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Embargo sur le cobalt : Kinshasa joue la montre face aux pressions internationales

Alors que s’achève ce 22 juin la suspension controversée des exportations de cobalt décrétée il y a quatre mois par le gouvernement congolais, l’incertitude persiste quant à la suite des opérations. En marge de la 12ème Conférence des gouverneurs à Kolwezi, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka et le ministre des Mines sont restés évasifs face aux médias, se contentant d’annoncer une évaluation imminente avant toute décision définitive. Une prudence qui contraste avec l’impact mondial de cette mesure ayant fait flamber les prix et créé une pénurie artificielle du précieux minerai. Mais Kinshasa, qui contrôle 70% du marché global, affirme plus que jamais sa volonté de jouer les premiers rôles dans ce secteur stratégique, refusant de se soumettre aux lois du marché international.

Quatre mois après la décision choc du gouvernement congolais de suspendre toutes les exportations de cobalt, l’incertitude persiste quant à la levée ou non de cette mesure. En marge de la 12ème Conférence des gouverneurs à Kolwezi, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka et le ministre des Mines ont évoqué une évaluation imminente, sans toutefois dévoiler leur position finale.

Une décision qui a secoué le marché mondial

Le 22 février dernier, l’Autorité de régulation de la sous-traitance dans le secteur minier congolais (Arecoms) annonçait la suspension totale, pour quatre mois, des exportations de cobalt en provenance de la RDC. Une mesure radicale qui a immédiatement fait grimper les cours mondiaux de ce minerai stratégique, essentiel pour les batteries de véhicules électriques et les technologies vertes.

Avec plus de 70 % des réserves mondiales, la RDC a en effet un poids décisif sur ce marché. La rareté artificielle créée par l’embargo a accru la pression sur les industriels et relancé les spéculations sur les intentions réelles de Kinshasa.

Kinshasa joue la montre

Interrogée par la presse, la Première ministre s’est montrée prudente: «Une évaluation est en cours, et nous prendrons une décision en temps utile», a-t-elle déclaré, sans plus de précisions. Même son de cloche du côté du ministre des Mines, qui a simplement confirmé que des consultations étaient en cours avant une annonce officielle.

Si certains analystes y voient une tactique pour renforcer la position de négociation de la RDC, d’autres craignent une prolongation de la suspension, avec des conséquences économiques majeures. Les opérateurs miniers, déjà affectés par cette mesure, attendent avec impatience une clarification.

Kinshasa veut s’affirmer comme « acteur principal »

Une chose est sûre : le gouvernement congolais ne compte pas se laisser dicter sa politique par les fluctuations du marché. « La RDC doit être l’acteur principal dans la chaîne de valeur du cobalt, pas seulement un fournisseur de matières premières », a rappelé Patrick Muyaya Katembwe, porte-parole du Gouvernement.

L’objectif affiché est de maximiser les retombées économiques pour le pays, que ce soit par une meilleure taxation, une transformation locale accrue ou un contrôle plus strict des exportations. Mais jusqu’où Kinshasa est-il prêt à aller ?

La fin du mois de juin marquera un tournant. Soit le gouvernement lève la suspension, apaisant les tensions sur les marchés, soit il la prolonge ou l’assortit de nouvelles conditions, ce qui pourrait déclencher de nouvelles turbulences économiques.

A tout prendre, tous les regards restent braqués sur la RDC, dont les décisions continueront de peser lourdement sur l’avenir de l’industrie mondiale des batteries et des énergies propres.

Econews