Grève à l’UNIKIN : les professeurs membres de l’APUKIN rejettent l’appel du comité de gestion

La reprise des cours annoncée récemment par le ministre de l’Enseignement Supérieur et Universitaire n’est pas effective dans tous les établissements du secteur. Si ailleurs, les étudiants ont repris le chemin des auditoires, il n’en est pas le cas pour ceux de l’Université de Kinshasa. Pour les professeurs de cet alma mater réunis au sein de l’APUKIN (Association des professeurs de Kinshasa), tout appel de reprise des cours lancé par le recteur n’est qu’une substitution aux prérogatives de l’employé. Pour ce faire, ils continuent à camper dans leur position, c’est-à-dire qu’ils ne reprendront pas du service tant que le gouvernement n’aura pas respecté ses engagements pris lors des négociations avec le banc syndical. La balle est donc dans le camp du gouvernement qui doit chercher, dans la mesure du possible, des solutions aux revendications des professeurs reprises dans leur cahier des charges. De cette manière, il épargnerait les étudiants de l’UNIKIN d’une année académique élastique.
Après concertation avec le ministère de l’Enseignement Supérieur et Universitaire (ESU), le comité de gestion de l’Université de Kinshasa (UNIKIN) que préside le professeur Jean-Marie Kayembe, a lancé, mercredi 9 novembre 2022, un appel invitant les professeurs à reprendre les activités académiques après quelques mois de grève. L’Association des professeurs de l’université de Kinshasa (APUKIN) oppose un refus à cet appel.
Pour le président de l’APUKIN, David Lubo, la décision du comité de gestion de l’UNIKIN est regrettable. Le recteur est d’abord membre de l’APUKIN. Selon lui, cette malice, visant à décider à la place de ceux qui avaient décrété la grève, ne les honore pas en tant qu’intellectuels.
Il accuse le comité de gestion de l’UNIKIN à emprunter des faux alibis. «On ne peut lier nos recommandations à la guerre qui a commencé il y a de cela près de vingt ans, comme l’indique le communiqué du recteur. Ce dernier est employeur et donc, l’on se demande s’il est devenu employé et employeur en même temps. Nos revendications sont intactes, notamment le problème des véhicules, la mécanisation des nouveaux docteurs et la prime de recherche», a réagi le président de l’APUKIN.
A l’allure où vont les choses, il est donc demandé au gouvernement de la République, par le canal du ministère de tutelle, de trouver une solution favorable à toutes les parties et dans les plus brefs délais afin de sauver l’année académique qui peine à se terminer en beauté.
En fait, il n’est même plus question de reprendre les négociations, mais plutôt réchauffer celles qui, dans un premier temps, contenteraient les professeurs. En trouvant un compromis de cette manière, les étudiants pourraient être épargnés d’une année académique élastique.

Véron Kongo