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Droits humains : un ordre mondial en crise, selon Amnesty

C’est un constat accablant que dresse l’organisation de défense des droits humains, Amnesty International dans son rapport sur l’année écoulée. En 2025, les violations des droits humains se sont aggravées sur tous les continents. États, gouvernements, acteurs privés : les responsables sont nombreux — et la plupart restent impunis.

L’ONG parle d’un « comportement prédateur» «des puissants et cite nommément plusieurs dirigeants qui ont marqué l’actualité mondiale, Trump, Poutine, Netanyahu et d’autres accusés de recourir sans hésiter à la violence, à la répression et à la destruction pour conserver leur pouvoir.

Au cœur des préoccupations, l’Iran. Pour Julia Duchrow, secrétaire générale d’Amnesty en Allemagne, la population iranienne vit une double menace. D’un côté, les attaques américaines et israéliennes, jugées contraires au droit international, qui touchent civils et infrastructures. De l’autre, la répression du régime iranien lui même, responsable de milliers de morts. Selon Duchrow, le régime de Téhéran ne pourra être renversé que si le droit international est respecté : « Les attaques illégales au regard du droit international n’ont pas amélioré la situation. C’est précisément maintenant que nous craignons des attaques encore plus fortes de la direction iranienne contre sa propre population.» Mais le rapport ne se limite pas à l’Iran.

Critiques des visions d’avenir de Marco Rubio

Deux gouvernements sont tout particulièrement dénoncés par Amnesty : celui des États Unis et celui d’Israël. Concernant les États Unis sous la présidence de Donald Trump, le rapport indique qu’en janvier 2026 le secrétaire d’État Marco Rubio a façonné une vision d’un nouvel ordre mondial, une alliance occidentale de civilisations chrétiennes, qui éludait toutefois des faits historiques essentiels. Rubio aurait parlé de la fierté de ces États pour leur héritage : « Un héritage qu’il a systématiquement idéalisé dans son discours. Mais les mots ne peuvent masquer les faits : cet héritage commun est marqué par la domination, le colonialisme, l’esclavage et le génocide.»

Les remarques concernant l’action d’Israël contre ses États voisins dans le conflit au Moyen Orient sont tout aussi sévères : «Pour des millions de personnes, les mécanismes de protection internationale ont failli, comme dans le cas des Palestiniens et Palestiniennes, qui subissent de la part du gouvernement israélien le génocide, l’apartheid et l’occupation.» Et à l’adresse du président russe Vladimir Poutine, le rapport affirme : « La Russie continue sans relâche de commettre des crimes contre l’humanité en Ukraine.»

Plus largement, Amnesty déplore l’effondrement d’un ordre mondial fondé sur des règles établies après 1945. L’ONG rappelle que le droit international et la Déclaration universelle des droits de l’homme ne sont pas une illusion.

Espoir dans l’engagement des sociétés civiles

Tout cela donne l’impression d’une évolution qui se poursuit inexorablement et entraînera de nouvelles escalades. Toutefois, concernant la guerre menée par les États Unis et Israël contre l’Iran, le rapport annuel note des prises de distance marquées, notamment de la part de certains États de l’UE : «Début 2026, plusieurs États européens semblaient plus conscients du danger mondial : ils ont refusé de s’associer aux attaques des États Unis et d’Israël contre l’Iran et ont réaffirmé leur attachement à la protection de la souveraineté des États.»

Julia Duchrow continue également de citer de nombreux exemples porteurs d’espoir dans un monde qui semble avoir perdu ses repères : « En Iran, les gens sont descendus dans la rue bien qu’ils sachent qu’ils risquaient leur vie. En Hongrie, la politique inhumaine de Viktor Orbán vient d’être rejetée par les urnes. Et régulièrement, des personnes sont libérées de prison, comme Maria Kolesnikova en Biélorussie.»Maria Kolesnikova, musicienne et militante des droits civiques biélorusse de renom, n’a été libérée qu’en décembre 2025, après cinq années de détention.

Avec DW