La 13e édition de la Semaine de la science et des technologies s’est achevée à Kinshasa dans une ambiance à la fois pédagogique et stratégique, marquée par un plaidoyer en faveur du renforcement des compétences techniques et de la transformation locale des ressources. Autorités politiques, experts et jeunes participants ont convergé autour d’un même objectif : faire de la science et de l’innovation un pilier du développement national.
Dans une ambiance à la fois conviviale et résolument tournée vers l’innovation, la 13e édition de la Semaine de la science et des technologies (SST13) s’est officiellement achevée à l’Académie des Beaux-Arts de Kinshasa. Une clôture marquée par un message fort du gouvernement en faveur de la promotion de la culture scientifique et technique au sein du système éducatif congolais.
Prenant la parole, la ministre d’État en charge de l’Éducation nationale et Nouvelle citoyenneté, Raïssa Malu, a salué l’ancrage progressif de cette initiative dans le calendrier officiel de l’enseignement. « La Semaine de la science et des technologies s’inscrit pleinement dans notre système éducatif. Elle reflète notre volonté d’aligner l’éducation sur les priorités nationales, notamment la science, la technique et l’innovation », a-t-elle déclaré.
Revenant sur l’évolution de cet événement depuis son lancement en 2014, la ministre a mis en lumière le chemin parcouru jusqu’à cette édition 2026, placée sous le thème évocateur : « Au cœur du geste technique ». Elle a, dans la foulée, donné rendez-vous à la communauté éducative pour la 14e édition prévue en 2027.

Un panel stratégique au cœur des enjeux miniers
Avant le discours de clôture, un panel de haut niveau a rythmé la cérémonie, réunissant notamment le vice-Premier ministre en charge de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, le ministre des Mines Louis Watum Kabamba, le général Bindu ainsi que l’ingénieure Tumba.
Au centre des échanges : une problématique cruciale pour l’avenir économique du pays — la transformation locale des ressources minières. Sous le thème « Transformer nos minerais : le geste technique qui manque à l’économie congolaise », les intervenants ont exploré les défis structurels qui freinent la création de valeur en République démocratique du Congo.
Organisé en cinq séquences, le débat a permis d’établir un diagnostic clair des faiblesses actuelles, notamment le coût économique de la non-transformation des minerais et le déficit de compétences techniques. Les discussions ont ensuite mis en lumière le rôle central du “geste technique” dans les opérations industrielles, ainsi que l’importance des systèmes d’organisation et des technologies dans l’amélioration de la performance.
Souveraineté et sécurité au cœur des réflexions
Les panélistes ont également insisté sur les enjeux de souveraineté et de sécurité liés à l’exploitation des ressources naturelles. La sécurisation des chaînes minières et logistiques, tout comme l’impact de l’insécurité sur l’attractivité économique, ont été largement débattus.
Enfin, la dernière séquence a ouvert des perspectives concrètes, en identifiant plusieurs leviers pour accélérer la transformation industrielle : politique et économique pour Daniel Mukoko Samba, sectoriel pour Louis Watum Kabamba, technique pour l’ingénieure Tumba, et stratégique pour le général Bindu.
Trois messages clés pour l’avenir
Au terme des échanges, trois idées majeures se dégagent :
- Pas de transformation sans compétences techniques maîtrisées
- Pas de performance sans organisation efficace
- Pas de souveraineté sans sécurité des ressources et des infrastructures
Autant de conclusions qui résonnent comme une feuille de route pour les décideurs et un appel à l’engagement pour la jeunesse congolaise.
Avec cette 13e édition, la Semaine de la science et des technologies confirme son rôle de catalyseur de réflexion et d’innovation. Le rendez-vous est désormais pris pour 2027, avec l’ambition de renforcer encore davantage la place des sciences et des technologies dans le développement national.
Tighana MASIALA

