Kolwezi, capitale du Lualaba, terre riche en minerais et en ambitions, accueille cette semaine la 12ème Conférence des gouverneurs de province, du 10 au 12 juin 2025. Placée sous le signe de la santé et du développement, cette rencontre entre l’exécutif central et les dirigeants provinciaux suscite, comme à chaque édition, un mélange d’espoir et de scepticisme.
Depuis plus d’une décennie, ces conférences se succèdent, souvent avec le même schéma : des discours bien rodés, des promesses ambitieuses, puis… le retour au statu quo. Mais cette fois, les attentes sont plus fortes. La population congolaise, fatiguée des rituels politiques sans lendemain, exige des résultats concrets.
Le thème choisi – santé et développement – est d’autant plus crucial qu’il touche directement le quotidien des Congolais. Dans un pays où les infrastructures sanitaires restent précaires et où les disparités régionales sont criantes, cette conférence doit être l’occasion d’une évaluation sans complaisance des performances des gouverneurs.
Qu’ont-ils réellement accompli depuis leur installation ? Les budgets alloués aux provinces ont-ils été utilisés à bon escient ? Les projets annoncés lors des précédentes éditions ont-ils vu le jour ?
Pour éviter que Kolwezi ne soit qu’une énième réunion protocolaire, le gouvernement central doit instaurer une véritable culture de redevabilité. Cela passe par :
Des bilans transparents : chaque gouverneur doit présenter un compte rendu détaillé de ses réalisations, avec des indicateurs clairs (taux de couverture sanitaire, projets d’infrastructures achevés, etc.).
Des sanctions et des récompenses : les meilleurs dirigeants provinciaux devraient être encouragés par des moyens accrus, tandis que les plus faibles doivent être rappelés à l’ordre, voire remplacés si leur gestion s’avère défaillante.
Un suivi rigoureux : les engagements pris à Kolwezi ne doivent pas rester lettre morte. Un mécanisme de suivi indépendant pourrait être mis en place pour s’assurer de leur mise en œuvre.
Cette conférence est bien plus qu’un simple forum d’échanges. C’est un test pour l’efficacité de la décentralisation en RDC. Si les gouverneurs de province repartent sans engagements fermes, sans échéances précises, et surtout sans pression réelle pour agir, alors la Conférence de Kolwezi rejoindra la longue liste des occasions manquées.
Mais si, au contraire, le gouvernement central et les provinces parviennent à dépasser les discours et à activer des mécanismes concrets de suivi, alors cette 12ème édition pourrait marquer un tournant. Celui où la politique ne se mesure plus en promesses, mais en résultats.
La balle est dans le camp des décideurs. Les Congolais, eux, attendent. Et cette fois, ils comptent bien ne plus être déçus.
Econews

