Football des jeunes : la CAF ne reconnaît pas le tournoi «FatshiCup» annoncé par le ministre Kabulo

Veron Mosengo Omba, le secrétaire général de la CAF

Mardi à Kinshasa, le secrétaire général de la Confédération africaine de football (CAF), Veron Mosengo Omba, n’a pas reconnu la participation de l’instance africaine de football, encore moins celle de la FIFA (Fédération internationale de football association) au tournoi de football des jeunes, dénommé « FatshiCup », initié par le ministre des Sports et Loisirs, François-Claude Kabulo mwana Kabulo. Sûrement, le ministre Kabulo doit revoir ses calculs pour amener la CAF et la FIFA à adhérer à une initiative dont elles ne sont pas partie prenante. Toutefois, le SG de la CAF n’a pas fermé la porte à tout soutien de son organisation à une compétition qui vise à promouvoir le football des jeunes. Autant dire que le ministre Kabulo est allé vite en besogne. Tout est à refaire. Entre-temps, la FECOFA (Fédération congolaise de football association) est placée sous tutelle de la CAF. Par conséquent, aucune reprise du championnat de la Ligue nationale de football (Linafoot) n’est à l’ordre du jour. Bref, le football congolais est admis en « soins intensifs ». Ainsi en a décidé la CAF.
Le football congolais est malade. Et il lui fait un traitement de choc. C’est à quoi la CAF (Confédération africaine de football) se mobilise en déléguant à Kinshasa son secrétaire général, Veron Mosengo Omba. Mardi, il était devant la presse congolaise pour expliquer les motivations qui ont guidé la CAF à mettre en place un Comité de normalisation à la tête de la Fédération congolaise de football association (FECOFA).

La FECOFA placée sous tutelle
Selon le Comité ainsi mis en place, qui neutralise automatiquement le Comité provisoire que dirigeait Donatien Tshimanga, sera dirigé par Dieudonné Sambi, jusqu’à l’échéance du 30 novembre 2023. La CAF fonde sa décision, a dit son secrétaire général, sur la base de l’article 8 alinéa 2 des Statuts de la FIFA.
Devant la presse, le SG de la CAF a exprimé son souci de redonner vie au football congolais. « On n’a pas mis ce comité de normalisation depuis bien longtemps parce que la RDC avait deux échéances importantes, deux matches capitaux des éliminatoires de la CAN 2023. On ne pouvait pas le faire en ce temps-là. Pourquoi avons-nous mis en place ce comité ? Je pense que mes collaborateurs l’ont bien signifié. Nous avions fait ensemble avec la FECOFA une feuille de route qui devrait nous conduire aux élections pour élire les nouveaux dirigeants de la FECOFA. Malheureusement, nous avons constaté un problème de dysfonctionnement au sein de cette instance sportive. D’ailleurs, eux-mêmes le reconnaissent. Nous avons estimé que, tous ces éléments ne pouvaient plus continuer ainsi et qu’il fallait à tout prix trouver une solution », a-t-il déclaré.
Le secrétaire général de la CAF a retracé les péripéties qui ont conduit à la mise en place du Comité de normalisation.
Quant aux prochaines élections à venir, la CAF a déjà annoncé les couleurs.  Aucun membre du comité sortant ne sera éligible pour le mandat à venir. La durée du mandat de ce comité court jusqu’au 30 novembre 2023. Le ministre des Sports est informé de cette décision », a dit l’un des délégués de la CAF.
Avec la mise en place de ce Comité de normalisation, c’est aussi le championnat national qui est automatiquement à l’arrêt jusqu’à ce que tout soit remis à l’ordre à la FECOFA. Ainsi, en ce qui concerne la reprise du championnat national, le SG de la CAF note qu’elle demande beaucoup d’argent. « Il faudra d’abord que nous puissions installer les gens qui vont gérer le Comité de normalisation et continuer à écouter les propositions. Ce comité va gérer les affaires courantes de la FECOFA et veiller à ce que les membres des Comités électoraux soient élus par le congrès de la FECOFA en accord avec les nouveaux Statuts et le nouveau Code électoral de la Fédération, approuvés le 15 septembre 2022 », a précisé le SG de la CAF.
Le comité de normalisation placé à la tête de la FECOFA a un mandat de six mois renouvelable une fois. Ce mandat doit déboucher sur l’organisation des élections pour désigner de nouveaux animateurs de la FECOFA. Le secrétaire de la CAF espère que ce comité va atteindre ses objectifs.
Le SG de la CAF fixe ses objectifs en ces termes : «Si ce nouveau comité n’atteint pas les objectifs assignés, qu’est ce qui va se passer ? Tout dépendra des circonstances qui les ont empêchées de réaliser leur mission. Ils n’ont pas atteint l’objectif parce qu’ils sont des fainéants ? Là, comme j’avais dit, on va carrément les mettre à la porte. Puisque nous les avons choisis, nous sommes sûrs et certains que le travail sera bien fait. Pour paraphraser un peu le directeur de la FIFA, nous sommes vraiment convaincus que le délai que nous leur avons donné sera respecté et le travail sera bien fait »

