Conservation de la nature et développement : les Etats-Unis prennent les Européens à contre-pied

Le projet Sombwe a le soutien total autant de Kinshasa que de la province du Haut-Katanga

Pas la peine d’interdire les investissements dans les aires protégées dès l’instant où les études d’impact environnemental prouvent qu’il y a aucun danger sur la biodiversité. C’est la position défendue, mardi dernier, à Kinshasa par le secrétaire d’Etat américain, Anthony Blinken, en rapport avec l’appel d’offres lancé par la République Démocratique du Congo sur les blocs pétroliers et gaziers.
Cette position tranchée des Etats-Unis contrastent avec le discours apocalyptique véhiculé par l’Union européenne qui s’oppose à tout investissement dans les aires protégées ou ses environs, alors que, parallèlement, des fonds européens financent des projets énergétiques au cœur du Parc national des Virunga, classé patrimoine mondial de l’humanité.
A Kinshasa, le chef de la diplomatie américaine a voulu dissiper tout malentendu. Ce qu’il faut retenir est que Washington ne voit pas d’un mauvais œil la volonté de profiter de ses ressources naturelles dans la mise en œuvre de sa stratégie d’éradication de la pauvreté. A ce titre, déployer des projets énergétiques dans les aires protégées ne devait nullement constitué un crime de lèse-majesté, comme le présente l’Union européenne qui se montre curieusement aphone pour de grands projets énergétiques en cours dans le Parc national des Virunga
Intervenant récemment sur les antennes de la RTNC (Radio Télévision Nationale Congolaise), Emmanuel de Mérode, directeur du Parc national des Virunga, a jeté des fleurs sur les projets énergétiques qui, selon lui, ont nettement amélioré la desserte en électricité dans la ville de Goma et ses environs.
Vu sous cet angle, aucune opposition ni inquéitude ne pourraient donc se justifier pour le projet hydroélectrique de Sombwe, initié par le Congolais Eric Monga à la lisière du Parc national de l’Upemba, dans la province du Haut-Katanga. A ce jour, toutes les études d’impact environnemental, entreprises en rapport avec le projet Sombwe et validées par toutes les instances officielles de la RDC, ont nettement démontré – preuves à l’appui – que ce projet ne constitue nullement un danger pour la protection de la biodiversité. Ce qui rejoint la position des Etats-Unis qui soutiennent, contrairement à l’Union européenne, que les études d’impact environnemental restent et demeurent le seul référentiel pour valider un projet.
En cette matière, le projet Sombwe a rempli avec succès toutes les conditions pour son démarrage. Ce qui a d’ailleurs motivé à lui apporter tout son appui au cours d’une récente réunion du Conseil des ministres, balayant les agitations de l’UE et de toutes les ONG alarmistes qui lui sont affiliées.
Le projet Sombwe avance – à grands pas d’ailleurs – au grand dam des pêcheurs en eaux troubles.
La localisation du barrage de Sombwe d’une capacité de 125 mégawatts permettrait de couvrir les besoins en énergie de plus de 100.000 foyers et de subvenir aux besoins de l’industrie minière afin d’accroître le niveau de la production.
A ce jour, Kipay Energy, la société congolaise initiatrice de ce projet, est en phase finale de levée de fonds en Chine pour l’EPC (ingénierie, approvisionnement et construction) et au Brésil pour la partie électromécanique en vue de la construction et l’exploitation de ce barrage. La construction durera quatre (4) ans. Les turbines et les alternateurs seront fournis par General Electric (GE).
«Ce projet précurseur, initié et piloté par un opérateur économique congolais, ne présente aucune menace pour l’environnement et promeut le développement de l’économie dans cette partie du pays», avait tranché, sans détours, le Gouvernement réuni en Conseil des ministres.

F.K.