitutionnelle, les déclarations du Chef de l’Etat entretiennent un climat d’incertitude politique rarement aussi prononcé depuis l’alternance de 2019.

La guerre de l’Est comme variable décisive

Dans son argumentaire, Félix Tshisekedi attribue la responsabilité de cette situation au Rwanda, qu’il accuse une nouvelle fois de soutenir activement la rébellion du M23 et d’avoir imposé la guerre à la RDC à travers le déploiement de millier de soldats sur le territoire congolais.

Pour le Chef de l’État, il serait inconcevable de convoquer les Congolais aux urnes alors qu’une partie du pays demeure sous menace sécuritaire permanente. Une position qui risque cependant d’alimenter les soupçons de ceux qui redoutent déjà un glissement du calendrier électoral.

En attendant, Félix Tshisekedi continue de défendre son bilan économique et social. Il se félicite notamment d’avoir, depuis son arrivée au pouvoir en 2019, « sorti le Congo du trou noir » malgré le contexte de guerre persistante.

Mais à mesure que 2028 approche, une question domine désormais le débat national : les Congolais iront-ils réellement aux urnes à la date prévue ?

Econews

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