Tournoi «FasthiCup» : la CAF non concernée
Quant au tournoi de football des jeunes, annoncé en grande pompe par le ministre des Sports et Loisirs, François-Claude Kabulo mwana Kabulo, la CAF a, par l’entremise de son secrétaire général, décliné toute responsabilité. Elle n’est donc pas, autant que la FIFA, partie prenante à cette initiative, a-t-il précisé.
C’est donc une véritable douche froide pour le ministre Kabulo, ancien journaliste sportif, qui avait fait de ce tournoi l’un de ses projets phares pour immortaliser le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo. Décidément, le ministre doit revoir ses calculs. Le SG de la CAF n’a pas exclu l’hypothèse d’appuyer une initiative qui va dans le sens de soutenir le football des jeunes
Quant au projet «FasthiCup», la CAF a décliné toute collaboration, renvoyant presque aux cordes le patron des sports congolais
Pour rappel, c’est le lundi 24 avril 2023 que le bureau du Conseil de la Fédération Internationale de Football association (FIFA) a décidé de nommer une commission de normalisation à la tête de la Fédération congolaise de football association (FECOFA) conformément à l’article 8 alinéas 2 des statuts de la FIFA, a appris lundi l’ACP du site officiel de l’organe faitier du football mondial.
Selon la source, le mandat de cette commission de normalisation qui sera dirigée par Dieudonné Sambi, prendra fin au plus tard le 30 novembre 2023. Et d’ajouter : « Il est question pour ce comité de gérer les affaires courantes de la FECOFA; -Veiller à ce que les membres des comités électoraux soient élus par le congrès de la FECOFA en accord avec les nouveaux statuts et le nouveau code électoral de la Fédération approuvés le 15 septembre 2022; veiller à ce que l’élection des membres et des affiliés (ligues, districts, etc.) de la FECOFA ait lieu en temps utile; veiller à ce que l’élection d’un nouveau comité exécutif de la FECOFA soit organisée en accord avec le nouveau cadre statutaire de la fédération ».
Et de conclure : « Le comité de normalisation se composera d’un nombre opportun de membres, désignés conjointement par la FIFA et la CAF dans les plus brefs délais. Tous ces membres feront l’objet d’un contrôle d’éligibilité mené par la Commission de contrôle de la FIFA, conformément au Règlement de gouvernance de la FIFA. Aucun d’entre eux ne sera éligible pour les postes à pourvoir lors des élections de la FECOFA, quelles que soient les circonstances ».
24 heures après cette décision, le comité exécutif de la FECOFA était en réunion mardi avec les deux délégués de la FIFA/CAF et le secrétaire général de la CAF, Veron Mosengo Omba, à Pullman Hôtel à Kinshasa en RDC. Pour préparer cette réunion, le comité exécutif de la FECOFA s’était réuni lundi au siège de l’organe faitier du football en RDC.
«Nous avons préparé un mémorandum dans lequel nous avons mis toutes nos préoccupations et les défis à relever pour faire avancer le football congolais. Ce mémo sera présenté aux délégués de la FIFA/CAF», avait déclaré à l’ACP, le membre du Comité, Munda Kapambwe.

Econews