Le Ministre d’État en charge de la Justice et Garde des sceaux de la République démocratique du Congo, Guillaume Ngefa Atondoko, a entamé le 20 mai une mission officielle de trois jours à Brazzaville. Placée sous le signe du dialogue et de la fraternité, cette visite vise à consolider la coopération judiciaire entre les deux Congo, à travers des échanges approfondis avec son homologue congolais, Ange-Aimé-Wilfrid Bininga. Au cœur des discussions : la mise en œuvre concrète des protocoles relatifs aux dossiers judiciaires transfrontaliers, les droits humains et la lutte contre l’impunité.
La cathédrale du Sacré-Cœur de Brazzaville a servi d’écrin symbolique à l’ouverture d’une mission judiciaire inédite. Guillaume Ngefa Atondoko, ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des sceaux de la RDC, y a posé les jalons d’un partenariat renforcé avec la République du Congo, matérialisé par une série de rencontres de haut niveau avec son homologue brazzavillois, Ange-Aimé-Wilfrid Bininga, Garde des sceaux congolais.
Une mission de rapprochement
L’objectif affiché des deux personnalités est clair : transformer les engagements diplomatiques en actes opérationnels, en particulier sur la gestion des contentieux transfrontaliers. Chaque année, de nombreux dossiers judiciaires impliquant des ressortissants des deux rives du fleuve Congo échouent par manque de mécanismes fluides de reconnaissance mutuelle des décisions de justice, d’entraide pénale ou d’extradition. La criminalité organisée, la traite des personnes, le blanchiment d’argent et les conflits fonciers entre citoyens des deux pays appellent une réponse judiciaire coordonnée.
Sur son compte X, le Garde des sceaux Ngefa a fixé le cadre de sa mission : « Ce 20 mai 2026, dès mon arrivée à Brazzaville pour un séjour officiel de trois jours, je me suis recueilli dans l’après-midi en prière à la cathédrale du Sacré-Cœur. J’ai confié au Très-Haut la réussite de cette mission, placée sous le signe du dialogue, de la fraternité et du renforcement de notre coopération judiciaire. Au cours de ce déplacement, j’aurai des échanges approfondis avec les plus hautes autorités de la République du Congo, en particulier S.E. Ange Aimé Wilfrid Bininga, Garde des Sceaux, ministre de la Justice, des Droits Humains et de la Promotion des Peuples Autochtones. Ensemble, nous travaillerons à consolider les mécanismes de collaboration entre nos deux pays dans les domaines de la justice, des droits humains et de la lutte contre l’impunité. À travers cette mission, la RDC réaffirme sa détermination à renforcer ses partenariats judiciaires avec les États frères du continent et avec l’ensemble de ses partenaires internationaux, dans un esprit de solidarité, de confiance mutuelle et de progrès partagé ».
Les premiers mots des échanges
« Nous ne pouvons plus tolérer que des délinquants ou des présumés criminels exploitent les failles de notre coopération pour échapper à la justice. La fraternité entre nos peuples impose une solidarité judiciaire sans faille », a confié le MinEtat Ngefa Atondoko en marge des premiers échanges.
Son homologue congolais, Ange-Aimé-Wilfrid Bininga, a abondé dans le même sens : « Les protocoles bilatéraux existent. L’heure est à leur application concrète sur le terrain. Nous allons définir un calendrier précis pour la formation des magistrats des zones frontalières et la mise en place d’une commission mixte permanente de suivi. »
Trois axes prioritaires se dégagent des discussions : l’harmonisation des procédures pénales pour accélérer les rogatoires internationales et l’exécution des mandats d’arrêt entre les deux pays ; la protection des droits humains dans les transferts de détenus et l’assistance judiciaire aux personnes vulnérables ; la lutte contre l’impunité, notamment dans les affaires de crimes économiques transfrontaliers et de trafic illicite de ressources naturelles.
La mission de trois jours, qui se déroule dans une atmosphère de « dialogue fraternel » selon les termes du Garde des sceaux rdc, prévoit également une visite du palais de justice de Brazzaville et une séance de travail avec les procureurs généraux près les cours d’appel frontalières (Brazzaville, Pointe-Noire, Kinshasa, Matadi).
Les deux ministres ont annoncé la signature prochaine d’un protocole d’accord actualisé prévoyant la création d’un fichier partagé des condamnations pénales, sous réserve du respect de la protection des données personnelles, ainsi que des sessions trimestrielles d’échanges entre magistrats des ressorts frontaliers.
« Ce que nous construisons aujourd’hui, c’est un espace judiciaire commun, respectueux des souverainetés mais efficace contre les criminels. La population des deux Congo attend des résultats tangibles », a conclu Ange-Aimé-Wilfrid Bininga.
À l’issue de cette mission, une feuille de route sera soumise aux deux chefs d’État en vue du prochain sommet bilatéral. Le renforcement de la coopération judiciaire entre les deux Congo apparaît désormais comme un pilier stratégique de la stabilité et de l’État de droit en Afrique centrale.
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